18 décembre 2003

Enfin l'or pour Beckie Scott

Beckie Scott va l'avoir, sa médaille d'or... Le Tribunal arbitral du sport (TAS) lui a donné raison jeudi. La fondeuse canadienne réclamait le retrait des médailles aux athlètes qui échouent à un test antidopage.

Les trois arbitres du TAS ont estimé que «l'exclusion d'un athlète (...) doit toujours entraîner la disqualification de l'athlète sanctionné de toutes les compétitions auxquelles il a participé durant les Jeux ainsi que le retrait de toutes les médailles obtenues.»

«C'est tellement important pour les sports et l'histoire. C'est un précédent. On a pris la bonne décision. Je suis ravie», a déclaré Scott, jointe en Autriche. «Ce fut un long combat, une lutte parfois frustrante, mais je suis heureuse que ça se termine bien. C'est une sensation incroyable ! »

Une longue lutte
Vingt-deux mois après les Jeux de Salt Lake City, l'athlète albertaine devient championne olympique de la poursuite 5 km. Elle remporte en fait la médaille d'or de la Russe Olga Danilova, contrôlée positive à la darbepoïétine. Le Comité international olympique lui avait retiré sa médaille d'argent au 10 km, mais elle possédait toujours celle d'or de la poursuite. Sa collègue Larissa Lazutina, médaillée d'argent, a également dû remettre le métal précieux.

«C'est un moment doré pour le Canada, pour les athlètes de notre équipe nationale et pour la communauté du ski de fond à travers le pays entier. Beckie est devenue une héroïne internationale et un emblème pour jouer franc jeu. Nous sommes ravis qu'on la reconnaisse enfin comme une championne des Jeux olympiques et comme une athlète dont la performance est sans précédent», a déclaré Léopold Nadeau, président de Ski de fond Canada.

Une décision historique
Encore une fois, la décision du TAS change le cours de l'histoire, en permettant à Scott de passer de la deuxième à la première marche du podium. «C'est un précédent important dans l'histoire du sport, a avancé Scott. La lutte au dopage est loin d'être gagnée, mais nous sommes sur la bonne voie.»

«Ski de fond Canada est très reconnaissant du soutien du Comité olympique canadien qui a tenu ferme dans son appel. Nous sommes fort contents de savoir que la médaille d'or des Jeux olympiques est maintenant une médaille pure. C'est un grand pas à faire, mais la lutte ne prend pas fin ici. Ski de fond Canada s'engage à devenir un leader dans la guerre contre le dopage dans le sport, maintenant et à l'avenir», a précisé Léopold Nadeau.


18 décembre 2003

Ce n'est qu'un début...

Yanick Cyr

a fondeuse canadienne Beckie Scott soutient n'entretenir aucune animosité personnelle envers les deux skieuses russes, dopées à la darbepoïétine, qui l'ont précédée lors de la fameuse course de Salt Lake City. «Je ne les ai même pas revues depuis les Jeux olympiques d'où elles ont disparu rapidement après leur expulsion. Je ne peux même pas les blâmer. La situation dans leur pays, les circonstances économiques, poussent certains athlètes à poser de tels gestes afin d'améliorer substantiellement leur sort.»

La Canadienne, devenue une héroïne porte-étendard de la lutte antidopage, ne se compte toutefois pas Fleurette. «Le problème du dopage dans notre sport est toujours là. Rien n'a changé pour autant.» Elle ne croit pas que la disqualification de ses rivales n'entraîne un changement important des habitudes des athlètes qui se dopent. «Les tests sont toujours insuffisants et les sentences trop clémentes. Une suspension de deux ans n'est pas suffisante pour inciter les athlètes dopés à craindre le système. Elles reviennent à la compétition trop rapidement.»

Le message de Beckie
Bien qu'elle refuse de s'avancer sur le nombre d'athlètes qui se dopent dans son sport, elle croit que beaucoup de fondeuses et fondeurs défient encore les autorités sportives. «Mais nous sommes sur la bonne voie, poursuit-elle avec un enthousiasme mesuré. Mon cas a fait grand bruit dans le monde du ski aux États-Unis, confie Scott dont le conjoint est bien branché dans le milieu américain. Je sais que beaucoup de gens dans le monde du ski de fond ont suivi l'affaire avec intérêt. Si l'opinion publique est alertée, c'est déjà un bon commencement.»

Sa lutte a connu un retentissant écho sur la scène internationale où elle ne s'est pas fait que des amies. «Les skieuses canadiennes m'appuient inconditionnellement mais certaines autres sont frustrées de ma démarche.» Sans l'avouer directement, Beckie Scott laisse planer une forme de réprobation de certains athlètes sur la scène internationale. En conséquence, elle ne peut sans doute éviter quelques regards pour le moins antipathiques.

Elle en profite pour ajouter que les fédérations nationales ont une grande responsabilité envers le sport et leurs athlètes. Scott tente d'ailleurs de faire sa part en tant qu'athlète lorsqu'elle rencontre des jeunes dans les écoles ou de jeunes athlètes sur les pistes. «Je crois que la victoire d'aujourd'hui (jeudi) est une belle leçon pour ces jeunes envers qui je me sens quelque peu responsable. J'aimerais qu'ils sachent qu'on peut faire du sport d'élite sans se droguer.»

Elle conclut par une remarque envers les dirigeants de la lutte antidopage : «Ne négligez pas la voie des athlètes. Ce sont eux qui sont sur la piste, qui sont confrontés aux vrais problèmes du dopage. Ne l'oubliez pas.»


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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