Note du webmestre :
Je connais Daniel Aucoin depuis la fin du siècle dernier alors qu'il venait de fonder depuis peu l'agence DIAPO, avant de devenir en 2001 le premier responsable de Sportcom, l'agence qui contribue à l’accroissement de la visibilité des athlètes de haut niveau résidant au Québec et de permettre au sport olympique et paralympique de prendre sa place sur la scène québécoise.
Nous nous sommes croisés à plusieurs reprises au cours des ans, entre autres lors de l'étape de Terrebonne du Tour du Grand Montréal 2002.

J'ai donc le privilège depuis nombre d'années de faire partie des quelques 300 personnes qui reçoivent son billet quotidien racontant les coulisses des JO.
Faut dire que Daniel a "couvert" les Jeux olympiques sur place neuf fois (Atlanta 1996; Nagano 1998; Salt Lake City 2002; Athènes 2004; Turin 2006; Beijing 2008; Vancouver 2010; Londres 2012 et Rio de Janeiro 2016) et trois fois en studio, de Montréal (Lillehammer 1994; Sydney 2000 et Sotchi 2014).
Cette fois-ci Daniel, maintenant entraîneur-chef/gérant du Club d’aviron Terrebonne, a été appelé in extremis pour remplacer quelqu'un n'ayant pu honorer son engagement. À partir des catacombes de Radio-Canada il travaille de 21h à 06h pendant 20 jours de suite à préparer des tableaux de statistiques pour l’émission diffusée de 01h à 05h.
Ce mardi 20 février il nous explique pourquoi certains duos descripteur-analyste sont présents en Corée, tandis que d'autres sont à Montréal.
La réponse facile : l'argent.
Voici la réponse complète.
« Dans le jargon télévisuel, on nomme les gens qui sont devant la caméra les "talents". Un terme que j'ai toujours personnellement détesté, mais qui est malheureusement la norme. (Étant moi-même nommé "talent" très souvent, j'ai toujours trouvé que ce terme étant condescendant envers tous les autres membres de l'équipe. Ai-je vraiment plus de talent que les autres membres ? Non. Aucunement.)
Avoir tous les talents sur place est beaucoup plus intéressant parce que ceux-ci peuvent parler avec les athlètes, les entraîneurs, les parents, etc.. Ils peuvent vivre les Jeux sur place et ça paraît. Quand Geneviève Simard parle d’un des parcours de ski, elle sait de quoi elle parle puisqu’elle est vraiment allé le skier une heure avant. Quand je suis aux Jeux olympiques, je parle avec un tas de gens tous les jours pour ensuite vous transmettre ma passion à la télévision.
Mais…
Que les talents soient à Montréal ou en Corée, leur cachet est le même. Sauf qu’envoyer les talents sur place amène un tas de dépenses supplémentaires. Par exemple, tous les jours, je croise les duos de curling et de bobsleigh-luge ici. Tous des bons vieux collègues qui auraient de loin préféré être sur place plutôt qu'ici. Mais si Radio-Canada avait envoyé Philippe Germain et Nils Oliveto en Corée, les coûts suivants auraient été ajoutés à la facture globale.
Mais ce n'est pas tout !
Il aurait fallu au moins un technicien supplémentaire. On rajoute donc un autre montant de 6 700 $ (minimum)
On doit louer une cabine de travail sur place, entièrement équipée par les services techniques sur place. Coût : 25 000 $.
Total : 45 000 $. M-I-N-I-M-U-M !
Né en 1989, le Réseau des Sports a fait rire de lui avec des blagues comme "Le Réseau en Studio". Sauf que RDS a rendu accessible, en direct et en français, des dizaines de tournois de tennis ou de golf, des courses de vroum-vroum, des matchs de soccer, etc. en utilisant des descripteurs et analystes en studio, à Montréal.
Depuis les Jeux de Pékin, en 2008, Radio-Canada peut capter à Montréal (et donc diffuser avec des descripteurs-analystes à Montréal) toutes, TOUTES les épreuves olympiques EN DIRECT à la télévision ou dans son site Internet. Quelque chose d’absolument impensable il y a 12 ans.
Mais jamais Radio-Canada n’enverra des talents sur place pour tous les sports. Beaucoup trop cher.
Voilà donc pourquoi il y a des duos sur place et des duos ici. Le choix se fait surtout en focntion de la popularité des sports et des médailles possible. Par exemple, le courte piste est populaire et rapporte des médailles, tandis que le saut à ski n’est pas suivi ici et ne rapportera pas de médaille. Radio-Canada a donc un duo descripteur-analyste sur place pour le courte piste, mais en studio, à Montréal, pour le saut à ski.
»
2 billets d'avion à 1500 $ = 3 000 $ (minimum)
2 fois 20 nuitées à 200 $ = 8 000 $ (minimum)
2 fois 20 per diem à 60$ = 2 400 $ (minimum)
Vous pensez que c’est tout ? Attendez. La pire facture s’en vient
Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
| nouvelles | matériel et techniques | mise en forme | où faire du ski | condition des pistes | la course | autres sites |