9 février 2008

Champion de l'humour

Carl Tardif

Hakuba
Guido Visser ne reviendra peut-être pas au Québec avec le titre de roi des pistes de ski de fond des Jeux olympiques, mais il sera certainement le champion de l'humour. Après avoir terminé 64e au 30 km classique, le rigolo fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges a pris le 71e rang du 10 km dans l'humide montagne d'Hakuba. «Ça mieux été que l'autre jour, mais nous étions 98 au départ au lieu de 75. J'en ai sûrement battu quelques-uns, puisqu'il y avait les deux gars du Kenya dans la gang», disait-il en riant de bon coeur.

Mais pendant la course, Guido n'avait pas le goût de sourire. Il en a bûché un coup, en raison d'un fart déficient. «J'essayais de me fâcher pour aller plus vite», ajoutait le troisième canadien au classement, derrière Robin McKeever (48e) et Chris Blanchard (51e).

La victoire fut celle de Bjorn Daehlie, la locomotive norvégienne, Markus Gandler (Autriche) et Mika Myllylae (Finlande) ont gagné les autres médailles. «Je suis heureux pour Gandler», précisait Visser, dont le chrono de 31:58.8 minutes était de 4:26 plus lent que le médaillé d'or.

Dix-huitième skieur à prendre le départ, Guido n'a pas eu le temps d'ajuster son fartage à la pluie qui s'est abattue sur le parcours. Au lieu de patiner sur une couche de klister, on avait doté ses skis d'une cire dure.

Pourtant, il avait averti son farteur qu'une averse s'amenait. Quelques minutes avant le départ, Guido s'était promené dans la montagne et avait vu la pluie tomber en abondance. À son retour, il l'a dit à Ole Bjorn Tretterud, l'adjoint norvégien d'Yves Bilodeau, mais celui-ci ne l'a pas cru.

«Dommage, car il s'agit de très bonnes conditions. La prochaine fois, je vais peut-être en mettre moi-même. Tout ce dont j'avais besoin, c'était d'une petite couche de colle. Je ne lui en veux pas... même si j'avais raison.»

Visser a donc été victime du parcours ponctué de plusieurs montées. Sans le bon fart, il lui était très difficile de gruger des secondes. «Plus tu pousses fort dans les côtes, plus la descente est difficile. C'est simple, j'étais incapable de grimper. Je devais sortir des traces et faire le pingouin. Au point, j'ai suivi Mario Albarello (un ancien médaillé olympique italien) sur trois kilomètres, ce qui prouve que j'ai du chien.» Si McKeever et Blanchard ont mieux fait que lui, c'est en raison des conseils... que Guido leur a prodigués. Au lieu de recevoir les instructions habituelles des entraîneurs, c'est lui qui refilait les informations. «Les gars se dépêchaient à me dire quelque chose et ajoutaient, pis les skis ? En tout cas, j'ai envié ceux qui avaient du klister.»


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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