3 décembre 2009

Perturbations en Finlande

Alex Harvey

Je suis sur la route entre l’aéroport de Zurich et Livigno, en Italie, où je passerai les 10 prochains jours avec mes coéquipiers de l’équipe canadienne de ski de fond.

On a choisi de faire l’impasse sur la Coupe du monde de Düsseldorf, le week-end prochain. Chandra Crawford et Perianne Jones seront les seules représentantes canadiennes à cette compétition consacrée aux épreuves de sprint.

Compétition-événement, la Coupe du monde de Düsseldorf se déroule au centre-ville. Plusieurs chargements de neige sont nécessaires pour confectionner le parcours. Les conditions sont donc moins qu’idéales pour l’entraînement.

À part la course à pied, les possibilités sont inexistantes.

Livigno, un village de la Lombardie, est situé à 1800 mètres d’altitude. Ça nous fera donc un bon petit camp d’entraînement avant la Coupe du monde suivante, à Davos, en Suisse.

Et bien honnêtement, cette retraite entre coéquipiers et un entraîneur tombe à point. La deuxième Coupe du monde de la saison, le week-end dernier, à Kuusamo, en Finlande, ne s’est pas bien déroulée, c’est le moins qu’on puisse dire.

Au 15 kilomètres classique de dimanche, Ivan Babikov a été le meilleur Canadien avec une 38e place. Devon Kershaw a fini 55e. Il s’était classé cinquième au même endroit un an plus tôt. Pourtant, il est en condition et il est le type d’athlète à maintenir une forme régulière tout au long de la saison.

Moi, j’ai abouti au 62e rang, à une minute 44 secondes du gagnant. Je ne suis pas au sommet de ma forme, loin de là. Mais je considère néanmoins avoir les moyens de finir régulièrement parmi les 30 premiers.

Alors, que s’est-il passé ? Loin de moi l’idée de chercher des excuses, mais des événements inattendus sont venus sérieusement perturber le groupe.

Ça a bien mal commencé le mercredi dernier quand notre entraîneur-chef, le Norvégien Inge Braten, embauché cette année, s’est fracturé une hanche en glissant bêtement sur de la glace au retour du souper. Il a dû subir un remplacement de la hanche et il sera évidemment sur le carreau pour un certain temps.

Sera-t-il aux Jeux olympiques de Vancouver ? Difficile à dire. Inge veut revenir le plus tôt possible, mais tout le monde dans l’équipe s’entend pour dire qu’il doit d’abord penser à sa santé. Il a 61 ans et on ne veut pas qu’il soit hypothéqué pour le reste de sa vie.

Accident bête, donc, mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attendait plus tard dans la semaine. Je ne peux malheureusement pas donner de détails, mais il y a eu des problèmes internes dans l’entourage de l’équipe.

J’ai maintenant confiance que les choses vont se régler, mais je dois admettre avoir été passablement secoué.

Les problèmes ont commencé le vendredi, la veille de l’épreuve de sprint. Dave Wood, notre chef d’équipe, a été retardé une journée à l’aéroport avec deux skieurs et n’a pu arriver à Kuusamo que très tard dans la soirée. En l’absence d’Inge, on n’avait donc personne pour nous représenter à la réunion des entraîneurs.

Cette journée-là, d’autres problèmes, plus sérieux ceux-là, sont survenus. Je pourrai en dire davantage quand la situation aura été corrigée, mais c’est vraiment cela qui nous a dérangés.

Inge avait justement été engagé pour que ce genre de situation ne se produise pas. Il a mené avec brio l’équipe norvégienne aux Jeux de Lillehammer, en 1994, et l’équipe suédoise aux derniers Jeux de Turin, en 2006.

Il n’est pas responsable de notre préparation physique, mais un peu comme un entraîneur-chef au hockey, c’est lui qui décide de l’alignement partant et des changements de trio. Il est là pour nous amener à un autre niveau.

Ironiquement, au lendemain de sa blessure, l’équipe a quasiment implosé.

Un peu sous le choc, je me suis couché à minuit et demi et je ne me suis pas endormi avant deux heures du matin. Des changements s’annonçaient et il y avait de l’incertitude. Je pensais un peu aux Jeux olympiques et j’étais tracassé.

Le lendemain, je n’ai pu faire mieux que le 55e rang aux qualifications du sprint classique. Ça s’est tassé un peu par la suite, mais avec toute l’énergie dépensée durant la semaine, nos piles étaient vides pour le week-end.

Je commence à me remettre de mes émotions. Des décisions seront prises prochainement et tout devrait être réglé avant la Coupe du monde de Davos.

Livigno sera un endroit parfait pour refaire nos forces, bien s’entraîner, bien manger, décompresser et retrouver notre concentration. À bientôt.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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