Je vais me souvenir de cette journée pour le reste de ma vie !

Dimanche 18 janvier 2009
Coupe du monde sprint par équipe patin, Whistler

Je sais que la course est terminée depuis plus de deux jours maintenant, mais j’ai été pas mal occupé ces dernières heures !

Je suis maintenant assis dans l’avion, en direction de Genève.

Le matin du sprint par équipe, en faisant mon morning jog, mes sensations étaient tout à fait normales. Les jambes un peu lourdes, en raison du 30 km de la veille, mais rien de trop inquiétant.

En «team sprint», pour accéder à la finale, on doit se qualifier à partir de la demi-finale. Il y a deux demi-finales, et les trois premières équipes de chacune d’entre elles se qualifient automatiquement. Ensuite, il reste quatre places pour les équipes qui ont les meilleurs temps à l’arrivée.

Dans notre demi-finale, George et moi avons terminé 4es, à 0.9 seconde de la première équipe. On savait qu’on n’était pas automatiquement sélectionnés pour la finale, mais qu’on allait passer en finale puisque notre temps était rapide et l’écart avec l’équipe gagnante était très petit.

Entre la demi-finale et la finale, on avait un peu plus d’une heure pour se refaire les jambes et repartir à nouveau. Je suis allé faire un petit jog de 20 minutes pour évacuer l’acide lactique de mes jambes et ensuite, je suis allé «chiller» dans la fourgonnette de l’équipe en buvant du sport drink.

Juste avant de retourner sur les planches et me réchauffer de nouveau, George et moi, on a parlé. On a parlé de la demi-finale, mais surtout de comment on allait skier en finale. Les deux on s’est entendus pour skier le plus facilement possible pour les quatre premiers tours et de vraiment faire tourner la vapeur dans les deux derniers.

Copie conforme dans l’exécution !

George a un bon départ, il reste en contact avec le groupe et skie entre la 7e et 10e position. Notre premier échange se déroule sans problèmes et je skie relax dans mon premier tour. On conserve la même tactique pour les deux tours suivants, facile, smooth, calme.

Rendu dans le 5e tour, George déclenche son turbo ! Il gagne plusieurs places et me donne le relais en 4e position. Notre échange est si bon que je ressors du stade en 2e place !

Je préfère quand même laisser passer quelques skieurs dans le début de la dernière boucle pour profiter de l’aspiration et garder mes jambes pour le final.

Dans la dernière montée, le rythme augmente, les 4 premiers sont très forts et le Français en 5e place commence à subir la course. Je décide donc de le passer et je pousse très fort sur le top de la dernière descente pour revenir sur les meneurs. Je glisse bien dans le stade – gros merci à toute l’équipe de fartage ! – et je suis en mesure de refermer l’écart.

En entrant le dernier virage, je me trouve en 5e place et je sais qu’il n’y a que 4 lignes dans le dernier droit. Je prends donc le virage à l’extérieur, la piste est plus ferme et plus rapide à l’extérieur et j’espère pouvoir gagner au moins une place dans ce virage. Dans le début du virage, un Italien trébuche. Je réussis à l’éviter grâce à un mélange de chance (j’avais déjà commencé à prendre l’extérieur du virage) et de bons réflexes.

À la sortie du virage, je suis 4e, je choisis la dernière ligne libre disponible et je pousse le plus fort possible.

Dans le dernier 100 m, j’ai réussi à passer l’équipe russe et je suis passé très près de devancer les Italiens.

Je vais me souvenir de cette journée pour le reste de ma vie, c’est certain ! Ma première médaille en Coupe du monde ! Chez nous en plus, sur le site olympique.

Ce qui est encore mieux dans tout ça, c’est que je puisse partager ce moment avec tant de personnes autour de moi. Premièrement, et inévitablement, mon coéquipier George Grey. George, c’est le skieur le plus expérimenté sur l’équipe nationale. Ça fait 9 ans qu’il est sur l’équipe senior, moi, je suis à ma première année ! On partageait la même chambre à Whistler ce week-end et la même chambre cet été durant le camp en Nouvelle-Zélande !

Mon père était annonceur dans le stade, mes autres partenaires d’entraînement étaient présents, des amis proches de la famille étaient là aussi.

Pour ceux qui n’étaient pas là, je vous laisse avec quelques «citations» de la journée !

« Je savais qu’il était vite, mais je ne savais pas qu’il l’était autant! » – Pierre Harvey

« On était là pour la première ‘stie ! » – Yves Bilodeau en s’adressant à Jean Boisvert

« It’s a good way to finish the weekend ! No, it’s only the begining ! » - George Bertrand et Tom Holland

Ciao

source : alexharvey.ca
Allez-y voir plusieurs photos de Charles Brassard.



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