Je vais m’en rappeler toute ma vie de celle-là !

Samedi 14 Mars 2009
Trondheim, Norvège, Coupe du Monde, 50 km classique

Après le sprint, je savais que la shape était revenue et j’étais prêt pour le 50 km.

Normalement, je m’échauffe pendant environ une heure, mais avant un 50 km, vaut mieux économiser le plus d’énergie possible et raccourcir la durée de l’échauffement. J’ai donc rapidement testé mes skis et skié pour une petite demi-heure.

Le premier des 6 tours s’est bien passé. J’ai été en mesure de gagner plusieurs rangs et de me positionner aux avant-postes du peloton; je pouvais ainsi éviter l’effet d’élastique dans chaque descente et sauver un peu d’énergie. À partir de la deuxième boucle, il y avait un sprint intermédiaire par tour qui donnait des points de Coupe du monde aux trois premiers.

Deux Russes se sont échappés pour prendre les meilleurs points dans le deuxième tour.

Rendus au troisième tour, deux skieurs se battaient pour les meilleures primes et j’ai été en mesure de passer 3e sans trop pousser fort. Sur le top de la montée, les deux premiers ont ralenti pour reprendre leur souffle, je les ai passés en conservant mon rythme. Un peu plus loin, je me suis retourné pour voir qui était derrière moi, et j’ai vu que j’avais un gap d’une dizaine de mètres sur le peloton. J’ai décidé d’essayer quelque chose, de me sauver !

Trop souvent dans les départs de masse en Coupe du monde, le monde se regarde, personne ne veut vraiment mener et la cadence est trop facile, donc une trentaine de skieurs se rendent à la ligne d’arrivée ensemble et ça finit au sprint.

Pour moi, le ski de fond ce n’est pas ça ! Ça m’agace un peu de voir un skieur comme Petter Northug suivre le peloton, forcer pour de vrai dans le dernier 100 m… et gagner.

J’ai donc skié en tête pendant près de 10 km, et j’ai monté mon avance jusqu'à un peu plus de 20 secondes. Je savais que je n’allais pas me rendre à la ligne d’arrivée seul en tête. J’espérais plutôt que les gars derrière décident de forcer pour de vrai, que le peloton explose, que 6-7 skieurs reviennent sur moi, que je me rende à la ligne avec eux et que je termine top 10.

Souvent, les plans dans notre tête ne fonctionnent pas vraiment… mais aujourd’hui, ça a l’air que ça a fonctionné ! Je me suis fait reprendre aux alentours du 32e km par un groupe de 6 skieurs. Le peloton avait complètement explosé et en arrivant à tenir le rythme, j’allais faire un top 10.

Dans les deux derniers tours, chacun essayait de décrocher les autres et le groupe est passé de 7 à 5. Dans le dernier tour, un Finlandais a creusé un petit écart qui allait s’avérer suffisant pour la victoire. À 4 km de la fin, l’Allemand Tobias Angerer s’est séparé du groupe de chasse.

Je me suis donc retrouvé à tirer Petter Northug, le suiveur par excellence, et un Russe. Aux 50 km des Championnats du monde il y a deux semaines, Northug a gagné et le Russe a terminé 2e. J’ai donné un dernier coup sur le top du parcours, suffisant pour faire exploser Northug, mais le Russe était assez fort pour rester avec moi.

On a fini au sprint, mais j’ai eu le dessus sur lui et j’ai remporté ma première médaille individuelle en Coupe du monde !

Je n’en reviens pas. J’ai des frissons quand je repense à la course et je vais m’en rappeler toute ma vie de celle-là !


photo : Dasha Gaïazova

J’étais supposé revenir au pays après Trondheim, mais avec ce résultat, la FIS a attribué un poste de plus pour le Canada à la finale de la Coupe du monde à Falun. Je serai donc de la partie pour la finale !

Le format de la finale de la Coupe du monde est des plus intéressant. Sprint classique à Stockholm mercredi, suivi d’un prologue 5 km patin vendredi, d’un duathlon 20 km samedi et d’une poursuite 15 km patin dimanche. L’ordre de départ de la poursuite de dimanche sera déterminé selon les temps cumulatifs des trois courses précédentes.

Ciao !

source : alexharvey.ca



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