5 juillet 2007

Mazhari sort de prison

La Cour d'appel accepte d'entendre sa cause

Nima Mazhari considère que le juge Wilbrod-Claude Décarie l'a envoyé en prison à cause de son caractère, et non pas à cause du vol de tableaux. C'est du moins ce que l'artiste de 52 ans a dit, quelques secondes à peine après être sorti de la prison de Bordeaux, vers 16 h hier.

Christiane Desjardins

Sous une pluie battante, Mazhari s'est avancé vers les médias qui faisaient le pied de grue devant la prison du boulevard Gouin. Il ne s'est pas plaint de son séjour derrière les barreaux, au contraire. « Je voudrais remercier les autorités de la prison. Ils ont été très gentils, très civilisés, très professionnels. J'ai beaucoup apprécié », a-t-il dit avant d'étendre ses remerciements au juge qui a présidé son procès et qui lui a imposé la peine de prison, vendredi dernier. « Je voudrais remercier le juge Décarie pour avoir confirmé qu'il ne m'a pas envoyé en prison pour le vol de tableaux, mais pour mon caractère. Je le savais, tout est politique », a lâché Mazhari, avant d'ajouter qu'il était fatigué et voulait rentrer à la maison.

Si Mazhari a pu retrouver sa liberté seulement six jours après avoir commencé à purger sa peine de prison de six mois, c'est parce que la Cour d'appel accepte d'entendre sa cause. Et comme l'audition a de bonnes chances de ne pas se produire avant un an, l'exercice aurait été stérile s'il avait déjà purgé sa peine. C'est ce que le procureur de la Couronne Michel Pennou a expliqué, hier matin, après avoir fait savoir qu'il ne s'opposait pas à la remise en liberté de Mazhari.

Un peu plus tôt, le juge de la Cour d'appel Jacques Chamberland avait indiqué que la Cour acceptait d'entendre l'appel, parce que la requête présentée par Me Yves Gratton, avocat de Mazhari, alléguait des erreurs de droit. Entre autres, la requête soumet que le juge a accepté de la preuve qu'il aurait dû exclure, et qu'il a refusé des demandes de la défense, alors qu'il aurait dû les accepter pour que Mazhari ait un procès juste et équitable.

Pendant sa liberté, Mazhari doit se plier à certaines conditions, dont celle de ne pas quitter le Québec sans l'accord du tribunal, ne pas reprendre son passeport (qui a été déposé à la cour), et demeurer à son atelier du boulevard Saint-Laurent.

L'annonce de la libération de Mazhari, hier matin, a réjoui Myriam Bédard qui avait l'air désemparé depuis vendredi dernier. « Cela a été très difficile de vivre sans lui. C'est une situation difficile pour toute la famille, moi, ma fille et Nima. Quand lui n'est pas là, c'est comme si on était dans la même situation que lui. Je ne veux pas parler pour ma fille, mais pour moi, c'est comme ça. »

La championne olympique a indiqué que Nima Mazhari avait été assez avare de commentaires sur sa détention, quand elle lui a parlé au téléphone. « Il ne veut pas me dire... I1 ne voudrait pas que je devienne sa porte-parole, il va vous parler en sortant », a-t-elle dit hier matin.

Rappelons que Mazhari a été reconnu coupable par un jury de vol et recel d'une vingtaine de toiles de l'artiste Ghitta Caiserman, avec qui il a partagé un atelier. On n'a jamais revu les toiles.


5 juillet 2007


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