Entre octobre 2001 et février 2002, de 15 à 20 toiles réalisées par Ghitta Caiserman-Roth ont disparu de sa collection, affirme le galeriste habituel de l'artiste, Jean-Claude Bergeron.
Christiane Desjardins
M. Bergeron témoignait hier au procès de Nima Mazhari, accusé du vol et recel d'une vingtaine d'oeuvres de la peintre. M. Bergeron a indiqué au jury qu'il vendait des toiles de Mme Caiserman depuis le milieu des années 90 à la galerie qu'il tient à Ottawa. Il a aussi organisé des expositions solo et de groupes avec elle, et faisait la promotion de son travail au Canada. Au fil des ans, il est devenu très proche de l'artiste et connaît bien l'ensemble de son oeuvre. II se rendait souvent chez elle, rue Jeanne-Mance, ou à son atelier du boulevard Saint-Laurent, pour voir ses tableaux ou les montrer à des clients.
« J'aimais beaucoup l'oeuvre de Mme Caiserman. Je la voyais une fois par mois », a-t-il dit, hier. Le 6 octobre 2001, M. Bergeron s'est justement rendu à l'atelier de Mme Caiserman qui approchait alors des 80 ans. Il était accompagné d'un client qui voulait acheter une toile significative de l'oeuvre maîtresse de l'artiste. Sur place, M. Bergeron a vu Mazhari, qui partageait l'atelier avec Mme Caiserman. Selon ses souvenirs, Mazhari a voulu intervenir auprès d'eux, et se présenter pour les intéresser à son travail, mais Mme Caiserman l'a invité à se retirer dans son coin. Ce jour-là, M. Bergeron a regardé les oeuvres de Mme Caiserman avec le client, qui a d'ailleurs acheté une toile.
En décembre, l'artiste a quitté l'atelier du boulevard Saint-Laurent et a fait déménager ses oeuvres chez elle. Or, quand M. Bergeron s'est rendu au domicile de Mme Caiserman, le 19 février 2002, pour voir ses oeuvres disponibles, il s'est rendu compte qu'il manquait de 15 à 20 tableaux. Il en a d'ailleurs fait part à Mme Caiserman. Hier, il n'a cependant pas été autorisé à dévoiler devant le tribunal ce qu'elle lui a répondu à ce sujet, car il s'agirait de ouï-dire. L'artiste ne pourra pas venir le dire elle-même, puisqu'elle est morte en 2005, environ deux ans après être devenue inapte mentalement.
M. Bergeron n'a jamais revu les toiles manquantes et ne sait pas ce qu'elles sont devenues. Quand le procureur de la Couronne, Mario Dufresne, lui a montré des photos du condo que Myriam Bédard habitait au début 2002, il a reconnu des toiles de Mme Caiserman sur les murs. Il en a aussi reconnu sur des photos prises dans le domicile du père de Myriam Bédard, dans le courant de l'année 2002. Ces tableaux figurent au nombre des « oeuvres manquantes», selon lui. Hier, le contre-interrogatoire de M. Bergeron terminé, Me Dufresne a annoncé que sa preuve était close. C'est maintenant au tour de la défense de faire valoir la sienne.
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