Pour avoir volé une vingtaine de toiles d'une artiste âgée en 2001, Nima Mazhari devrait écoper d'une peine de prison ferme de 12 à 18 mois. C'est du moins la suggestion que le procureur de la Couronne Mario Dufresne a faite, hier, au juge Wilbrod-Claude Décarie, chargé d'imposer la sentence au conjoint de la championne olympique Myriam Bédard.
Christiane Desjardins
L'avocat de la défense, Me Yves Gratton, croit pour sa part que la prison est un châtiment trop lourd dans les circonstances, d'autant plus que l'homme de 52 ans n'a aucun antécédent judiciaire. Il suggère plutôt d'imposer à Mazhari une centaine d'heures de travaux communautaires. Ce serait beaucoup plus utile pour la société, dit-il, car ainsi, il pourrait rendre par ses services ce qu'il a pris en volant les toiles. Les travaux communautaires pourraient même être exécutés dans le domaine de l'art, puisque l'accusé est un artiste. De toute façon, il faut oublier un remboursement en argent, puisque Mazhari est maintenant bénéficiaire de l'aide sociale. D'ailleurs, on ne connaît pas avec certitude le nombre de toiles volées, et on ne connaît pas non plus leur valeur réelle, a fait valoir Me Gratton.
Un loup dans la bergerie
La proposition de travaux communautaires a toutefois fait bondir Me Dufresne, qui estime que Mazhari ne se qualifie nullement pour ce type de peine, habituellement proposé dans le sillage d'un rapport précédant la sentence. Or, Mazhari a refusé de se soumettre à un tel rapport, a rappelé Me Dufresne. Comment savoir alors si on n'enverrait pas un loup dans la bergerie en le laissant exécuter des travaux communautaires auprès de personnes âgées, fragiles, ou qui ont de l'argent ?
Le juge Décarie rendra sa décision vendredi matin.
Rappelons que Mazhari a été déclaré coupable récemment par un jury de vol et recel de biens de plus de 5000$, soit une vingtaine de toiles de l'artiste Ghitta Caiserman-Roth. Ce crime est passible d'un maximum de 10 ans de prison. Le vol est survenu en 2001, peu avant que Mme Caiserman, qui avait presque 80 ans, quitte l'atelier qu'elle partageait avec Mazhari, boulevard Saint-Laurent. Les toiles s'étaient par la suite retrouvées dans les appartements successifs de Myriam Bédard, puis chez le père de celle-ci, à Québec. Dans le courant de l'année 2002, le couple Bédard-Mazhari a coupé tous les liens avec la famille de Mme Bédard. C'est à partir de ce moment que le père de Myriam a commencé à se poser des questions sur l'origine des toiles. Au moyen d'une lettre anonyme, il a fait part de ses soupçons à la fille de l'artiste. Mise au courant en 2004, la police a fait enquête et Mazhari a été accusé. Myriam Bédard a pour sa part échappé à toute accusation.
page mise en ligne par SVP

vélo
ski de fond
plongeon
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive
| matériel et techniques | mise en forme | où faire du ski | condition des pistes | la course | autres sites |