26 mai 2007

La peintre avait peur de l'accusé

La peintre Ghitta Caiserman-Roth a loué une partie de sa maison pour 90$ par mois à Nima Mazhari, en novembre 2001. Un mois plus tard, elle a demandé l'aide d'un avocat pour le faire expulser.

Christiane Desjardins

« J'ai dit à M. Mazhari : "Mme Caiserman vous craint. Prenez vos affaires et partez" », a raconté Me Gregory Azancot, qui témoignait au procès de Mazhari hier, au palais de justice de Montréal. L'homme de 52 ans, conjoint de Myriam Bédard, est accusé du vol et du recel d'une vingtaine de toiles de Mme Caiserman, avec qui il a partagé un atelier sur le boulevard Saint-Laurent.

Comme on l'a aussi démontré devant le tribunal, Mazhari s'est installé chez Mme Caiserman, rue Jeanne-Mance. C'est ainsi que Me Azancot s'est rendu chez Mme Caiserman le 7 décembre 2001, parce qu'elle disait avoir des problèmes avec un «locataire résidentiel». En arrivant sur place, Me Azancot est allé voir Mme Caiserman, qui était couchée dans sa chambre. Il lui a demandé ce qu'elle attendait de lui. L'artiste, qui avait près de 80 ans, lui a parlé de ses problèmes avec Mazhari. Me Azancot n'a cependant pas été autorisé, hier, à dévoiler les confidences que Mme Caiserman lui a faites. En résumé, elle voulait faire sortir Mazhari et annuler le bail qu'elle avait signé le 7 novembre 2001.

Me Azancot est donc allé voir Mazhari, qui se trouvait dans le vestibule de la maison, pour l'aviser qu'il devait partir. Mazhari a refusé, prétextant qu'il avait un bail. Finalement, après des discussions, il a accepté de partir et a commencé à déménager ses affaires. À partir de ce moment, Me Azancot s'est aussi occupé d'organiser le déménagement de l'atelier que Mme Caiserman partageait avec Mazhari, boulevard Saint-Laurent. « Mon mandat était clair, je devais extirper Mazhari de la vie de Mme Caiserman », a fait valoir Me Azancot, hier. C'est ainsi que, le 26 décembre 2001, l'avocat s'est rendu à l'atelier du boulevard Saint-Laurent pour attendre les déménageurs. Lorsqu'il est arrivé, deux policières étaient sur place. Il ignore qui les a appelées. Mazhari était là aussi. Ce dernier a indiqué l'endroit où il avait entassé les choses de Mme Caiserman. Pendant le déménagement, qui a duré cinq heures, Me Azancot dit avoir demandé à plusieurs reprises à Mazhari s'il avait encore des objets appartenant à Mme Caiserman. Chaque fois, Mazhari lui aurait répondu par la négative.

À la fin du déménagement, Mazhari a voulu faire signer une quittance à Me Azancot, dans laquelle l'avocat reconnaîtrait avoir pris toutes les affaires de Mme Caiserman. L'avocat a refusé, car il ne savait pas si tout était là. Il a fait les modifications qu'il voulait au document et l'a signé. Dans les semaines suivantes, l'avocat a fait plusieurs tentatives pour que Mazhari signe un document d'annulation du bail résidentiel. Mazhari voulait d'abord l'analyser avant de le signer, mais les choses traînaient en longueur.

Le 26 mars, Mazhari s'est présenté au bureau de l'avocat. Il affirmait que Mme Caiserman lui devait 18 000$ mais qu'il était prêt à accepter 15 000$. Il parlait fort et son discours était désorganisé, soutient l'avocat. Il disait avoir réparé un mur entre la cuisine et la salle à manger dans le domicile de Mme Caiserman en juillet 2001. Il affirmait aussi avoir fait le recensement numérisé de ses oeuvres (entre 200 et 300) et lui avoir acheté à manger. L'avocat lui a demandé de baisser la voix. Comme ça ne fonctionnait pas, Me Azancot a demandé à Mazhari de sortir de son bureau, sinon il allait appeler la police. Le contre-interrogatoire de Me Azancot se poursuivra lundi.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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