25 mai 2007

Les tableaux devaient servir à obternir des crédits d'impôts

Les tableaux de Ghitta Caiserman-Roth qui se seraient retrouvés chez Myriam Bédard, en décembre 2001, devaient être donnés à des musées pour obtenir de crédits d'impôt. C'est ce que Guy Coupal, policier et ex-conjoint de Myriam Bédard, a raconté hier au jury chargé de juger Nima Mazhari.

Christiane Desjardins

« En décembre 2001, Myriam m'avait demandé si je connaissais quelqu'un qui avait un véhicule fermé pour transporter des oeuvres d'une artiste connue de l'atelier de M. Mazhari. Ma réponse a été négative : je ne connaissais personne. Les faits sont clairs comme hier. Les toiles (une vingtaine) sont arrivées quelques jours plus tard. Elles étaient données par Nima et devaient servir à des dons à des musées pour des crédits d'impôt », a dit M. Coupal, en expliquant qu'à l'époque, il vivait avec Mme Bédard dans un condo de L'Île-des-Soeurs. Leur relation battait de l'aile depuis longtemps déjà.

L'arrivée de Mazhari dans le portrait n'a pas arrangé les choses. M. Coupal a entendu parler de Mazhari pour la première fois quand celui-ci a téléphoné au condo au printemps 2001, afin de demander à Myriam de poser pour lui, dans le cadre de son projet de livre Les ambassadrices. Myriam avait accepté. De fil en aiguille, Mazhari a pris de plus en plus de place dans sa vie. « Je n'étais plus capable d'entendre son nom à la maison. Elle répétait les mêmes choses que Mazhari », a expliqué M. Coupal après avoir précisé qu'il trouvait Mazhari très envahissant. Il considérait que Mazhari avait endoctriné Myriam Bédard.

Quoi qu'il en soit, M. Coupal se rappelle avoir accroché une dizaine de toiles dans le condo après leur arrivée. En mars 2002, Myriam a déménagé et a apporté les toiles avec elle. En prévision de ce déménagement, M. Coupal avait placé les toiles dans le garage pour qu'elle puisse les prendre là. « Parce que je ne voulais pas que M. Mazhari entre chez moi », a dit M. Coupal.

Le policier a avoué que ce n'est pas de gaieté de coeur qu'il est venu témoigner. « Je ne voulais pas être mêlé à ce procès. J'ai une famille maintenant et ce n'est pas un sujet populaire chez moi », a dit M. Coupal. Son contre-interrogatoire se poursuit ce matin.

Plus tôt dans la journée, hier, Benoît et Julie Bédard, frère et soeur de Myriam Bédard, ont témoigné. À l'été 2002, tous deux ont travaillé dans le café que Nima Mazhari et Myriam allaient ouvrir à Québec. Julie a travaillé trois semaines, puis est partie après que Mazhari l'eut traitée «d'imbécile». Pour elle, c'est la goutte qui a fait déborder le vase. Elle n'a cependant pas voulu parler des autres différends qui se sont produits avec Mazhari, se contentant de dire que c'était personnel.

En ce qui concerne le frère, sa relation avec Mazhari et sa soeur s'est aussi terminée de façon abrupte. Après trois semaines de travail, en septembre 2002, Mazhari l'a mis à la porte. Le couple lui a envoyé une mise en demeure le lendemain, pour l'aviser de ne plus revenir au café et qu'une plainte avait été portée contre lui à la police, en raison de menaces.

« Ce que j'ai dit à Mazhari, c'est "tu es mieux de marcher droit". C'est ça que j'ai dit », a fait valoir Benoît Bédard.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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