24 mai 2007

Le père de Myriam Bédard nie avoir voulu se venger de Nima Mazhari

Si Myriam Bédard avait donné signe de vie à son père au lieu de couper tout contact, il n'aurait jamais envoyé la lettre anonyme dénonçant le vol des tableaux par Nima Mazhari.

Christiane Desjardins

« Si la relation avait continué avec Myriam, je n'aurais jamais envoyé cette lettre-là, je n'avais pas d'intérêt. Je me mêle de mes affaires normalement. Mais là, je n'avais plus de nouvelles. Elle ne me rappelait pas. On avait toujours eu une bonne relation avant. Il me semble que j'avais droit au privilège de pouvoir parler avec elle », a raconté M. Bédard, alors qu'il témoignait au procès de Nima Mazhari, hier.

Mazhari, 52 ans, conjoint de Myriam Bédard depuis 2002, est accusé du vol et du recel d'une vingtaine de tableaux de l'artiste Ghitta Caiserman-Roth, évalués à 100 000$. Les accusations ciblent la période de décembre 2001 à novembre 2003.

M. Bédard affirme que sa fille Myriam lui a confié les fameuses toiles signées Caiserman en février et mars 2002. Il devait garder ces tableaux chez lui à Québec, jusqu'à ce qu'elle les reprenne. Dans les mois suivants, Myriam Bédard et son conjoint ont décidé d'ouvrir un café-restaurant à Québec, et c'est la famille de Myriam qui y aurait travaillé. La bisbille a commencé, et toute la famille Bédard a quitté le projet, excepté Myriam, évidemment. M. Bédard était surpris du changement d'attitude de Myriam. Elle se trouvait nulle et disait qu'elle n'était bonne à rien, a-t-il dit. M. Bédard était persuadé que Mazhari l'influençait de façon négative.

« Oui, je considérais que Mazhari représentait un danger, a fini par admettre M. Bédard, hier. J'ai la conviction qu'une personne qui ne peut plus agir par elle-même, ce n'est pas normal. » Il a toutefois nié avoir envoyé la lettre anonyme par vengeance envers Mazhari, dans l'espoir de l'écarter de la vie de sa fille. « Je n'ai jamais pensé ça. »

À l'automne 2002, Pierre Bédard se posait beaucoup de questions sur les tableaux qui lui avaient été confiés par sa fille. Il a voulu en avoir le coeur net en s'informant auprès de l'artiste elle-même, Ghitta Caiserman-Roth, qui demeurait à Montréal. Comme il ne parle pas anglais, il a demandé à son fils Benoît d'appeler Mme Caiserman, au début d'octobre 2002.

En ce qui concerne la lettre anonyme, le père de Myriam Bédard l'avait commencée à peu près à cette époque, mais il l'a mise de côté pendant longtemps, dans l'espoir que sa fille lui donne signe de vie. En janvier 2004, comme les liens étaient toujours coupés avec Myriam, il l'a achevée et l'a envoyée à Kate Roth, la fille de Mme Caiserman. L'artiste elle-même était devenue inapte mentalement à ce moment. Il s'est dit que c'était désormais à la fille de Mme Caiserman d'agir. Cette dernière n'a rien fait de cette lettre.

Hier, en toute fin d'après-midi, Benoît Bédard, frère de Myriam, s'est avancé à la barre des témoins pour raconter comment s'était déroulé l'appel à Mme Caiserman, en octobre 2002. Il doit poursuivre son témoignage ce matin.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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