19 mai 2007

Myriam Bédard se dit victime d'un complot

Myriam Bédard est persuadée qu'elle et son conjoint sont victimes d'un complot ourdi par sa famille au grand complet, de concert avec son ex-agent, Jean-Marc Saint-Pierre. Et il y a du racisme là-dessous.

Christiane Desjardins

C'est du moins ce que l'ex-championne olympique a expliqué, hier, dans son témoignage au procès de Nima Mazhari, son conjoint, accusé du vol et du recel d'une vingtaine d'oeuvres de Ghitta Caiserman-Roth.

Selon Mme Bédard, cette histoire de vol de tableaux a été montée de toutes pièces pour lui faire perdre la garde de sa fille parce que sa famille n'a jamais accepté le fait qu'elle soit avec Nima Mazhari.

«Toute ma famille a beaucoup d'hostilité envers Mazhari parce qu'il est immigrant. Ils n'acceptent pas que ma fille soit élevée dans un milieu qui n'est pas typiquement québécois. Après quelques mois (qu'elle était avec Mazhari), on a voulu m'enlever la garde de ma fille», a-t-elle dit. Elle a expliqué que, en 2002, le père biologique de sa fille avait demandé la garde de l'enfant, appuyé par sa famille à elle.

«Ma mère et M. Saint-Pierre (son ex-agent) ont témoigné contre moi dans des termes peu élogieux. Les procédures ont duré de 2002 à 2004 et ça a fini par une entente hors cour. Cet hiver, on a vu que le bobo n'était pas guéri avec l'histoire de l'enlèvement. Ils ont convaincu mon ex-conjoint d'aller à la police. J'ai passé 15 jours en prison aux États-Unis pendant le temps des Fêtes. Ils ont dit toutes sortes de choses sordides à mon sujet. Que j'étais en danger, qu'ils avaient peur que M. Mazhari m'amène en Iran», a-t-elle raconté en signalant que c'est elle qui a la garde de sa fille aujourd'hui. Par famille, elle entend sa mère et son père (qui sont séparés), la conjointe de son père, ses deux soeurs et son frère.

Hier, Mme Bédard a précisé dans quelles circonstances elle a connu Mazhari, artiste et photographe. Elle l'a vu pour la première fois en mars 2001, quand elle a posé pour un projet de livre auquel il travaillait, qui devait réunir 100 femmes marquantes. Elle l'a revu deux mois plus tard quand, accompagnée de son agent, Jean-Marc Saint-Pierre, elle est allée voir les épreuves des photos. Après cela, elle et Mazhari ont commencé à fraterniser. Ils allaient prendre un café une fois par semaine pour discuter. Puis, à l'automne 2001, elle s'est lancée en affaires avec lui. Selon elle, il s'agissait alors d'une relation d'amitié et d'affaires.

À l'époque, elle vivait toujours à l'Île-des-Soeurs avec Guy Coupal, un policier du SPVM qu'elle avait rencontré lors de leur participation au jeu télévisé Fort Boyard, en 1998. Leur relation avait toutefois du plomb dans l'aile.

Hier, M. Coupal a affirmé sous serment que Mme Bédard lui avait demandé, en novembre ou décembre 2001, de trouver un camion avec une boîte fermée pour déménager des oeuvres d'art de l'atelier de Nima Mazhari le soir, par la porte arrière. M. Coupal n'a pas trouvé le transport en question, mais des toiles de Ghitta Caiserman-Roth se sont retrouvées chez lui par la suite, a-t-il dit. Mme Bédard nie formellement cela, tout comme elle nie lui avoir demandé de trouver un transport pour les oeuvres d'art.

Quoi qu'il en soit, Mme Bédard et M. Coupal se sont officiellement séparés en mars 2002, quand Mme Bédard a emménagé à Brossard dans un logement que Mazhari lui avait trouvé. Elle dit avoir déménagé ses oeuvres d'art personnelles (quatre ou cinq), mais il n'y avait aucun Caiserman. Elle a ensuite demandé à son père d'emporter ces oeuvres chez lui, à Québec, parce que le quartier de Brossard n'était pas sûr et qu'elle n'avait pas de système d'alarme. Elle est formelle il n'y avait aucun Caiserman dans les oeuvres qu'elle a remises à son père. Pourtant, trois résidantes de Québec sont venues devant le tribunal, hier, pour dire qu'elles avaient vu des toiles de Caiserman dans le domicile que le père de Myriam Bédard partageait avec sa conjointe, Huguette Nichol, en 2002. Le couple a gardé les toiles pendant quelques mois puis aurait demandé à Myriam de venir les chercher.

Myriam Bédard admet que Mme Nichol lui a demandé de venir chercher ses affaires quelque part en 2002, mais il n'y avait pas de Caiserman, assure-t-elle. Il s'agissait principalement de meubles. Myriam était alors en froid avec sa famille, qui, selon elle, l'a abandonnée au moment où elle a ouvert un café à Québec avec Mazhari.

Pourtant, soutient-elle, elle ouvrait ce commerce pour aider sa famille, qui lui demandait souvent de l'argent, et la «plus autonome». C'est pourquoi, en mai 2002, elle et Mazhari ont loué un local pour y ouvrir le café et ont fait les travaux. Ils ont aussi acheté une maison avec l'idée d'y ouvrir un restaurant. Mme Bédard prétend également avoir acheté une maison avec Mazhari pour sa soeur Julie, mais cette dernière «ne s'est pas présentée chez le notaire pour signer ».

Mme Bédard soutient qu'elle et Mazhari, qui demeuraient à Montréal, n'étaient pas intéressés à s'occuper d'un commerce à Québec. Quand ils ont ouvert, en septembre 2002, il n'y avait plus personne de sa famille à elle, et le commerce n'a pas marché. Elle et Mazhari ont vendu toutes leurs propriétés à Québec.

Elle affirme également que son père ne voulait pas lui remettre ses médailles olympiques et qu'il les gardait sans doute «en otage». Une nuit, en août 2004, elle a fait un cauchemar. Le lendemain elle l'a appelé pour avoir ses médailles. Comme il ne voulait pas, elle a appelé la police et les a récupérées.

En ce qui concerne son ex-agent, Saint-Pierre, elle soutient qu'il lui doit de l'argent pour sa participation dans un petit film en 1999. Elle lui reproche aussi de s'être accroché après la fin de leur association, en juillet 2001. Au lieu de lui transmettre les appels qu'il recevait, comme c'était entendu, il continuait de s'occuper de ses conférences et prenait sa commission, dit-elle. En février 2002, elle lui a dit que c'était réellement fini. Par la suite, elle n'a plus voulu avoir de contacts avec lui. «Je ne lui parlais plus, à Jean-Marc, je n'y voyait pas d'intérêt», a-t-elle dit hier.

Le procès devant jury, présidé par le juge Wilbrod Claude Décarie, se poursuit mardi. L'avocat de la Couronne est Me Mario Dufresne tandis que Mazhari est représenté par Me Yves Gratton, de l'Aide juridique.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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