16 mai 2007


Nima Mazhari, 52 ans (que l'on voit ici à son arrivée au palais de justice de Montréal), conjoint de Myriam Bédard,
est accusé du vol et du recel de 20 tableaux de Ghitta Caiserman, évalués à 100 000$.
photo : Ivanoh Demers

C'est le père de Myriam Bédard qui a fait déclencher l'enquête

En janvier 2004, l'artiste peintre Ghitta Caiserman Roth n'a plus toutes ses facultés et c'est sa fille, Kathe Roth, qui s'occupe de recenser ses oeuvres. Arrive une lettre anonyme avisant Kathe Roth qu'une vingtaine de toiles manquent dans la collection de sa mère, et que c'est Nima Mazhari qui les a. Cette lettre, qui a été l'élément annonciateur des troubles judiciaires de Mazhari, c'est Pierre Bédard, le père de Myriam Bédard, qui l'a écrite.

Christiane Desjardins

C'est ce qu'on a appris, hier, alors que le procès de Mazhari s'ouvrait au palais de justice de Montréal. L'homme de 52 ans, conjoint de Myriam Bédard, est accusé du vol et du recel de 20 tableaux de Ghitta Caiserman, évalués à 100 000$. Selon le résumé de la preuve présenté hier par le procureur de la Couronne, Mario Dufresne, Mazhari et Ghitta Caiserman ont partagé un atelier situé boulevard Saint-Laurent, à Montréal, pendant un moment, probablement de 1999 à 2001. Mazhari s'est aussi établi dans une partie de la maison de Mme Caiserman, rue Jeanne-Mance, après la mort du mari de cette dernière, en avril 2001. La cohabitation aurait toutefois été brève, puisque Mme Caiserman a pris un avocat pour faire sortir Mazhari de chez elle, vers la fin de 2001. Ce que Mazhari a fait quand on le lui a demandé. La fille de Mme Caiserman a témoigné hier comme quoi elle avait fait changer les serrures après le départ de Mazhari.

En décembre 2001, Ghitta Caiserman a fait vider son atelier du boulevard Saint-Laurent, et son nom a été enlevé du bail qu'elle partageait avec Mazhari. Puis, au cours des années suivantes, la santé mentale et physique de l'artiste a décliné. En septembre 2003, elle a été hospitalisée puis, en février 2004, a été conduite dans une résidence pour personnes âgées en perte d'autonomie. Elle est décédée en 2005, à l'âge de 82 ans.

Une lettre comme point de départ
Revenons à la lettre anonyme que la fille de Mme Caiserman a reçue en janvier 2004. L'auteur, qu'on sait aujourd'hui être le père de Myriam Bédard, prétendait avoir été intéressé à acheter de toiles qu'il avait vues à Québec. Surpris de constater qu'elles étaient toutes signées Ghitta Caiserman, il s'était mis à douter, comme on peut le lire dans la lettre qui a été déposée en preuve, hier.

« J'ai douté de faire affaire avec un recelleur (sic) dont Nima Mazhari, résidant au 6435, rue Saint-Laurent, à Lévis Québec, en fin d'année 2003. Pour récupérer vos biens, il s'agit d'agir avec précaution car c'est une personne très rusée et agir avec un mandat de perquisition pour visiter aussi les autres bâtiments à Lévis... Vous pouvez dénoncer ces informations par la voix d'un poste de radio et je vous ferez (sic) parvenir d'autres informations. Dans l'espoir que la justice puisse vous venir en aide. » La lettre écrite à la main et portant la date de «Janvier 2004», ne portait aucune signature.

Hier, Mme Roth a indiqué qu'elle n'avait d'abord rien fait avec cette «étrange» lettre, qui était accompagnée des photos de quatre toiles qui auraient été peintes par sa mère. Vers le mois de mars, la journaliste de Radio-Canada Catherine Kovacks a appelé Mme Roth, pour lui dire qu'elle était au courant de la lettre anonyme et de la disparition des tableaux, et qu'elle devrait porter plainte à la police. La journaliste l'aurait d'ailleurs rappelée à quelques reprises pour savoir si elle avait porté plainte, ce que Mme Roth n'a pas fait.

Puis, en avril 2004, Mme Roth recevait un appel de policiers de la section des fraudes, qui l'invitaient à venir au quartier général de Place Versailles, pour une rencontre au sujet des fameuses toiles disparues. Mme Roth y est allée avec un avocat. Les policiers étaient en possession des photos des quatre peintures qui étaient jointes à la lettre anonyme qu'elle avait reçue en janvier. Une enquête a été ouverte.

Hier, l'enquêteur du SPVM Alain Lacoursière, affecté aux crimes liés aux arts, a relaté qu'il avait assisté à cette rencontre. Il s'est rendu à Québec vers la fin de mai 2004, pour prendre la déposition de Pierre Bédard. Le 8 juin, tôt le matin, l'enquêteur Lacoursière et un collègue ont suivi Myriam Bédard, et l'ont accostée alors qu'elle entrait dans un café de Saint-Lambert. Nima Mazhari est arrivé, et tous se sont rendus chez Mme Bédard afin d'avoir un entretien dans un endroit plus tranquille. Mazhari a affirmé aux enquêteurs qu'il n'avait jamais été en possession des toiles de Mme Caiserman.

Le procès se poursuit aujourd'hui avec la suite du témoignage de l'enquêteur Lacoursière. Mazhari est défendu par Me Yves Gratton. En ce qui concerne Myriam Bédard, elle est assise dans la salle d'audience et prend religieusement des notes.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

matériel et techniques mise en forme où faire du ski condition des pistes la course autres sites