30 juin 2007
En plus d'avoir été qualifié de «menteur» et de «manipulateur» par le juge W. Claude Décarie, Nima Mazhari a été condamné à six mois d'emprisonnement ferme et à deux ans de probation pour le vol des oeuvres de l'artiste Ghitta Caiserman.
Pierre Richard
« Le tribunal estime que la sécurité de la collectivité serait mise en danger s'il permettait à un délinquant qui ne prend pas conscience du geste malhonnête qu'il a posé à l'endroit d'une personne vulnérable de retourner dans la collectivité » en lui accordant une sentence avec sursis, disait hier le juge.
Le juge Décarie en avait gros sur le coeur quant à l'attitude et aux commentaires de Mazhari après son procès. « Non seulement il n'éprouve aucun remords, il fait preuve de mépris et d'arrogance envers le système judiciaire. »
« Son premier commentaire public, une fois le verdict de ses pairs rendu, fut de le qualifier de ridicule. »
Pourtant, ajoutait le juge, Mazhari « n'hésite pas à mentir pour tenter de se disculper ». Il va même jusqu'à nier la réalité, précise le magistrat qui se demande sur « quelle planète il vit ».
Emprise sur Myriam Bédard
En plus, indique encore le juge, Mazhari a une emprise totale sur Myriam Bédard qui est venue livrer un témoignage «surréaliste», selon lui.
Dans ce dossier, Mazhari a été trouvé coupable d'avoir volé une quinzaine de tableaux à l'artiste Ghitta Caiserman, alors qu'ils partageaient tous deux un atelier boulevard Saint- Laurent.
En décembre 2001, la relation entre Mazhari, aujourd'hui âgé de 52 ans et la dame qui avait alors 78 ans, s'envenimait à tel point qu'elle décidait de faire déménager tous ses biens de l'atelier du boulevard Saint-Laurent.
Mazhari s'opposait à ce déménagement et les toiles de Caiserman se retrouvaient chez Myriam Bédard ainsi que chez les parents de celle-ci. « Les toiles de Caiserman n'ont pu se retrouver à la résidence de Myriam Bédard par magie. Il a fallu que Mazhari ouvre les portes de l'atelier et transporte les toiles à la résidence de Myriam Bédard, de toute évidence avec la complicité de celle-ci », concluait le juge avant de donner son congé à l'accusé.
La cause de Mazhari sera portée en appel.
Ce qu'a dit le juge
« Il (Mazhari) a spolié une artiste âgée et malade du fruit de sa création artistique. »
« ... il est apparu évident au tribunal que Mazhari est un manipulateur. »
« De plus, le tribunal a été à même de constater que Mazhari n'hésite pas à mentir pour se disculper. »
« De l'avis du tribunal, seule l'emprise de Mazhari sur Myriam Bédard peut expliquer son témoignage que le tribunal n'hésite pas à qualifier de surréaliste. »
Myriam poursuivie à son tour ?
La police songe à rouvrir le dossier du vol des tableaux et à porter plainte contre Myriam Bédard pour sa participation au vol des tableaux de l'artiste Ghitta Caiserman.
C'est ce que laissait entendre le policier Alain Lacoursière, hier, après la sentence imposée à Nima Mazhari, d'autant plus que le juge Décarie a alors soutenu que Myriam Bédard était « de toute évidence» complice de son compagnon. »
De son côté, Mme Kate Roth, la fille de l'artiste volée par Mazhari, avait peine à trouver les mots pour exprimer sa joie après le prononcé de la sentence. Les yeux pleins de larmes, le souffle court, elle disait : « Ce qui me satisfait dans cette décision, c'est ce que le juge a dit à Mazhari. Pour l'instant, je pense à ma mère... »
Le procureur du Ministère public, Me Mario Dufresne, plus froid, affirmait que la sentence « dans les circonstances» est satisfaisante ».
Du côté de la défense, Me Yves Gratton faisait savoir qu'il avait le mandat d'aller en appel. Il espérait pouvoir faire sortir Mazhari de prison avant la fin de la journée, hier, mais comme la procédure stipule qu'il doit donner un avis de 48 heures au Ministère public, l'État a refusé de fermer les yeux sur ce délai obligatoire.
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