4 juillet 2007

Mazhari sort de prison

Nima Mazhari a obtenu l’autorisation de la Cour d’aller en appel du verdict de culpabilité émis à son endroit et est remis en liberté en attendant la suite des procédures.

Christiane Desjardins

Le juge Jacques Chamberland, dans son autorisation d’appel, a souligné que M. Mazhari entendait soulever des points de droit et que, dans ce contexte, l’appel était automatique.

M. Mazhari devra respecter une série de conditions en attendant la suite des procédures. Il devra notamment résider à son atelier de la rue Saint-Laurent et ne pourra pas quitter le Québec sans l’accord de la Cour et ne pourra pas non plus récupérer son passeport. La Couronne n’a pas émis d’objection à la remise en liberté et il y a eu entente sur les conditions.

Myriam Bédard assistait à l’audience et s’est dite très contente de la libération de son conjoint. « Ç’a a été très difficile de vivre sans lui », a-t-elle commenté.

Selon Nima Mazhari, le juge Wilbrod-Claude Décarie a commis neuf erreurs de faits et de droit lors de son procès. Il porte sa cause en Cour d'appel, vise l'acquittement pur et simple, et voudrait pouvoir retrouver sa liberté en attendant que le plus haut tribunal de la province se prononce.

Condamné à six mois de prison pour le vol et le recel d'une vingtaine de toiles de l'artiste Ghitta Caiserman, Mazhari a commencé à purger sa peine vendredi dernier. L'homme de 52 ans, lui-même artiste-peintre, n'avait aucun antécédent judiciaire et n'avait pas fait de prison avant cela. Il aura passé cinq jours en prison.

Sa conjointe, la championne olympique Myriam Bédard, arpentait hier les couloirs du palais de justice. « Je travaille, je cherche des papiers », a-t-elle dit. Questionnée sur les conditions de détention de son conjoint, Mme Bédard a indiqué qu'il avait été placé dans un secteur à part des autres, mais qu'elle n'en savait guère plus, car il ne lui dit rien à ce sujet lorsqu'elle le visite à Bordeaux.

Myriam Bédard n'a pas non plus voulu épiloguer sur les rumeurs voulant que Mazhari désire entreprendre une grève de la faim. « J'en ai entendu parler, mais il ne m'en parle pas de façon claire », a-t-elle dit.

En ce qui concerne les motifs d'appel sur le verdict de culpabilité prononcé par le jury, ils sont contenus dans la requête que compte présenter Me Gratton. Principalement, il reproche au juge d'avoir accepté de la preuve qu'il aurait dû mettre de côté. Il reproche notamment d'avoir permis le ouï-dire à plusieurs occasions pendant le procès, et d'avoir accepté qu'un cahier renfermant toutes les oeuvres photographiées de Ghitta Caiserman soit remis au jury, même si le catalogue a été réalisé en 2004, soit après les faits reprochés à Mazhari. Il croit également que le juge n'aurait pas dû rejeter l'assignation à comparaître que la défense avait envoyée à la journaliste Katherine Kovacs, de Radio Canada, car cela l'a empêché de faire une défense pleine et entière. Enfin, la requête allègue que le juge a fait plusieurs interventions démontrant qu'il ne maîtrisait pas le droit criminel, de sorte que Mazhari n'a pas eu un procès juste et équitable.

Rappelons que Mazhari s'est représenté seul pendant presque tout le processus, notamment pendant l'enquête préliminaire. Il s'apprêtait à se représenter aussi lui-même lors de son procès devant juge et jury, mais la juge Sophie Bourque lui avait fait ressortir les dangers d'affronter un avocat d'expérience dans un procès devant jury aux règles complexes. Il avait fini par prendre un avocat à la dernière minute. C'est ainsi que Me Gratton, un permanent de l'aide juridique, a pris le dossier au vol peu de temps avant le procès, qui a débuté officiellement le 15 mai. Au terme de l'exercice, le 5 juin, le jury a rendu un verdict de culpabilité sur les accusations de vol et recel.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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