6 juin 2007


Quelques minutes après sa sortie du palais de justice de Montréal, Noma Mazhari discute avec une femme
dans un autobus de la STM. Malgré le prononcé du verdict de culpabilité
dans l'affaire des toiles volées, Mazhari se dit toujours non coupable.
photo : Alain Roberge

Nima Mazhari coupable

Au terme de deux jours de délibérations, le jury a déclaré Nima Mazhari coupable du vol et recel d’une vingtaine de toiles de l’artiste Ghitta Caiserman-Roth, aujourd’hui disparue. L’homme de 52 ans considère que ce verdict est « ridicule » et il n’écarte la possibilité d’en appeler.

Christiane Desjardins

Il était un peu moins de 17 h hier quand les dix femmes et deux hommes du jury ont annoncé leur décision. Mazhari n’a pas paru étonné et n’a pas bronché. Sa conjointe, Myriam Bédard, qui a été décrite par la Couronne comme une « complice bernée », n’était pas dans la salle d’audience puisqu’elle avait quitté le palais de justice un peu plus tôt. Le procureur de la Couronne Mario Dufresne a immédiatement demandé et obtenu du juge Wilbrod-Claude Décarie que deux nouvelles conditions de mise en liberté soient imposées à Mazhari, soit qu’il dépose son passeport et qu’il ne quitte pas le Québec.

Mazhari doit être de retour devant le tribunal ce matin afin qu’on fixe une date pour les plaidoiries sur la peine à imposer. Me Dufresne a l’intention de demander un rapport avant sentence afin d’éclairer la cour sur la peine juste à fixer. Celle-ci pourrait dépendre du bon vouloir de Mazhari. « Il faut voir s’il a encore les toiles et s’il veut les remettre, ou encore s’il peut dédommager la succession », a indiqué Me Dufresne. Les crimes de vol et recel sont passibles d’une peine maximale de 10 ans de prison, mais il serait fort étonnant que Mazhari soit condamné à une peine de prison ferme.

La théorie du complot avancée par le couple Mazhari-Bédard n’a donc pas passé la rampe. Il faut dire que la preuve à charge était plutôt bien documentée. Le jury avait en mains des photos de certaines des toiles volées, accrochées aux murs du condo de Myriam Bédard au début de l’année 2002. Plus tard, ces toiles se retrouvaient chez le père de Myriam Bédard, encore là avec photos à l’appui. Devant cette preuve accablante, le couple Mazhari-Bédard a soulevé la thèse du « montage photographique », explication que le jury a de toute évidence rejetée.

Cette histoire de vol de tableaux a été dessinée à grands traits sur un fond de déchirement familial. C’est la famille immédiate de Myriam Bédard, ainsi que son ex-agent, qui ont fait en sorte que la disparition des tableaux soit dénoncée à la police.

Ni l’artiste, fort âgée et en perte d’autonomie au moment du vol, ni sa fille, qui s’est occupée des affaires de sa mère lorsque celle-ci est devenue sénile, n’avaient porté plainte à la police. On sait aujourd’hui, même si cela n’a pas été admis en preuve, que la vieille dame s’était rendu compte qu’il lui manquait des peintures, après qu’elle eut fait déménager ses affaires de l’atelier qu’elle partageait avec Mazhari, sur le boulevard Saint-Laurent. Et elle était persuadée que c’était Mazhari qui les avait prises. Pourquoi ? Par vengeance parce que Mme Caiserman l’avait fait expulser de chez elle et parce qu’en abandonnant l’atelier, elle n’en payerait plus le loyer, selon la théorie de la Couronne. Mazhari considérait que Mme Caiserman-Roth lui devait de l’argent, et il a décidé de se payer en prenant des toiles, a fait valoir Me Dufresne dans ses plaidoiries.

Le vol est survenu au cours du mois de décembre 2001. Myriam Bédard a gardé ces toiles pendant un bout de temps dans le condo qu’elle partageait avec son conjoint de l’époque, Guy Coupal, un policier du SPVM. Lorsqu’elle a quitté celui-ci, en mars 2002, pour se retrouver avec Mazhari, elle a fait transporter les toiles chez son père à Québec. Elle aurait d’ailleurs confié à une personne de sa famille que ces peintures valaient cher, et qu’elles devaient servir pour des dons à des musées afin d’obtenir des crédits d’impôt.

Dans le courant de l’année 2002, le couple Bédard-Mazhari a coupé tous les liens avec la famille de Myriam. C’est à partir de ce moment que Pierre Bédard, père de Myriam, a commencé à se poser des questions sur l’origine des toiles, avec la suite que l’on connaît. Mise au courant de l’affaire en 2004, la police a fait enquête et Mazhari a été accusé. Mme Bédard, elle, a échappé à toute accusation.

Depuis 2002, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais les relations de Myriam avec sa famille n’ont pas changé : elle n’a plus de contacts. Pour les proches de l’ex-championne olympique, c’est Mazhari qui est la cause de cet isolement. Pendant le procès, Benoît Bédard, l’unique frère de Myriam, est venu témoigner. Cela crevait les yeux, il cherchait à accrocher le regard de sa sœur, à attirer son attention. À un certain moment, il s’est carrément approché d’elle et lui a glissé un petit papier.

L’a-t-elle lu ?


La une de La Presse
photo : Alain Roberge


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