17 mai 2007


Jean-Marc Saint-Pierre.
photo : Martin Chamberland

L'ex-agent de Myriam Bédard avait alerté la police

Connaissant les inquiétudes et les soupçons du père de Myriam Bédard, et craignant lui-même que l'athlète soit prise «dans un engrenage», l'ex-agent de l'athlète, Jean-Marc Saint-Pierre, a décidé de lancer la police sur la piste de Nima Mazhari et des tableaux suspects en avril 2004, a-t-on appris, hier, au procès de Mazhari.

Christiane Desjardins

« J'ai dit à mon associé: c'est trop gros pour nous. On devrait montrer ça aux policiers », a raconté M. Saint-Pierre, en faisant allusion aux photos représentant quatre toiles de l'artiste Ghitta Caiserman-Roth que Pierre Bédard, père de Myriam, leur avait remises en avril 2004. Ces tableaux avaient apparemment été placés chez la conjointe de M. Bédard en mars 2002, lors d'un déménagement de Myriam Bédard. Les oeuvres y étaient restées un bout de temps.

Un peu plus tôt, hier, M. Saint-Pierre avait commencé par expliquer qu'il avait commencé à travailler avec Myriam Bédard à partir de 1992, après les Jeux olympiques d'Albertville, d'abord à titre d'employé de son commanditaire, puis comme agent de l'athlète. Leur association a duré une dizaine d'années, au cours desquelles il est devenu très proche de Myriam Bédard et de toute sa famille. C'est lui qui s'est arrangé pour que son père et sa mère puissent aller aux Jeux de Lillehammer, où l'athlète a brillé en remportant une médaille d'or. Sa conjointe et lui gardaient régulièrement la fille de Myriam, a-t-il dit.

D'un commun accord, lors d'un souper dans un restaurant St-Hubert, en septembre 2002, ils ont décidé de mettre fin à leur association. Mme Bédard était alors dans son «après-carrière», a expliqué M. Saint-Pierre. Elle avait tenté une percée à la télé dans une émission appelée Talents d'aujourd'hui, avec des résultats « pas très heureux. » Au printemps 2002, elle avait commencé à travailler chez Via Rail, elle ne voulait plus faire de conférences, et il ne voyait plus très bien ce qu'il pouvait faire pour elle. Leur association s'est éteinte en «fade out», a-t-il précisé, puisqu'elle a donné les dernières conférences prévues jusqu'en janvier 2003. Après, ils ont poursuivi leur route chacun de leur côté.

Toutefois, au printemps 2004, M. Saint-Pierre a décidé d'appeler le père de Myriam Bédard, pour savoir ce qui se passait, car il entendait « toutes sortes de déclarations de Myriam dans les médias ».

Au téléphone, M. Bédard lui est apparu très «préoccupé, désemparé et craintif», au sujet de sa fille.

«Quand il me parle de ses craintes, je sais comment il peut être préoccupé. De toute la famille, c'est Myriam qui était le plus près de son père », a raconté M. Saint-Pierre. M. Bédard lui a aussi raconté que Nima Mazhari avait écrit des lettres à un concessionnaire Mercedes de Québec, dans lesquelles il le menaçait de poursuites dans des termes peu élogieux.

Après avoir raccroché, M. Saint-Pierre était inquiet à son tour. Comme son associé dans sa boîte de production télé, André Douillard, amorçait un voyage au Lac-Saint-Jean, M. Saint-Pierre lui a demandé d'arrêter à Québec pour voir le père de Myriam Bédard. Ce que M. Douillard a fait. Ce dernier est revenu à Montréal avec les photos de peintures que lui a remises M. Bédard, et il a fait un compte rendu de leur rencontre. « J'étais inquiet pour la famille et surtout pour Myriam », a-t-il précisé, hier.

C'est pourquoi il a téléphoné à la Section des crimes économiques de la police de Montréal et raconté brièvement de quoi il retournait. Une rencontre a été organisée dans les jours suivants au quartier général de la Place Versailles. Il y avait des policiers du SPVM et de la SQ à cette rencontre. M. Saint-Pierre leur a tout raconté et leur a remis les photos. Une enquête a été amorcée. Dans cette affaire, M. Saint-Pierre considère qu'il a simplement agi comme «courroie de transmission», entre M. Bédard et la police.

Hier, il a raconté dans quelles circonstances il avait entendu parler de Nima Mazhari. Ce dernier lui a téléphoné à un certain moment, peut-être au printemps 2002, pour dire qu'il était artiste photographe et qu'il avait obtenu une bourse du Conseil des arts pour un projet réunissant une centaine de femmes. Il voulait que Myriam Bédard soit l'une d'elles. « Il m'a donné des noms de gens qui avaient déjà dit oui. Des noms connus. J'en ai parlé à Myriam. Elle est allée le rencontrer au printemps ou à l'été 2002, et elle m'a dit que le projet l'intéressait. »

Le procès se poursuit aujourd'hui, avec la suite du contre-interrogatoire de M. Saint-Pierre. Nima Mazhari est accusé de vol et recel d'une vingtaine de tableaux.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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