3 avril 2007
« Le 28 novembre, j'ai dit à Myriam : La police s'en vient te chercher. Elle m'a dit :OK, puis elle a raccroché...»
Éric Thibault
Le témoignage rempli d'émotion de l'ex-conjoint de Myriam Bédard a amplement suffi à convaincre le juge Pierre Verdon de citer la championne olympique à procès sous l'accusation d'avoir enlevé une enfant en contravention avec une ordonnance de garde, au terme de son enquête préliminaire qui s'est déroulée hier, au palais de justice de Québec.
Le visage dur et l'air soucieux, l'ex-biathlète de 37 ans a entendu Jean Paquet relater au tribunal les circonstances qui l'ont privé de voir la fille de 12 ans (dont le nom est frappé d'une ordonnance de non-publication), née de leur union passée, entre octobre et décembre 2006.
« Virée sur le top »
Témoin principal de la poursuite (représentée par Me Josée Lemieux), l'entraîneur de biathlon a mentionné que durant les trois années suivant leur séparation, en 1998, «les choses allaient bien» en ce qui concernait ses droits d'accès à l'enfant, dont la garde était (et demeure) confiée à la mère. C'était avant qu'elle vire sur le top, a-t-il dit.
« Ç'a dégénéré à partir de 2001, quand elle a commencé à sortir avec (Nima) Mazari. [...] Elle négociait de plus en plus souvent mes droits de garde à la baisse. Y avait toujours quelque chose, c'était vraiment très difficile. Pour éviter la chicane, j'ai plié. Je la voyais de moins en moins souvent. »
En mai dernier, il dit avoir consenti, «avec beaucoup de réserve», à signer une demande de passeport pour sa fille, ayant « toujours eu peur que Myriam parte avec elle sans prévenir ». Elle lui aurait alors dit que c'était dans le but de l'amener en voyage en Europe et qu'il lui «faisait confiance», dit-il.
«Terrorisme bureaucratique»
Le 3 octobre, en parlant avec sa fille (alors âgée de 11 ans) au téléphone, il a appris qu'elle était à Washington avec l'accusée et Nima Mazari. Deux jours plus tard, il lisait dans un journal que le couple s'y trouvait afin de dénoncer le «terrorisme bureaucratique» qu'il disait subir au Canada.
« Le 7, j'ai appelé Myriam. J'étais bouleversé. Je lui ai demandé quand elle allait revenir. Elle a répondu qu'elle ne le savait pas. »
Un scénario qui s'est répété à plusieurs reprises lors des brefs échanges téléphoniques que Jean Paquet a eus avec sa fille et son ex-conjointe au cours des semaines suivantes. Il a même précisé que sa fille - lorsqu'il parvenait à lui parler - était «censurée» par sa mère, qui lui «soufflait les réponses».
Peur de ne plus la revoir
La gorge étranglée par les sanglots, le témoin a aussi lu un courriel qu'il a envoyé à Myriam Bédard le 17 novembre. Inquiet, il l'implorait de ne pas emmener leur fille dans cette croisade «nébuleuse», la prévenant qu'il avait demandé l'intervention de la police de Québec et se disant prêt à se rendre lui aussi dans la capitale américaine.
« Elle a besoin de stabilité, d'un environnement sain et elle doit retourner à l'école dans les plus brefs délais», écrivait-il, en ajoutant qu'il croyait «qu'elles n'allaient plus revenir ». Il a dû attendre à la veille de Noël pour la revoir, soit 48 heures après l'arrestation, en banlieue de Washington, de la double médaillée d'or des Jeux de Lillehammer, le jour même de son anniversaire.
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