
Myriam Bédard coupable
Reconnue coupable hier par le jury, Myriam Bédard demandera au juge de lui accorder une absolution inconditionnelle, le 9 octobre. Toutefois, elle sait déjà que le ministère public s'y opposera.
Richard Hénault
Il a fallu l'équivalent de deux journées complètes de délibérations aux six femmes et six hommes pour en venir à leur verdict. C'est au retour du dîner qu'ils ont avisé le juge Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, qu'ils étaient prêts à le rendre.
Assise sur le bout de son siège et visiblement tendue, la championne olympique a écouté le président du jury, un professeur à l'Université Laval et chercheur au CHUL, prononcer le mot fatidique : « coupable ».
Sept jours de procès
Après sept jours de procès, incluant les délibérations mais excluant l'audition de la requête en arrêt des procédures de l'accusée, ceci confirmait que, du début d'octobre au 22 décembre 2006, Myriam Bédard a enlevé sa fille de 11 ans contrairement aux dispositions d'une ordonnance avec l'intention de priver son ex-conjoint, Jean Paquet, de ses droits d'accès à l'enfant.
Après avoir entendu le verdict rendu contre elle, l'ancienne biathlonienne a continué à observer le jury, pianotant légèrement sur la table. Dans son visage, l'habituel sourire qu'elle affichait hors de la salle d'audience avait complètement disparu.
Tout le monde sauf Myriam Bédard et son avocat a ensuite été prié de sortir de la salle afin de donner le temps à la procureure de la Couronne, Me Josée Lemieux, d'aller rapidement préparer ses représentations sur la peine à imposer à l'accusée.
Elle ne sort pas de la salle
L'avocat de Myriam Bédard, Me John Pepper, est sorti de la salle après une vingtaine de minutes, mais l'accusée n'a pas mis le nez à l'extérieur. Pendant ce temps, son conjoint, Nima Mazhari, s'est présenté à la porte de la salle, mais on lui a interdit l'entrée de celle-ci. Il a attendu un moment, échangeant avec un certain détachement quelques banalités avec des journalistes.
Durant toutes les délibérations des jurés, d'ailleurs, Mazhari était présent au palais de justice, mais à distance de Myriam Bédard. Il avait plutôt élu domicile en quelque sorte à la cafétéria, déambulant à l'occasion dans des corridors d'étages autres que celui de la petite salle d'entrevue où attendaient sa conjointe et son avocat.
Au retour devant le juge Beaulieu, Me Lemieux s'est dite prête à faire ses représentations, mais c'est Me Pepper qui ne l'était pas. Il a demandé au juge de reporter le tout au 9 octobre pour se donner le temps de réunir la jurisprudence qu'il entend invoquer.
D'emblée, il a toutefois annoncé qu'il requerra une absolution inconditionnelle pour sa cliente. Il a aussi demandé que celle-ci continue à jouir d'une liberté provisoire, rappelant au juge que Myriam Bédard a déjà purgé deux semaines de détention provisoire à la suite de son arrestation à Washington, en décembre 2006.
N'ayant aucune objection à ce que les représentations sur la peine soient reportées au 9 octobre, la procureure de la Couronne a aussi annoncé ses couleurs : elle s'opposera à l'octroi d'une absolution. Pour sa part, le juge Beaulieu a prévenu Me Pepper qu'il n'y aura pas d'autre délai. D'ici là, Myriam Bédard devra continuer à se rapporter régulièrement à la police, condition qui lui avait été imposée lors de sa remise en liberté provisoire, au début de l'année.
Pas au bout de ses peines
L'ancienne athlète résidant à Brossard n'est toutefois pas au bout de ses peines. En effet, elle doit encore faire face à une requête en outrage au tribunal déposée contre elle en Chambre de la famille de la Cour supérieure, à Québec.
Cette requête s'inscrit dans le même dossier qui a défini son droit de garde de sa fillette et les droits d'accès de Jean Paquet. L'audition de la requête a été reportée jusqu'à ce que le dossier criminel de Myriam Bédard soit réglé.
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