
Procès de Myriam Bédard :
le jury a entrepris ses délibérations
Le jury au procès de Myriam Bédard a déjà délibéré durant tout l’après-midi, hier, sans parvenir à un verdict. En seulement trois heures, en matinée, les deux parties ont pu présenter leurs plaidoiries et le juge a donné ses dernières directives aux six femmes et six hommes avant qu’ils se retirent pour délibérer.
Richard Hénault
La question à trancher, leur a expliqué le juge Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, consiste à déterminer si Myriam Bédard a intentionnellement brimé Jean Paquet de ses droits d’accès à son enfant. Et cette intention, d’ajouter le juge, on peut la déduire des circonstances, des faits, des gestes et des paroles. En somme, les gestes de l’accusée peuvent révéler son intention et les jurés doivent être convaincus hors de tout doute qu’elle a agi en pleine connaissance de cause.
Plus tôt dans la matinée, Me John Pepper, l’avocat de Myriam Bédard, a soutenu que celle-ci n’a jamais agi pour priver son ex-conjoint de ses droits d’accès : « Comment aurait-elle pu l’empêcher d’avoir accès à l’enfant puisqu’il n’exerçait même pas ses droits ? Il n’est pas facilement joignable et il exerce sporadiquement ses droits d’accès, quand il veut et quand il peut ! »
Ayant la garde de leur fillette de 11 ans, la mère n’avait pas l’obligation de prévenir Jean Paquet qu’elle allait faire un voyage aux États-Unis, estime l’avocat. De toute façon, d’arguer Me Pepper, le père se trouvait toujours à l’extérieur pour pratiquer son métier d’entraîneur de biathlon.
Contre Jean Paquet
D’ailleurs, Me Pepper s’en est pris à Jean Paquet durant une bonne partie de sa plaidoirie. « Il dit ce qui fait son affaire, quand ça fait son affaire, a-t-il entre autres lancé emphatiquement à son sujet. C’est un gars de dernière minute ! Le problème, ce n’est pas Myriam Bédard, c’est Jean Paquet ! »
Pour sa part, la procureure de la Couronne, Me Josée Lemieux, a soutenu que Myriam Bédard ne favorise pas l’accès de M.Paquet à leur fille et, selon elle, ce n’est pas parce que la championne olympique a la garde de sa fille qu’elle n’a pas commis d’infraction. Après avoir relevé un certain nombre de contradictions et d’invraisemblances dans le témoignage de l’accusée de 37 ans, la procureure a insisté sur un point : « La seule personne qui devait être avisée du voyage aux États-Unis, soit Jean Paquet, ne l’a pas été parce qu’il n’aurait pas autorisé ce voyage, la place de l’enfant étant alors à l’école. »
La vraie question dans cette affaire, d’affirmer Me Lemieux, c’est que Jean Paquet ignorait où se trouvaient sa fille et la mère, et quand elles reviendraient. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire, c’est d’avoir voulu le savoir, croit Me Lemieux.
« Jean Paquet est le cadet et le dernier souci de Myriam Bédard, a attaqué la procureure. Elle le considère comme une parure dans la vie de leur fille. C’est elle qui décide des règles du jeu alors que ce n’est pas à elle de le faire. »
Et en réplique à son vis-à-vis, Me Lemieux a fait remarquer que M. Paquet n’a jamais passé 11 semaines (la durée du séjour aux États-Unis) sans voir sa fille.
Les jurés doivent poursuivre leurs délibérations aujourd’hui.
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