19 septembre 2007


L’ex-championne olympique, accompagnée de son avocat, Me John Pepper,
affichait son habituel sourire en arrivant au palais de justice, hier.
photo : Patrice Laroche

Le juge semonce Myriam Bédard

En rejetant la requête en arrêt des procédures qu’avait présentée l’avocat de Myriam Bédard, avant même que le jury entreprenne son travail, le juge Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, s’est montré particulièrement cinglant envers la vision de l’affaire qu’a la championne olympique et le procédé employé pour parvenir aux fins désirées.

Richard Hénault

« Avoir eu recours au témoignage de la fillette de l’accusée à titre de bouée de sauvetage pour rendre crédible son complot imaginaire n’a rien de sympathique, a écrit le juge. Il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi de sacrifier et de bafouer les intérêts de cette enfant qu’on dit intelligente, brillante et vouée à une carrière certaine. » Au cours du procès, devant le jury, Me John Pepper, l’avocat de l’accusée, a déclaré qu’il ne ferait pas témoigner la fillette pour « éviter de la traumatiser ».

La requête en arrêt des procédures a été débattue immédiatement après la sélection des jurés, mais jusqu’à ce que ceux-ci soient séquestrés pour leurs délibérations, il était interdit de publier la nature du « point de droit ». La requête était en soi « pour le moins ambiguë », a vite constaté le juge Beaulieu. Il estimait en outre que le contexte factuel soumis à l’audition de la requête démontrait l’existence d’une preuve permettant à des jurés de déclarer Myriam Bédard coupable.

Selon Me Pepper, le moyen utilisé par la poursuite à l’égard de Myriam Bédard était abusif et de mauvaise foi. « Le procureur général a utilisé une mitraillette pour tuer une mouche, a-t-il martelé ad nauseam au cours de sa plaidoirie. Ce n’est pas l’absence de deux à trois semaines qui justifiait un tel recours. »

En outre, affirmait Me Pepper sans sourciller, la démarche du procureur général contre sa cliente est de nature politique en raison de ses déclarations antérieures. Selon lui, on aurait dû se prévaloir plutôt de la convention sur les aspects civils de l’enlèvement d’enfants adoptée à la Convention de La Haye.

Après que Me Pepper eut fait entendre sa cliente, sa fille et l’enquêteur du service de police de Québec chargé du dossier, le juge a estimé qu’on n’avait aucunement fait mention des principes du droit applicable à une requête pour arrêt des procédures. Le juge Beaulieu a bien dû constater que l’argumentation de Me Pepper reposait essentiellement sur l’émotion, les sentiments et la sympathie envers Myriam Bédard, l’athlète de renommée internationale.

« Les éléments de preuve soumis ne présentent aucun iota de preuve à l’égard d’une violation quelconque d’un des droits constitutionnels ni d’abus de procédure, a conclu le juge. La thèse de l’accusée a comme toile de fond une conspiration des policiers, du procureur général, de la juge de la Cour supérieure (celle qui a enlevé la garde de sa fille à Myriam Bédard avant son arrestation), des autorités américaines et canadiennes. Cette vision purement utopique d’un complot semble faire partie de ce que le couple Bédard et Mazhari dénonce comme étant le terrorisme administratif canadien. »

Bref, en l’absence de motifs et de vraisemblance en regard du droit applicable, le juge Beaulieu a facilement conclu au rejet de la requête en arrêt des procédures.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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