« J’ai toujours offert à ma fille de la mettre sur un avion pour qu’elle revienne à Montréal, mais elle voulait rester à Washington. »
Richard Hénault
Témoignant pour sa défense, hier, Myriam Bédard a affirmé avoir laissé le choix à Marie (prénom fictif) du début d’octobre 2006, date de leur départ de Montréal, jusqu’au moment de son arrestation, le 22 décembre. La fillette de 11 ans avait aussi toute la liberté de dire ce qu’elle voulait à son père, Jean Paquet, et Myriam Bédard l’encourageait même à l’appeler.
Durant les quelque 80 jours du voyage en compagnie de Nima Mazhari, l’accusée et sa fille ont logé dans pas moins de 29 hôtels, a démontré l’accusée. Elle ne croyait toutefois pas à la véracité du mandat d’arrestation contre elle lorsqu’elle a lu une nouvelle à ce sujet, le 14 décembre, car, depuis le début du voyage, toutes les factures avaient été acquittées à l’aide de cartes de crédit. Et s’ils se sont présentés au FBI pour éclaircir la chose au lieu de contacter l’enquêteur de Québec qui lui avait déjà laissé un message, c’est parce que « le FBI était l’autorité en place ».
Selon la championne olympique, Jean Paquet n’a jamais demandé à voir leur fille à Washington et elle n’a jamais reçu les deux courriels qu’il dit lui avoir envoyés. « Je n’étais pas là pour priver le père de voir sa fille », a-t-elle d’ailleurs soutenu.
Problèmes d’horaire
Tous les problèmes de droits d’accès soulevés par Jean Paquet résultaient de problèmes d’horaire et ce dernier ne lui a jamais communiqué les siens. Selon Myriam Bédard, son ex-conjoint n’a jamais respecté non plus le préavis de cinq jours prévu dans l’entente intervenue entre eux : « Il parlait à sa fille, et moi, je le savais deux jours avant. On planifie notre vie et si Marie est libre, son père peut la voir. Il n’y a pas de problème ! » D’ailleurs, de répondre la mère, si M. Paquet avait respecté un délai raisonnable lorsqu’il a réclamé de voir Marie le 20 novembre, elle aurait trouvé une place dans un avion à la fillette.
« Je ne suis pas une personne qui veux du trouble, a-t-elle aussi assuré. Je veux la bonne entente et il faut essayer de régler les choses à l’amiable. » C’est pourquoi, selon Myriam Bédard, il est impossible qu’elle ait menacé de « faire du trouble » à son ex-conjoint.
Elle soutient avoir avisé Jean Paquet de son intention de faire un voyage aux États-Unis avec sa fille, mais aucune date n’avait été mentionnée. De toute façon, a-t-elle ajouté, elle y avait déjà fait deux voyages avec Marie et il n’y avait eu aucun problème. De plus, la fillette aurait tenté de joindre son père pour l’aviser de son départ, mais elle n’a pas obtenu de réponse.
Interrogée sur l’absence de Marie à l’école durant le voyage, Myriam Bédard a expliqué qu’elles ne devaient s’absenter que deux ou trois semaines et que, de toute façon, cette période devait être consacrée à la préparation des examens du ministère et de l’examen d’entrée au secondaire, ce que la fillette avait déjà fait sous sa supervision.
L’avocat de l’accusée, Me John Pepper, a indiqué qu’après le témoignage de celle-ci, sa preuve sera close. Ajoutant qu’il n’appellera pas Marie à la barre, il a expliqué qu’il voulait « éviter de la traumatiser » en la faisant témoigner en cour.
En début de journée, l’enquêteur Steve Desroches, du Service de police de Québec, a déclaré qu’il avait joint Nima Mazhari le 9 novembre, l’avisant qu’il désirait parler à Myriam Bédard et à Marie pour rassurer tout le monde au Québec, en particulier Jean Paquet, et pour qu’on lui indique une date de retour. Pour toute réponse, l’enquêteur a eu un message de Myriam Bédard lui signifiant simplement qu’elle l’avait rappelé. Par la suite, le policier a fait sept autres tentatives pour la joindre, mais en vain.

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