11 septembre 2007


Myriam Bédard et son avocat, John Pepper Jr.
photo : Erick Labbé

L'ex-conjoint de Myriam Bédard ignorait tout du voyage aux États-Unis

Chaque jour durant le voyage de sa fille aux États-Unis, Jean Paquet a tenté de la joindre sur le cellulaire de sa mère. Il a réussi sept fois, mais jamais elle ne lui a dit dans quel hôtel elle se trouvait, ni à quel moment elle reviendrait au Québec. Il s’est buté au même mutisme de la part de Myriam Bédard.

Richard Hénault

L’entraîneur de biathlon de 42 ans a entrepris hier son témoignage au procès de son ex-conjointe accusée d’avoir enlevé leur fille de 11 ans, du début d’octobre au 22 décembre 2006, contrairement aux dispositions d’une ordonnance de garde. Il a affirmé n’avoir jamais été avisé de ce voyage et n’avoir donc jamais donné son autorisation.

Pourtant, de dire M. Paquet, les relations avec son ex-conjointe quant à la garde de Marie (prénom fictif) se sont particulièrement bien déroulées de 1998 à 2002.

À partir de 2002, il a commencé à recevoir des lettres recommandées mentionnant, entre autres, qu’il était un mauvais père. « J’avais l’impression qu’on essayait d’éloigner ma fille de moi », a-t-il déclaré au jury.

Après qu’une nouvelle entente sur ses droits d’accès fut intervenue en 2004, les occasions de voir Marie ont de nouveau diminué en 2005. « Je sais qu’on lui suggérait de ne pas venir à Québec, a déclaré M. Paquet. Elle disait que les enfants de sa tante étaient de mauvais exemples pour elle. »

En 2006, de poursuivre le témoin, ses droits d’accès sont devenus « pratiquement nuls ». En septembre, il ne l’a pas vue du tout, Myriam Bédard prétextant que Marie devait se concentrer sur son examen d’entrée dans une école privée. Puis, au début d’octobre, le père voit dans les journaux que Myriam Bédard est rendue aux États-Unis pour lutter contre le « terrorisme bureaucratique canadien ».

« J’étais estomaqué, s’est écrié M. Paquet. Je ne pouvais pas croire ce que je lisais ! »

Avant de signer pour que Marie obtienne un passeport en vue d’un voyage en Europe que sa mère voulait faire avec elle, quelques mois plus tôt, le père avait des appréhensions. « Après la commission Gomery, elle avait dit qu’elle pourrait quitter le pays pour la Chine ou l’Afrique afin de protester contre le Canada », a-t-il expliqué.

Il avait aussi fait part à Myriam Bédard de sa crainte que sa fille et elle partent pour l’Iran, car son conjoint, Nima Mazhari, en est originaire. Balayant l’argument du revers de la main, Myriam Bédard a répliqué que Mazhari s’y ferait couper la tête.

Lorsqu’il s’est mis à craindre que sa fille ne soit plus ramenée au pays, Jean Paquet est allé rencontrer des policiers, surmontant son désir de ne pas avoir de problèmes avec son ex-conjointe et de ne pas lui en créer. « Je voulais juste voir ma fille et qu’elle soit à l’école », a-t-il expliqué.

Le 17 octobre, M. Paquet avise son ex-conjointe de sa démarche. « Si tu veux avoir du trouble, tu vas en avoir ! » lui a-t-elle sèchement répliqué.

Une fois sur deux, Marie semble distante et distraite. « C’était comme si on lui soufflait les réponses », estime son père.

Le 8 novembre, une Myriam Bédard laconique déclare : « On fait nos affaires, puis on revient. »

En plus de ses nombreux appels, Jean Paquet a envoyé deux courriels à son ex-conjointe. « Myriam Bédard, tu peux aller où tu veux, mais n’emporte pas Marie dans ton sillon nébuleux », a-t-il relu, hier, la gorge nouée.

Après deux mois, M. Paquet avait perdu espoir qu’elles reviennent et qu’il revoie sa fille. Il avise donc la mère et la fille que les policiers vont les chercher. « O.K. », réplique Myriam Bédard. Le témoin sera contre-interrogé aujourd’hui.

Tout l'entourage laissé dans l'inquiétude
Le voyage de Myriam Bédard aux États-Unis a laissé tout son entourage dans l’ignorance et dans l’inquiétude. Même à l’école de sa fille, on ignorait la date de son retour tandis que sa sœur entreprenait des démarches à Québec pour solutionner l’énigme.

Quatre autres témoins ont été entendus hier au procès de la championne olympique. D’abord, sa sœur, Chantal Bédard, a relaté qu’en octobre 2006, elle a fait part à Jean Paquet de son inquiétude quant à l’année scolaire de Marie. Elle s’est ensuite adressée à l’ambassade des États-Unis, puis elle s’est entretenue avec un membre de la GRC et un enquêteur du service de police de Québec.

Le mois précédent, a relaté Mme Bédard, elle a plusieurs fois tenté en vain de joindre Marie pour l’inviter à une fête chez elle, à Québec. Répondant à une question de l’avocat de l’accusée, Mme Bédard a lancé au sujet de sa nièce : « Quand elle avait le droit de venir à Québec, on la voyait ! Ça veut dire pas souvent ! »

Deux employées de l’école fréquentée par Marie à ce moment ont déclaré qu’au cours du mois d’octobre, Myriam Bédard les a contactées trois fois : au début du mois pour justifier une absence de deux jours, vers l’Action de grâces pour prévenir que Marie serait absente durant une semaine, et vers le 25 pour aviser qu’elle serait absente jusqu’à la fin de semaine. Après, plus rien.

Quant à Josée Le Breton, la voisine de l’accusée qui occupe l’autre partie du jumelé de Brossard, elle a indiqué qu’elle et son mari ont eu une dizaine de communications avec Myriam Bédard pendant qu’elle se trouvait aux États-Unis.

Elle se préoccupait, entre autres, de sa poubelle, de l’auto qu’elle devait rendre au concessionnaire et de la température de sa résidence. En novembre, elle a déclaré qu’elle reviendrait deux ou trois semaines plus tard.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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