Le juge Jean-Claude Beaulieu a fortement suggéré à Myriam Bédard de se faire soigner avant d’imposer une absolution conditionnelle à l’ex-athlète olympique. Pendant deux ans, Mme Bédard devra garder la paix et avoir une bonne conduite et ne pourra détenir de passeport pendant cette période.
Guy Benjamin
À plusieurs reprises dans son jugement, le magistrat revient sur l’aide dont Mme Bédard aurait besoin, et s’inquiète du bien-être de l’enfant. « Il ne fait aucun doute pour le tribunal que sans être psychiatre, ni psychologue, ni médecin, vous présentez les caractéristiques d’une personne qui a besoin d’aide », a dit le juge. Puis il ajoute : « Si vos proches sont convaincus qu’il y a lieu de vous protéger contre vous-même, un recours juridique est prévu à cet effet. »
À la fin du prononcé de la peine, le juge Beaulieu a invité Myriam Bédard à considérer que ses parents, sœur, frère, et Jean Paquet ne demandent qu’à l’aider.
La question de la dénonciation du terrorisme administratif canadien, raison du voyage de 11 semaines à Washington, a marqué le magistrat.
Lors d’une requête pour tenter de faire arrêter les procédures, le juge Beaulieu a parlé d’une vision purement utopique d’un complot. Hier, lors des représentations sur la peine, le juge a posé une seule question à l’accusée, qui disait souhaiter que son nom soit accolé à des choses positives qui peuvent aider la société.
En quoi dénoncer le terrorisme administratif est une façon d’aider la société ? a demandé le juge. Réponse nébuleuse de Myriam Bédard selon laquelle on ne doit pas tolérer l’acharnement.
Selon le juge, certains peuvent prétendre que la garde de l’enfant confié à Myriam Bédard compromet son bien-être, son intérêt et sa sécurité. Il précise ne pas avoir les pouvoirs pour intervenir.
Mais ajoute qu’il existe un recours juridique pour résoudre ce dilemme.
Toujours en pensant à l’enfant, le juge cite un courriel écrit par le père et expédié à Myriam Bédard le 17 novembre 2006 alors qu’il tentait de convaincre son ex-épouse de ramener l’enfant au Québec. « Myriam Bédard, tu peux aller où tu veux, mais n’emporte pas l’enfant dans ton sillon nébuleux. Elle a besoin de stabilité, elle a besoin d’être dans un environnement sain. »
Le jury n’a pas cru la version de Myriam Bédard et celle de Nima Mazhari parce qu’elles étaient invraisemblables, note le juge. Elles n’avaient aucune pertinence avec les éléments essentiels de l’infraction reprochée.
Le juge est d’avis que l’accusée a surtout tenté de démontrer qu’elle était une bonne mère de famille en s’occupant de la formation scolaire de l’enfant pendant le séjour à Washington.
Absence de remords
Le juge a également reproché à Mme Bédard son absence de remords en ne reconnaissant pas que son geste de priver le père de la présence de sa fille était inapproprié. « Selon votre version, tout semble être de la faute de Jean Paquet », a dit le juge.
Privée de passeport pendant deux ans, Myriam Bédard devra faire une croix sur de nombreux projets de voyages, qu’elle a énumérés hier, pour tenter de convaincre le juge de lui accorder une absolution inconditionnelle. Paris, Londres, Lauzanne, Athènes, Rome, la Slovénie et Prague sont des endroits où elle devait se rendre.
Biathlon en Inde
Il faut ajouter à la liste Las Vegas, pour un projet de complexe sportif avec un circuit intérieur de biathlon. Également, Mme Bédard dit avoir été approchée par l’Inde pour monter une équipe de biathlon.
S’ajoutent également les voyages d’accompagnement de sa fille lorsqu’elle participera à des compétitions internationales de piano. Pour l’instant, l’enfant de 13 ans participe à des compétitions régionales.
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