
Myriam Bédard évite la prison mais a besoin d'aide
Myriam Bédard évite la prison, mais le juge Jean-Claude Beaulieu a signalé mardi qu'elle présentait les caractéristiques d'une personne ayant besoin d'aide.
Rémi Nadeau
La triple médaillée olympique, reconnue coupable de l'enlèvement de sa fille, s'en tire avec une absolution conditionnelle, assortie d'une ordonnance de probation de deux ans.
Durant cette période, elle devra notamment garder la paix et éviter de se procurer un nouveau passeport, le sien ayant été déposé à la cour.
Mais en prononçant la sentence, mardi au palais de justice de Québec, le juge de la Cour supérieure a envoyé un message sans équivoque à l'ex-athlète.
« Quant à votre attitude pendant le procès et lors de votre témoignage, il ne fait aucun doute pour le tribunal que, sans être psychologue ou médecin, vous présentez les caractéristiques d'une personne qui a besoin d'aide », a prévenu le juge Beaulieu.
Il a même ajouté que « si vos proches sont convaincus qu'il y a lieu de vous protéger contre vous-même, un recours juridique est prévu à cet effet ».
Le juge, en précisant qu'une peine de détention ne serait pas appropriée, s'est permis de dire à la prévenue « que vos parents, soeur, frère et Jean Paquet ne demandent qu'à vous aider ».
Il a aussi conclu en rappelant le contenu d'un courriel que son ex-conjoint lui a fait parvenir, alors qu'elle était en cavale avec Nima Mazhari et sa fille, à Washington, pour dénoncer le terrorisme administratif canadien.
« N'emporte pas notre fille dans ton sillon nébuleux », avait écrit Jean Paquet.
La procureure de la Couronne, Josée Lemieux, avait réclamé une peine de détention pouvant être purgée dans la collectivité, en tenant compte des 14 jours de détention qu'avait déjà subis Myriam Bédard après son arrestation, le 22 décembre 2006, au Maryland.
« La demande d'emprisonnement était motivée par le besoin de dissuasion et par l'absence de remord », a-t-elle brièvement commenté.
Myriam Bédard a quitté le palais de justice avec son conjoint Nima Mazhari, sans s'adresser aux journalistes.
Son avocat, John Pepper fils, a pour sa part informé les médias qu'il avait déposé une demande d'appel du verdict de culpabilité prononcé par le jury à l'endroit de sa cliente.
Selon lui, le juge Beaulieu a erré en faits et en droit à l'égard de différents aspects, notamment dans le cadre de son adresse aux jurés.
Il a donc cherché à ne pas se compromettre dans ses commentaires à la presse.
« Mme Bédard est contente de ne pas être incarcérée, mais elle est déçue de ne pas avoir obtenu la totalité de ce que nous avons demandé, c'est-à-dire une absolution inconditionnelle », a-t-il dit, précisant que sa requête pour obtenir la permission d'en appeler sera entendue le 19 octobre.
Il a refusé de commenter l'allusion du juge à l'égard du besoin d'aide de sa cliente. « Je ne suis pas un psychiatre, je suis un avocat », a-t-il laissé tomber.
L'ex-athlète de 37 ans avait témoigné elle-même devant la cour plus tôt, dans le cadre des représentations sur sentence, priant le juge de ne pas lui imposer un casier judiciaire qui l'empêcherait de voyager.
Myriam Bédard a affirmé qu'elle avait l'intention de plaider auprès de l'UNESCO et de l'ONU pour une plus grande responsabilisation du personnel encadrant les athlètes en matière de dopage.
« Il y a des voyages à faire pour faire entendre mon point de vue. Il faut en parler à différentes instances pour que l'idée fasse son chemin », a-t-elle expliqué devant le juge, visiblement perplexe.
Le magistrat a par ailleurs pris soin de lui faire préciser que le document rédigé à cet effet avait été cosigné par Nima Mazhari.
Elle a aussi confié qu'elle avait été approchée par le colonel Kumar, un personnage qu'elle a décrit comme membre du comité olympique de l'Inde, afin de mettre sur pied une équipe olympique indienne de biathlon.
Bien que le financement de l'opération ne soit pas encore confirmé, Mme Bédard soutient qu'il y a dans ce projet une opportunité professionnelle pour les dix prochaines années, « afin qu'elle assure sa subsistance et celle de sa fille ».
Par ailleurs, parmi la panoplie de projets liés à son implication bénévole au sein du comité international de biathlon, elle a également invoqué un projet de complexe sportif doublé d'un musée, où l'on pourrait pratiquer le biathlon intérieur, à Las Vegas.
Elle a aussi émis le souhait de voir se concrétiser un projet de temple de la renommée du biathlon, précisant qu'elle devait se rendre à un congrès qui se tiendra en Slovénie en 2008.
Elle devra mettre la plupart de ces déplacements sur la glace, durant sa période de probation de deux ans.
Si elle respecte les exigences de l'ordonnance de probation, Mme Bédard retrouvera alors sa pleine liberté d'action.
Rappelons qu'un jury l'a reconnue coupable le 20 septembre dernier d'avoir enlevé sa fille de 11 ans en contravention d'une ordonnance de garde, entre le 3 octobre et le 22 décembre 2006.
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