
Myriam Bédard est reconnue coupable de l'enlèvement de sa fille
Après deux jours de délibérations, le jury a tranché : la triple médaillée olympique Myriam Bédard a été reconnue coupable, jeudi, d'avoir enlevé sa fille en contravention des dispositions d'une ordonnance de garde.
Au moment où le juré numéro six a prononcé le verdict, au palais de justice de Québec, l'ex-biathlète n'a montré aucune émotion, mais elle semblait abattue lorsque, après un bref ajournement, son avocat a demandé que les représentations sur sentence soient reportées au 9 octobre.
Me John Pepper fils a annoncé son intention de plaider une absolution pour sa cliente, afin de lui éviter un casier judiciaire.
Il a indiqué au juge Jean-Claude Beaulieu qu'il avait besoin de plus de temps pour consulter la jurisprudence à ce sujet.
Puisque la procureure de la Couronne, Josée Lemieux, ne s'est pas objectée au report des représentations, le juge Beaulieu a acquiescé à la requête de la défense, précisant que "Mme Bédard a droit à une pleine représentation".
A sa sortie de la salle d'audiences, Mme Bédard n'a émis aucun commentaire, son avocat se contentant de remercier les représentants des médias.
"Vous avez été très respectueux, on l'apprécie énormément", a commencé Me Pepper.
"Nous préférons que nos remarques soient gardées pour la cour, toutes nos représentations y seront faites", a-t-il ajouté.
Pour sa part, la procureure de la Couronne a ainsi brièvement expliqué le verdict de culpabilité: "c'est difficile de dire sur quoi les jurés ont basé leur verdict, mais je pense que nous avons démontré que Myriam Bédard est partie (aux Etats-Unis) avec l'intention de priver le père de la possession de l'enfant".
Selon Me Lemieux, "c'est probablement la force de la preuve qui a été présentée" qui a convaincu le jury de la culpabilité de l'ex-athlète de 37 ans.
L'avocate a refusé de révéler la nature de la sentence qu'elle entend réclamer le 9 octobre prochain, précisant seulement qu'elle s'opposera à l'absolution qui sera plaidée par la défense.
Me Lemieux a ajouté qu'elle tiendra compte des 14 jours de détention qu'a déjà purgés Myriam Bédard après avoir été arrêtée près de Washington, le 22 décembre 2006.
En vertu du code criminel, l'ex-athlète est passible d'une peine maximale de dix ans d'emprisonnement.
Mme Bédard a mis le cap vers les Etats-Unis le 2 octobre 2006 avec sa fille de 11 ans et son conjoint Nima Mazhari, afin de dénoncer "le terrorisme bureaucratique" dont le couple se dit victime.
La preuve a révélé qu'elle n'avait pas avisé le père, Jean Paquet, de la date de leur départ, ni ne l'avait informé de leur destination précise et de la date de leur retour.
Puis Mme Bédard n'a pas communiqué avec les autorités policières de Québec, après que son ex-conjoint l'ait prévenue qu'il allait lancer la police à ses trousses, lors d'une conversation téléphonique, le 28 novembre 2006.
Au cours de sa plaidoirie, la procureure de la Couronne avait fait valoir que Mme Bédard ne pouvait prétendre ne pas avoir eu l'intention de priver le père de ses droits d'accès.
En défense, Me Pepper fils avait plaidé qu'on ne pouvait reprocher à la mère d'avoir empêché Jean Paquet de voir sa fille, parce que ce dernier n'était pas disponible, de toutes façons.
Ce verdict de culpabilité est un coup dur pour celle qui a connu des moments de gloire olympique.
La biathlète a mis la main sur une médaille de bronze aux Jeux d'Albertville en 1992, avant de dominer sa discipline en remportant deux médailles d'or aux Jeux olympiques d'hiver de Lillehammer en 1994.
Elle est revenue sous les feux de la rampe en février 2004, quand elle a affirmé avoir été contrainte de quitter son poste chez Via Rail pour avoir remis en question certains paiements exagérés à des firmes publicitaires du Québec, dans le cadre du scandale des commandites.
En mars de cette même année, elle a stupéfait un comité de la Chambre des communes quand elle a affirmé que l'ancien premier ministre Jean Chrétien avait décidé de ne pas lancer le Canada dans la guerre en Irak sur les conseils de son conjoint, M. Mazhari.
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