
Le sort de Myriam Bédard entre les mains du jury
Le sort de Myriam Bédard repose maintenant entre les mains du jury qui a entrepris ses délibérations, mardi, au palais de justice de Québec.
Au cours de sa plaidoirie, la procureure de la Couronne, Josée Lemieux, a clamé que l'ex-athlète ne peut prétendre qu'elle n'a pas eu l'intention de priver Jean Paquet de son droit d'accès à sa fille.
Elle a entre autres rappelé que M. Paquet a avisé son ex-conjointe, le 28 novembre 2006, lors d'une conversation téléphonique, qu'il allait lancer la police à ses trousses.
Malgré cet avertissement, Mme Bédard, sa fille et Nima Mazhari sont demeurés près de Washington, sans jamais donner de date de retour ni spécifier l'endroit où ils se trouvaient, jusqu'au moment de son arrestation, le 22 décembre.
"Jean Paquet, c'est le cadet des soucis de Myriam Bédard. Elle lui a dit qu'il n'était qu'une parure dans la vie de sa fille", a précisé Me Lemieux.
La procureure a ajouté que l'accusée a sans cesse mis des bâtons dans les roues de son ex-conjoint, lorsqu'il formulait le désir de voir sa fille de 11 ans.
"Est-ce qu'on peut prêter foi au témoignage de Mme Bédard? Moi je dis que non", a-t-elle insisté, ajoutant que la femme de 37 ans n'avait pas avisé Jean Paquet de l'imminence de son départ pour Washington.
"Elle ne l'a pas fait et c'est bien simple, jamais M. Paquet n'aurait consenti à ce que sa fille parte avec le couple sans connaître la durée du voyage, dont l'objectif était de dénoncer le terrorisme bureaucratique", a dit Me Lemieux.
Elle a conclu en soutenant avoir prouvé que l'infraction reprochée à Mme Bédard a été commise.
Au contraire, Me John Pepper fils, avocat de Mme Bédard, a affirmé que la procureure de la Couronne "a failli à la tâche".
"Comment peut-on reprocher à ma cliente d'avoir privé le père de ses droits d'accès, alors qu'il n'était pas disponible de toutes façons?" a plaidé l'avocat, qui a répertorié les déplacements de l'entraîneur de biathlon, avant, pendant et après la période visée par l'acte d'accusation, entre le 3 octobre et le 22 décembre 2006.
"Le problème, ce n'est pas Myriam Bédard. Le problème, c'est Jean Paquet", a lancé Me Pepper avec véhémence.
Il a reproché à l'ex-conjoint de l'accusée "d'être un gars de dernière minute", "qui n'exerçait pas ses droits d'accès" et "qui disait ce qui faisait son affaire, quand cela faisait son affaire".
Me Pepper a relevé une déclaration faite par M. Paquet à un policier, en octobre, alors qu'il avait affirmé qu'il ne croyait pas que Mme Bédard cherchait à l'empêcher de voir sa fille.
"En octobre, il dit qu'il n'y a pas de problème. En novembre, il participait à des entraînements de ski durant les week-ends et en décembre, il était en Autriche", a-t-il plaidé.
L'avocat a insisté sur le fait que sa cliente avait la garde de sa fille et qu'elle n'avait aucune raison, selon lui, de croire que son voyage aux Etats-Unis causait un problème.
"C'est Jean Paquet qui a induit les autorités en erreur en affirmant que sa fille faisait l'objet d'une garde partagée", a avancé Me Pepper, pour mettre un terme à sa plaidoirie.
Les jurés se sont retirés pour leurs délibérations, après avoir reçu les instructions du juge Jean-Claude Beaulieu.
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