Myriam Bédard nie avoir eu l'intention d'empêcher Jean Paquet de voir sa fille au cours de l'automne 2006, alors qu'elle s'était rendue à Washington avec son conjoint Nima Mazhari pour dénoncer «le terrorisme bureaucratique canadien».
La triple médaillée olympique, qui est accusée d'avoir enlevé sa fille en contravention d'une ordonnance de garde entre le 3 octobre et le 22 décembre, a donné sa version des faits pour la première fois devant les membres du jury, mercredi, au palais de justice de Québec.
L'ex-athlète de 37 ans a soutenu qu'elle n'a jamais cherché à priver le père de son droit d'accès à sa fille.
« Elle avait la liberté de s'entretenir avec lui comme elle le voulait (au téléphone) et je lui ai dit à plusieurs reprises : si tu veux le voir, je peux te mettre dans le prochain vol pour Montréal », a-t-elle déclaré, précisant que sa fille a chaque fois décliné cette offre.
« Il n'y a pas de problème, c'est un vol direct, tu peux être à Montréal dans trois heures », a insisté l'accusée.
Contrairement à ce qu'a affirmé Jean Paquet devant la cour, Mme Bédard soutient qu'elle l'a avisé de son intention de se rendre aux États-Unis avec sa fille et son conjoint Nima Mazhari, sans toutefois lui révéler une date de départ.
« Quand M. Paquet appelle pour voir sa fille, c'est souvent avec moins de 48 heures de préavis alors que nous, on planifie notre vie », a-t-elle dit, ajoutant qu'« on ne sait jamais où est M. Paquet ni quel est son horaire ».
Par ailleurs, Myriam Bédard a raconté que jamais, lors de ses entretiens téléphoniques, Jean Paquet n'a manifesté le désir de voir sa fille de 12 ans.
Elle a aussi prétendu qu'elle avait offert à la fillette de se faire garder chez une amie, en octobre 2006, avant de l'emmener avec elle et Nima Mazhari à Washington.
Son témoignage, livré avec aplomb, comportait toutefois certains éléments stupéfiants.
Elle a affirmé que Jean Paquet avait été en compagnie de sa fille pendant 16 jours, 9 heures et 21 minutes, au cours de l'année 2006, révélant ainsi qu'elle avait comptabilisé la durée de ses droits d'accès avec une précision chirurgicale.
Mme Bédard a ajouté que, depuis février dernier, M. Paquet aurait bénéficié de droits d'accès de 10 jours, 10 heures et 43 minutes.
« Dans mon agenda, je prends tout en note, tout en détails », a lancé Mme Bédard, qui justifie cette manie par la nécessité de conserver des éléments de documentation, advenant que M. Paquet décide d'entreprendre des recours légaux pour obtenir la garde de sa fille.
Puis, toujours sans hésiter et en regardant régulièrement en direction des jurés, elle a reconnu avoir séjourné dans 29 hôtels différents au cours de son périple d'un peu plus de trois mois dans le secteur de Washington, avec sa fille et M. Mazhari.
Elle se défend toutefois de s'être comportée comme si elle était en cavale, précisant qu'elle avait la garde légale de sa fille et qu'elle poursuivait l'éducation de celle-ci, en utilisant des manuels scolaires.
Corroborant la version de son conjoint Nima Mazhari, Mme Bédard a affirmé qu'ils avaient l'intention de rentrer à Montréal le 14 décembre, lorsqu'elle a appris qu'elle faisait l'objet d'un mandat d'arrestation pour enlèvement.
« J'étais surprise et choquée parce que, dans l'article que j'ai lu sur Internet, il était question de garde partagée, ce qui est faux », a-t-elle dit.
Puis, comme l'avait fait M. Mazhari la veille, elle a expliqué pourquoi le couple s'est adressé directement au FBI, plutôt que de chercher à entrer en contact avec la police de Québec.
« On a demandé au FBI s'il y avait vraiment un mandat contre moi. Je ne pouvais le croire. Puis on leur a précisé qu'on resterait dans les alentours de Washington, qu'ils n'avaient qu'à venir nous chercher si c'était le cas. »
Myriam Bédard a ajouté qu'elle payait l'ensemble de ses factures avec sa carte de crédit et qu'elle était donc facile à retracer.
Elle complétera son témoignage jeudi, puis sera contre-interrogée par la procureure de la Couronne, Me Josée Lemieux.
L'avocat John Pepper devrait aussi conclure sa défense.
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