
Jean Paquet avait perdu espoir de revoir sa fille
L'ex-conjoint de Myriam Bédard, Jean Paquet, avait perdu espoir de revoir sa fille lorsqu'il a lancé la police à la recherche de l'ex-médaillée olympique, l'automne dernier.
Rémi Nadeau
C'est ce qu'il a affirmé lors de son témoignage, lundi, au procès devant jury de Myriam Bédard, accusée d'avoir enlevé sa fille en contravention d'une ordonnance de garde, entre le 3 octobre et le 22 décembre 2006.
Il a raconté que c'est sa fille de 11 ans qui lui a appris qu'elle était aux États-Unis avec sa mère et son conjoint Nima Mazhari, le 4 octobre, alors que le couple était parti dénoncer le «terrorisme administratif canadien».
M. Paquet a soutenu qu'il n'avait eu que de courtes conversations téléphoniques avec sa fille et Myriam Bédard, au cours desquelles il n'arrivait à obtenir aucune réponse à ses questions.
« Je ne pouvais jamais savoir où ils étaient, dans quel hôtel ils logeaient et surtout, à quel moment ils comptaient rentrer au Canada », a précisé le témoin appelé à la barre par la procureure de la Couronne, Me Josée Lemieux.
Il a affirmé qu'il avait tenté de les rejoindre à répétition, au téléphone, la plupart du temps sans succès, en octobre et novembre.
« Si tu veux du trouble, tu vas en avoir », lui aurait dit Bédard le 17 novembre et, lorsqu'il l'a avertie qu'il allait lancer la police à ses trousses, elle aurait seulement répondu « OK ».
« Je n'en croyais pas mes oreilles », a témoigné M. Paquet, qui a confié qu'il avait alors perdu espoir de revoir sa fille.
Il a d'ailleurs précisé qu'à l'été 2006, avant de signer les papiers nécessaires pour que sa fille obtienne son passeport, à la demande de Myriam Bédard, il lui avait alors confié qu'il avait peur qu'elle quitte le pays pour suivre Nima Mazhari en Iran.
Mme Bédard aurait répliqué qu'il n'avait rien à craindre, parce que « si Nima se rendait en Iran, il se ferait couper la tête ».
Calme durant son témoignage, M. Paquet s'est décrit comme « un gars qui ne veut pas de problèmes, qui voulait que sa fille retourne à l'école ».
Plus tôt, la soeur aînée de Myriam Bédard, Chantal, a raconté qu'elle s'était inquiétée du sort de sa nièce lorsque la triple médaillée olympique a quitté le Canada avec M. Mazhari.
Elle a d'abord indiqué qu'elle avait trouvé bizarre le motif pour lequel l'accusée avait mis le cap vers les États-Unis, puis elle a ajouté qu'elle déplorait les absences de sa nièce en classe.
Sans croiser le regard de sa soeur, Chantal a précisé qu'elle avait cherché à savoir où se trouvaient Myriam et sa fille, sans succès, durant l'automne.
L'avocat de la défense, Me John Pepper, a pour sa part mis en lumière le fait que Chantal avait eu peu de contacts avec sa nièce au cours des dernières années, ce à quoi elle a répliqué qu'« on la voyait quand elle avait le droit de venir à Québec ».
Questionnée par Me Pepper, Chantal Bédard a aussi reconnu qu'elle avait utilisé les services du notaire Henri Chrétien, le cousin de l'ex-premier ministre du Canada Jean Chrétien, qui a rédigé pour elle une lettre qui a permis à sa fille de voyager avec sa nièce et Myriam Bédard en 2002.
L'avocat de la défense n'a toutefois pas donné d'indications sur l'objectif de ses questions à ce sujet.
Le tribunal a aussi entendu deux employées de l'Académie Marie-Laurier, située à Brossard, école que fréquentait la fille de Myriam Bédard.
La réceptionniste de l'école a affirmé que Myriam Bédard l'avait prévenue des absences de sa fille à quelques reprises, mais qu'elle n'avait plus donné de nouvelles à compter du 25 octobre.
Myriam Bédard, âgée de 37 ans, a écouté les témoins en formulant à plusieurs reprises des recommandations à son avocat.
Elle n'a formulé aucun commentaire aux représentants des médias, mais Me Pepper a affirmé « qu'elle avait hâte que débute ce procès qu'elle attend depuis longtemps ».
Son père et sa mère ont assisté ensemble à la première journée d'audiences, qui a permis d'entendre cinq témoins.
Le procès se poursuivra mardi avec le contre-interrogatoire de Jean Paquet.
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