Myriam Bédard, coupable. Coupable d'avoir enlevé son enfant, depuis hier. Mais surtout coupable d'aimer Nima.

Nima, c'est Nima Mazhari. Et pour comprendre la fulgurante descente aux enfers de Myriam Bédard, championne olympique, il faut comprendre la dynamique de sa relation avec Nima Mazhari, son chum depuis 2001.
Fin 2006, j'ai fouillé pendant deux semaines, à Montréal et à Québec, pour faire le portrait du couple. Bédard et Mazhari étaient alors en fuite aux États-Unis, introuvables. Un mandat d'arrêt international avait été lancé, la championne de biathlon ayant illégalement emmené sa fille avec elle, pour fuir ce désormais légendaire «terrorisme bureaucratique» dont elle se disait victime, avec son chum.
J'ai parlé à la famille de Bédard. J'ai parlé à des gens qui, à Québec, ont côtoyé le couple quand celui-ci s'est lancé en affaires, à Lévis. À d'anciens amis de Bédard. À des Montréalais qui avaient, jadis, côtoyé Nima Mazhari.
Et tous m'ont certifié ceci: Myriam Bédard était sous l'emprise totale de Nima Mazhari. Après avoir rencontré l'homme d'origine iranienne, «elle est devenue distante», m'a confié sa mère, Francine.
Et Bédard est devenue franchement bizarre. Elle s'est mise à croire à des sornettes. Aux sornettes de Nima Mazhari. Un ancien ami a eu la surprise de sa vie quand, post-11 septembre, la championne lui a dit que son Nima savait depuis longtemps que ces attaques se préparaient. «Et elle le croyait», m'a-t-il dit, déprimé.
Petit à petit, en fait, Myriam Bédard a glissé dans une sorte de triangle des Bermudes, dans un univers parallèle où le réel est fort différent. Dans cet univers, Bédard orbitait, comme une astronaute dont le cordon la reliant à la navette se serait rompu, autour d'un soleil aux cheveux hirsutes: Nima Mazhari. Un manipulateur, un beau parleur hors pair. Un énigmatique conteur d'histoires à dormir debout.
C'est clair : Myriam Bédard a été ensorcelée par son nouveau chum. À Lévis, en 2003, un entrepreneur s'est lié d'amitié avec le couple. Un jour, alors qu'il faisait des travaux dans un des immeubles du couple, Myriam lui a juré ceci : « Nima tire mieux à la carabine que moi »
Soulignons, ici, que le biathlon exige de l'athlète des aptitudes de tireur d'élite. Que Myriam, en son temps, fut une Tiger Woods du tir.
Puis, en mars 2004, Bédard est allée témoigner à Ottawa, en marge de ce qui devenait le scandale des commandites. Ce jour-là, la reine de Lillehammer s'est révélée publiquement comme la freak qui inquiétait ses proches depuis longtemps. Ce jour-là, elle a révélé que si le Canada ne s'était pas engagé en Irak aux côtés des États-Unis, «c'est parce que Nima Mazhari a donné plusieurs conseils au premier ministre» Chrétien.
Houston, we have a problem...
Bédard, depuis 2001, est comme dans une secte. Dont elle est la seule disciple. Et où il n'y a qu'un seul gourou, Nima Mazhari.
C'est cet amour, tordu et tout-puissant, qui a fait tonner ce mot, COUPABLE, dans la vie de Myriam Bédard, hier après-midi.
Fera-t-elle de la prison pour l'enlèvement de sa fille ? Bonne question.
En voici une meilleure : Bédard sortira-t-elle un jour de prison ?
Mais non, pas celle de l'État.
Celle de Nima.
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