5 septembre 2007


photo : Stevens LeBlanc

Six femmes et autant d’hommes, dont l’impartialité ne semble pas avoir été teintée par l’accusation d’enlèvement portée contre Myriam Bédard et le battage médiatique entourant cette affaire, ont été chargés de juger l’ex-championne olympique, hier.

Éric Thibault

Le juge Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, de même que les procureurs de la poursuite et de la défense ont dû interroger une cinquantaine de candidats jurés, parmi la centaine convoqués au palais de justice de Québec, afin de constituer le jury qui siégera au cours de ce procès d’une durée prévue de deux à trois semaines.

La tâche des 12 jurés ne débutera cependant pas avant lundi. Le juge leur a donné congé pour le reste de la semaine, afin de disposer de certaines questions de droit qui lui seront plaidées par les procureurs et dont la nature est frappée d’une ordonnance de non-publication.

Myriam Bédard est accusée d’avoir enlevé sa fille, du 3 octobre au 22 décembre 2006, en contravention d’une ordonnance de garde rendue par un tribunal, dans le but de priver le père de la garde de l’enfant.

Son conjoint et son «ex» témoigneront
Tout de noir vêtue et un sourire accroché en quasi-permanence au visage, comme c’est devenu son habitude à chacune de ses présences en cour, Myriam Bédard s’est refusée à tout commentaire devant les journalistes. Une consigne qu’elle respectera jusqu’à la fin du procès, a fait savoir son avocat, Me John Pepper Jr.

L’ex-biathlète originaire de Loretteville et maintenant résidant à Brossard s’est toutefois fait entendre devant le tribunal, en l’absence du jury, en après-midi. Le tribunal interdit de rapporter publiquement ces propos, livrés dans un français marqué d’un léger accent rappelant même parfois celui de son conjoint actuel, l’artiste Nima Mazhari.

Ce dernier témoignera d’ailleurs au cours du procès. La procureure de la poursuite, Me Josée Lemieux, a annoncé, hier, qu’elle ferait entendre huit témoins, dont Mazhari, la sœur de l’accusée (Chantal Bédard), ainsi que son ex-conjoint et père de l’enfant, l’entraîneur de biathlon Jean Paquet.


Toujours souriante dans les couloirs du palais de justice, Myriam Bédard
a décidé d’observer un silence médiatique durant son procès.
photo : Stevens LeBlanc

Le «statut d’athlète»
La grande majorité des candidats jurés ont convenu que l’affaire ne leur est déjà pas inconnue. L’important était de déterminer s’ils avaient développé un parti pris, si leur idée sur l’issue de la cause était déjà faite à partir des articles de journaux qu’ils ont lus ou des reportages vus à la télé ou entendus à la radio. Cet exercice n’est pas toujours évident.

Plusieurs candidats ont reconnu qu’ils étaient influencés par la médiatisation de l’«affaire Bédard» et qu’ils ne se sentaient pas capables d’en faire abstraction. Cette médiatisation a d’ailleurs valu à certains journalistes un avertissement bien senti du juge Beaulieu, hier, à la suite de reportages parus depuis la semaine dernière.

Le juge a demandé à plusieurs candidats si «le statut d’athlète» de l’accusée pouvait teinter leur jugement. Une femme, qui a dit travailler à la base de Valcartier (où se trouve le centre d’entraînement de biathlon baptisé en l’honneur de Myriam Bédard), a même témoigné de son admiration pour la double médaillée d’or. Elle a donc été écartée pour cause de partialité apparente.

La candidature d’un jeune homme a également été rejetée après que ce dernier eut informé le tribunal qu’il avait déjà été «faussement accusé» de voies de fait et de menaces par son «ex». Prêchant pour sa paroisse, Me Pepper a admis qu’il l’aurait bien aimé au sein du jury...

Chiffre malchanceux ou ascenseur défectueux ?
Au sortir du procès de Myriam Bédard, un groupe de 13 personnes - sept journalistes (dont l’auteur de ces lignes), quatre procureurs de la poursuite et deux enquêteurs de la police de Québec - sont demeurés coincés dans un ascenseur vitré du palais de justice pendant une quarantaine de minutes, hier, en fin d’après-midi. L’absence involontaire des procureurs a d’ailleurs forcé le juge à ajourner le procès de façon prématurée. Personne n’était fâché de voir arriver le technicien de la compagnie d’entretien Thyssenkrupp à la rescousse, dont c’était la deuxième «mission» au palais de justice en quelques heures seulement. En matinée, une bonne douzaine de visiteurs étaient restés prisonniers du même ascenseur pendant 50 minutes. Bref, pour une fois, les avocats de la défense, qui estiment que les journalistes assignés à la couverture des affaires judiciaires sont trop «collés sur la couronne», n’avaient pas tort...


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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