Le procès de Myriam Bédard
L’avocat de Myriam Bédard a fait sursauter le juge en laissant entendre que sa cliente avait fait condamner Jean Lafleur et Jean Brault, deux des principaux acteurs du scandale des commandites !
Éric Thibault
En plaidant cette requête en arrêt des procédures, Me John Pepper a argué que l’arrestation et la mise en accusation de la médaillée olympique étaient « un dossier à caractère politique » en raison de son témoignage remarqué devant le comité des comptes publics, avant la commission Gomery, sur le scandale des commandites.
« Je vous dis que c’est orchestré ! a-t-il martelé. Quand on pense que Jean Lafleur et (Jean) Brault sont tous allés en prison par rapport à ce que Mme Bédard a dit sur VIA Rail... »
« Quoi ? l’a aussitôt interrompu le juge, incrédule. Vous dites que c’est Mme Bédard qui a fait condamner Lafleur ? Hé ! »
Me Pepper n’a pas cru bon développer cet argument à la suite de l’intervention du juge. Il a par contre fait l’éloge de sa cliente, « une championne olympique », « une dame qui a représenté le Canada de façon extraordinaire, qui a fait plus pour le Canada que vous et moi ! Est-il possible de concevoir qu’elle ait été dépossédée de son enfant ? J’en reviens pas », a-t-il lancé, le 5 septembre.
Myriam Bédard a également témoigné parallèlement à cette requête. Elle a notamment expliqué qu’elle avait eu peur pour sa sécurité durant sa détention aux États-Unis.
« J’ai été amenée en prison et placée en isolation dans une chambre froide pendant cinq jours. Je ne pouvais en sortir qu’une heure par jour pour prendre ma douche. J’ai ensuite été transférée dans la population générale, contrairement à ce que j’avais demandé. Il y avait des criminelles, des gens qui ont vendu de la drogue ou tué des gens. Par les médias, les détenues pouvaient être au courant que j’étais là. Étant une personnalité publique, ça pouvait jouer en ma défaveur. »
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