19 septembre 2007

Le procès de Myriam Bédard

Aux 12 jurés de décider

Le sort de Myriam Bédard est maintenant entre les mains d’un jury à qui la poursuite a demandé de ne pas croire les invraisemblances de la médaillée olympique et auprès duquel la défense a argué que c’est son ex-conjoint qui était «le problème».

Éric Thibault

Premier à livrer sa plaidoirie, l’avocat de l’ex-biathlète, Me John Pepper, a eu pour cible principale l’ex-conjoint de sa cliente et père de leur fille de 12 ans, Jean Paquet. Il a tenté de convaincre les six femmes et six hommes appelés à rendre verdict que Myriam Bédard n’a pu enlever sa fille aux États-Unis, du 2 octobre au 22 décembre 2006, avec l’intention d’en priver le père, puisque ce dernier (entraîneur de l’équipe nationale de biathlon) n’exerce pratiquement pas ses droits d’accès à l’enfant.

« En octobre, il a admis à la police qu’il n’avait pas de problème avec le voyage (de l’accusée). En novembre, il s’entraînait en ski les fins de semaine où il a des droits d’accès. Et en décembre, il était en compétition en Autriche. Il n’a exercé que 17 jours en 2006 et encore moins en 2007, soit dix jours. C’est pas fort ! Mme Bédard a la garde légale de sa fille, elle s’en occupe bien. Elle a sa vie à mener, mais doit faire affaire avec quelqu’un qui exerce (ses droits d’accès) sporadiquement, qui donne signe de vie quand il veut et quand il peut. Le problème, ce n’est pas Myriam Bédard. Le problème, c’est Jean Paquet ! »

Il a réitéré que sa cliente « n’avait aucune raison de croire qu’il y aurait un problème » en quittant pour Washington avec sa fille (ayant alors 11 ans) et son conjoint, Nima Mazhari. Il a fait valoir qu’elle n’avait pas tenté de s’esquiver, qu’elle s’est présentée au FBI en apprenant qu’elle était recherchée.

« Il s’est tenu debout devant elle »
Toutefois, la procureure de la poursuite, Me Josée Lemieux, a répliqué en énumérant plusieurs contradictions et invraisemblances dans le témoignage de Myriam Bédard, estimant qu’elle « a elle-même mis en doute sa crédibilité » (leurs 42 changements d’hôtels, qu’ils avaient le seul camion BMW bleu dans la capitale américaine, qu’elle était prête à placer sa fille de 11 ans seule dans le premier avion si elle avait voulu revenir...).

Me Lemieux a également cherché à démontrer aux 12 jurés que Myriam Bédard n’a jamais informé son ex-conjoint qu’elle partait à Washington avec leur fille pour une durée indéterminée en sachant très bien que celui-ci aurait refusé, compte tenu des raisons de ce voyage, « combattre le terrorisme bureaucratique canadien ».

« À partir du moment où Jean Paquet l’a avertie qu’elle ne lui donnait pas le choix et qu’il avait prévenu la police (début novembre), tous les gestes de l’accusée ont été faits dans le but de priver le père » de voir sa fille, selon la procureure. Il est d’ailleurs révélateur que l’ex-biathlète ait répondu par un simple «OK» quand Paquet l’a avertie, une semaine plus tard, que « la police s’en allait la chercher », plutôt que de revenir au Québec ou d’appeler l’enquêteur chargé du dossier à la police de Québec.

« Jean Paquet est le cadet des soucis de Myriam Bédard, a plaidé Me Lemieux. Elle a parlé plus souvent à sa voisine (13 fois) qu’au père de sa fille (neuf fois) durant ce voyage de 11 semaines. Il s’est tenu debout devant elle. Plus le temps passait, plus il était sûr qu’il ne reverrait plus sa fille. Il a clairement manifesté son intention de voir l’enfant. Mais c’est Myriam Bédard qui décide des règles du jeu, alors que ce n’est pas à elle d’arbitrer la partie avec sa fille. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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