19 septembre 2007

Le procès de Myriam Bédard

Un « complot imaginaire » ! - Le juge Beaulieu

Myriam Bédard a fait témoigner sa fille devant le tribunal, quelques jours avant son procès, en l’utilisant comme «bouée de sauvetage» pour «rendre crédible» son «complot imaginaire» des autorités contre elle.

Éric Thibault

Le juge Jean-Claude Beaulieu n’a pas été tendre envers les arguments invoqués et les moyens mis de l’avant par la championne olympique au soutien de sa requête en arrêt des procédures «pour le moins ambiguë», présentée la semaine précédant le début du procès. Comme les jurés sont maintenant séquestrés en attendant de rendre leur verdict, le MédiaMatinQuébec peut maintenant révéler ce qui s’est passé pendant que ces fameux points de droit étaient alors débattus sous ordonnance de non-publication.

En rejetant cette requête, le 7 septembre, le magistrat s’est montré cinglant en constatant que la défense prétendait devant lui que l’accusation portée contre l’ex-biathlète « est de nature politique en raison de ses déclarations antérieures » - référence au témoignage controversé rendu par Myriam Bédard devant le comité des comptes publics, sur le scandale des commandites, en mars 2004 (elle y avait dit, entre autres, que c’est sous les conseils de son copain Nima Mazhari que l’ex-premier ministre Chrétien a décidé de ne pas envoyer les troupes canadiennes faire la guerre en Irak).

Et que la championne olympique était victime d’une « conspiration des policiers, du Procureur général, de madame la juge de la Cour supérieure (celle qui a accordé la garde temporaire de la fille de Myriam Bédard à son père, Jean Paquet, le 22 décembre), des autorités canadiennes et américaines ».

« Cette vision purement utopique d’un complot semble faire partie de ce que le couple Bédard-Mazhari dénonce comme étant le terrorisme administratif canadien », a tranché le juge, en ajoutant que pareille argumentation n’avait aucune « vraisemblance en regard du droit applicable ».

Les intérêts de l’enfant, «bafoués»
Le juge a tenu ses remarques les plus vitrioliques pour l’accusée après que celle-ci eut décidé de faire témoigner sa fille de 12 ans – celle que la double médaillée d’or est inculpée d’avoir enlevée - devant le tribunal, le 5 septembre. L’enfant était essentiellement venue relater qu’elle avait vu un livre portant sur «l’enlèvement international d’enfants» chez son père, durant les Fêtes, après l’arrestation de sa mère. Ce témoignage n’a duré que quelques minutes, mais dont la pertinence a été remise en question par le juge.

« Il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi de sacrifier et de bafouer les intérêts de cette enfant qu’on dit intelligente, brillante et vouée à une carrière certaine », a-t-il dit. La défense a d’ailleurs estimé qu’il était préférable de ne pas ramener la jeune élève à la barre des témoins au cours du procès.

Le juge Beaulieu avait «exceptionnellement» accepté d’entendre la requête de la championne olympique pendant que les membres du jury avaient reçu congé, les 4 et 5 septembre. L’ex-biathlète originaire de Loretteville arguait que l’accusation portée contre elle devait être cassée sur-le-champ, notamment en raison d’une violation de ses droits constitutionnels et d’abus de pouvoir par le Procureur général du Québec.

Son avocat plaidait que la police de Québec a faussement invoqué une «garde partagée» de l’enfant pour obtenir l’émission par un juge du mandat d’arrestation contre Myriam Bédard, induisant ainsi en erreur les autorités américaines qui l’ont appréhendée le 22 décembre. Il soutenait aussi que la poursuite «a utilisé une mitraillette pour tuer une mouche» en faisant extrader sa cliente. Le juge a toutefois estimé qu’il n’y avait «aucun iota de preuve» lui permettant de conclure en sa faveur.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive