14 septembre 2007


photo d'archives : Stevens LeBlanc

29 hôtels en 81 jours

C’était la faute du chien

Myriam Bédard a trimbalé sa fille d’hôtel en hôtel 42 fois en 81 jours, dans la région de Washington, parce qu’ils étaient « pris avec son chien ».

Éric Thibault

L’ex-biathlète de 37 ans a terminé son témoignage, hier, à son procès pour enlèvement. La preuve de la poursuite et de la défense étant close, le juge Jean-Claude Beaulieu a ajourné l’audition du procès à mardi, lorsque les procureurs des deux parties livreront leurs plaidoiries devant les membres du jury.

D’entrée de jeu, la médaillée olympique est revenue sur leurs nombreux changements d’hôtels durant ce voyage litigieux à l’origine de son arrestation, évoqués la veille.

Ainsi, l’accusée, sa fille (ayant alors 11 ans) et son conjoint, Nima Mazhari, ont changé d’hôtel à 42 reprises entre leur arrivée à Washington, le 2 octobre 2006, et la date de son arrestation, le 22 décembre. En tout, ils ont séjourné dans 29 hôtels au total (étant retournés dans certains hôtels qu’ils avaient quittés), tous situés à moins de 40 minutes du centre-ville, a-t-elle précisé.

Bien que son avocat, Me John Pepper, ait minimisé la question en la qualifiant de «gugusse», Myriam Bédard a fourni une enfilade d’explications au tribunal (« c’est la première fois que j’allais à Washington », « on n’avait aucune idée où rester », « il fallait respecter notre budget », « on négociait beaucoup pour avoir un prix abordable », « on n’avait pas de tarif préférentiel parce qu’on n’était membre d’aucun club », « on a eu un bon prix dans un Hilton parce qu’ils considéraient que mon conjoint était dans l’Âge d’or »...).

Mais sa principale explication a tourné autour du petit chien de sa fille, Soli, sans lequel il aurait été «impensable de quitter» le Québec. « C’est ce qu’il y a de plus précieux à ses yeux. Elle en voulait un depuis sa naissance, j’ai toujours refusé, mais elle l’a gagné avec ses (notes de) 100 % » à l’école, a-t-elle fait valoir.

« C’était un défi » de trouver de l’hébergement dans ces circonstances «problématiques», d’après l’accusée. Plusieurs hôtels refusaient les animaux. Soli – qui a reçu des vaccins dans la capitale américaine et dont il ne fallait pas négliger le toilettage – a dû passer sa première nuit de voyage dans leur véhicule utilitaire sport BMW bleu et il a déclenché le système d’alarme.

« On n’était pas cachés »
Le couple a néanmoins continué à changer d’adresse (deux jours sur trois en octobre, presque aux deux jours en novembre et décembre), même s’ils ont fini par trouver un hôtel «à bon prix» pour eux et pour le chien, d’après l’accusée. Et même si « ma fille avait ses places préférées ».

« On n’a jamais essayé de se cacher. On était très évidents. On voulait seulement rester là sans trop bouger tant que le FBI ne nous rappelait pas », a-t-elle répété, rappelant que le FBI avait des copies de leurs passeports et les coordonnées de leur véhicule (« j’en ai pas vu d’autre comme ça là-bas ») et qu’elle n’avait pas de preuve qu’un mandat d’arrestation avait été émis contre elle (« j’ai seulement lu des articles de journaux » qui en parlaient le 14 décembre).

En contre-interrogatoire, Me Josée Lemieux a choisi de ne pas étirer la sauce. À peine 11 petites minutes lui ont servi à préciser deux points : l’accusée avait-elle avisé personnellement Jean Paquet (son ex-conjoint et père de l’enfant) dans les jours précédents qu’elle partait à Washington avec leur fille et lui avait-elle mentionné une date de retour ? L’ex-biathlète a fini par répondre dans la négative.

Myriam Bédard n’a fait aucun commentaire public, hier, mais son avocat a dit qu’ils restaient «optimistes».


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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