13 septembre 2007

29 hôtels en 80 jours

Myriam Bédard s’est défendue d’avoir voulu esquiver la justice et priver son ex-conjoint de leur fille en amenant celle-ci à Washington, en dépit du fait qu’elle y ait changé d’hôtel 29 fois en 80 jours environ.

Éric Thibault

La double médaillée d’or olympique des Jeux de Lillehammer a entrepris de témoigner pour sa défense, hier, au troisième jour de son procès pour enlèvement, devant juge et jury. Volubile à souhait, l’accusée a même précisé qu’elle, sa fille et son conjoint, Nima Mazhari, avaient séjourné dans au moins 29 hôtels différents dans les environs de la capitale américaine, du 2 octobre au 22 décembre dernier.

Cette information n’avait pas été rendue publique jusqu’ici, mais était déjà connue de la police de Québec par les relevés de carte de crédit de l’ex-biathlète, qui disait payer «tout» avec sa carte au cours de ce voyage. Myriam Bédard n’a toutefois pas eu l’occasion d’expliquer pourquoi ils ne restaient pas en place plus de trois jours d’affilée. La réponse viendra peut-être ce matin, à la reprise du procès.

La veille, Nima Mazhari avait évoqué à ce sujet la nécessité de trouver des endroits «pas trop chers», «convenables» pour une enfant et pouvant héberger le chien du couple, qui les accompagnait.

Un voyage «comme d’habitude»
Les motifs de ce fameux voyage (dénoncer le «terrorisme bureaucratique canadien») sont restés sous silence hier. Toutefois, la cliente de l’avocat John Pepper a maintenu qu’ils étaient «supposés revenir au Québec» avant son anniversaire de naissance et celui de sa fille, le 22 décembre, puisqu’on avait planifié à l’avance une fête à laquelle une bonne amie de l’enfant de 12 ans était déjà invitée.

Myriam Bédard a déclaré que sa fille voulait partir avec eux dans la capitale américaine, même si elle avait le choix de rester au Québec chez une gardienne. Quant au fait que ce voyage a fait rater plusieurs semaines d’école à sa fille, la championne olympique a dit qu’« on savait qu’elle ne manquait pas grand-chose », parce qu’elle était en avance sur le programme d’études au moment de partir. « Je n’étais pas inquiète », a-t-elle plaidé, ajoutant qu’elle avait amené des livres de classe pour sa fille dans leurs bagages.

À Washington, Myriam Bédard a même soutenu qu’elle avait offert plusieurs fois à sa fille de la placer dans le premier avion pour Québec ou Montréal si elle souhaitait revenir seule ou « si elle était tannée ». « Ça aurait pris trois heures, c’est pas compliqué. Mais elle voulait rester. »

Myriam Bédard a mentionné qu’« un voyage aux États-Unis a été discuté » avec son ex-conjoint, Jean Paquet, en mai 2006, plus de quatre mois avant de quitter, mais sans lui donner de date précise de départ ni de destination. « Pour moi, je partais comme d’habitude et j’avais toujours eu une bonne entente avec M. Paquet quand il était question de voyager avec notre fille », a-t-elle dit.

Elle a ajouté que la seule crainte du père était qu’elle amène sa fille en Iran, ce qu’elle a qualifié de «ridicule», puisque son conjoint d’origine iranienne est réfugié politique au Canada depuis une vingtaine d’années et qu’« il est contre le régime islamique ».

Selon elle, Jean Paquet « n’a jamais demandé à voir sa fille quand nous étions à Washington ». Elle a expliqué n’avoir «jamais reçu» les deux courriels à cet effet que le père soutient lui avoir envoyés, en novembre 2006, sur une adresse qu’il n’avait pas utilisée depuis mai 2004.

« Surprise et choquée »
L’ex-biathlète s’est dite «surprise et choquée» en apprenant d’un article sur Cyberpresse, le 14 décembre, qu’un mandat d’arrestation avait été émis contre elle, parce que la police de Québec y « parlait d’une garde partagée, alors qu’il n’y en a jamais eue ».

« Je n’y croyais pas, à ce mandat d’arrestation », a-t-elle argué pour expliquer leur décision de se rendre aux bureaux du FBI à Washington, où l’on n’était pas en mesure de lui confirmer qu’elle était vraiment recherchée. Pour elle, « c’était très important qu’on ne bouge pas, pour ne pas risquer qu’il arrive quelque chose à ma fille. »

Elle n’a alors pas cru bon de téléphoner à l’enquêteur Steve Desroches, de la police de Québec (qui a vainement tenté de la rejoindre sur son cellulaire à sept reprises, entre les 8 et 27 novembre). « Pas du tout pour l’éviter, mais parce que, pour moi, l’autorité à ce moment-là, c’était FBI ». Elle a aussi mentionné que son cellulaire « sonnait sans arrêt, du matin au soir », que son compte de téléphone était «incroyablement» élevé et qu’elle ne répondait qu’aux appels dont elle connaissait les auteurs (par son afficheur).


13 septembre 2007

À la minute près

L’ex-biathlète a fait sourciller les membres du jury en leur distribuant une compilation détaillant «à la minute près» l’exercice des droits d’accès de son «ex» à leur fille depuis deux ans.

Éric Thibault

Myriam Bédard s’est servie de tableaux qu’elle a elle-même constitués à partir de reçus d’achat de billets de train pour sa fille ou de notes personnelles afin d’illustrer l’«absence» de son ex-conjoint, Jean Paquet, dans la vie de leur enfant de 12 ans. La résidante de Brossard, originaire de Loretteville, a spécifié qu’elle tient ce type de registre depuis 2002, sous les conseils de son ancienne avocate devenue juge, à la suite d’une vaine tentative du plaignant pour obtenir la garde légale de leur fille.

Elle a ainsi été en mesure de faire valoir que Jean Paquet n’avait passé que 10 jours, dix heures et 43 minutes avec leur fille depuis février dernier. Et seulement 16 jours, neuf heures et 21 minutes entre le 1er janvier 2006 et la date du départ de l’accusée, sa fille et Nima Mazhari à Washington, le 2 octobre de la même année.

L’accusée a aussi déploré que son «ex», un entraîneur de l’équipe nationale de biathlon, ne lui faisait jamais part de ses horaires de voyage et qu’il téléphonait souvent «à la dernière minute» pour voir sa fille, tandis que celle-ci a déjà «des activités prévues». Elle a soutenu qu’elle n’empêchait jamais sa fille de voir son père et qu’elle l’encourageait même à l’appeler.

Elle a également nié lui avoir dit: « Si tu veux du trouble, tu vas en avoir » durant une conversation téléphonique où Paquet la prévenait que la police était sur l’affaire, en novembre. « C’est impossible que j’aie prononcé ces paroles. La dernière chose qu’on veut, c’est de se retrouver devant les tribunaux pour notre enfant », a-t-elle affirmé.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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