13 novembre 2007

L'affaire Myriam Bédard

La Couronne veut aussi reprendre les hostilités

Toutes deux insatisfaites pour des motifs diamétralement opposés, tant la poursuite que la défense viennent de demander à la Cour d’appel de réviser la peine imposée à Myriam Bédard pour l’enlèvement de sa fille..

Éric Thibault

On savait que la médaillée olympique, qui contestait déjà le verdict de culpabilité rendu contre elle, en appellerait aussi de l’absolution conditionnelle à une probation de deux ans - durant laquelle elle ne pourra voyager ou aller travailler aux États-Unis, comme elle le souhaitait, ayant dû rendre son passeport - prononcée par le juge Jean-Claude Beaulieu. Son avocat réclamait une absolution inconditionnelle pour que sa cliente évite un casier judiciaire. Ce dont on se doutait moins, c’est que la poursuite, qui demandait l’imposition d’une peine d’emprisonnement à purger dans la collectivité pour l’ex-biathlète, revienne à la charge.

Une remarque qu’elle n’a pas prisée
Dans sa requête pour permission d’en appeler qu’il vient de déposer, Me John Pepper Jr. s’insurge contre la fameuse remarque faite par le juge voulant que sa cliente « présente les caractéristiques d’une personne qui a besoin d’aide ». Une remarque « étonnante, injuste et arbitraire (...) en l’absence de toute preuve ». Me Pepper ajoute plutôt que « l’état de celle-ci est tout à fait le contraire, tel que le démontre en tout temps son témoignage lucide, clair, serein et sans équivoque ».

L’avocat montréalais prétend même que le juge avait son idée toute faite d’avance et qu’il avait rédigé la peine qu’il entendait rendre à l’endroit de Myriam Bédard avant même d’écouter les représentations des procureurs.

« Une injustice flagrante », fulmine-t-il, en rappelant que la défense a plaidé sa cause pendant deux heures et demie, durant la matinée du 9 octobre, mais que le magistrat a fait connaître sa décision en après-midi, « en omettant de façon étrange et surprenante » de tenir compte des points qu’elle a soulevés.

Malgré l’absence de remords...
Représentée par Me Josée Lemieux, la poursuite argue que le juge a accordé, sans preuve à l’appui, « un poids indu au critère de réhabilitation ». La preuve établie au procès montrait pourtant que « l’intimée a manifesté une attitude constante de défi envers les autorités policières, suivie d’une absence de remords et d’une attribution de l’entière responsabilité à la victime », Jean Paquet, privé de ses droits d’accès à sa fille de 12 ans pendant les 11 semaines de voyage que la mère a passées à Washington avec elle et Nima Mazhari.

Rappelant que la jurisprudence commande «généralement» la prison ferme pour des infractions semblables, Me Lemieux soutient aussi que le juge a doré la pilule en identifiant certaines circonstances atténuantes « qui n’en étaient pas ». Parmi celles-ci : l’âge de l’ex-biathlète (« à 37 ans, elle était assez mature pour bien comprendre la gravité de ses gestes »), sa détention provisoire (les deux semaines qu’elle a purgées aux États-Unis après son arrestation, le 22 décembre 2006) et la couverture médiatique (« l’intimée a elle-même convoqué les médias... », précise la procureure).

Les deux parties se retrouveront donc devant la Cour d’appel en janvier.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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