12 septembre 2007


En une du journal
photo : Stevens Leblanc

« Qui va s’inquiéter ? » se disait le couple Bédard-Mazhari

Nima Mazhari et sa compagne, Myriam Bédard, ont cru à une blague en apprenant que la médaillée olympique était visée par un mandat d’arrestation durant leur voyage contre le «terrorisme bureaucratique canadien», à Washington.

Éric Thibault

L’artiste montréalais a été appelé à la barre des témoins par la poursuite, hier, au procès de celle qu’il a décrite comme «une amie et une conjointe». En réponse aux questions de Me Josée Lemieux, il est cependant resté évasif sur leur emploi du temps pendant les deux mois et demi que le couple et la fille de l’ex-biathlète (qu’elle est accusée d’avoir enlevée en contravention des dispositions d’une ordonnance de garde) ont passé dans la capitale américaine, du 3 octobre au 22 décembre dernier, disant simplement qu’il avait «des rendez-vous».

Le couple avait annoncé ce périple par une lettre envoyée, notamment, aux premiers ministres Harper et Charest, à l’ambassadeur américain à Ottawa et au secrétaire général de l’ONU. Sans toutefois prévenir le père de l’enfant, Jean Paquet, ou lui offrir de la garder pendant leur absence, sous prétexte qu’«on ne la laisse jamais nulle part toute seule», a fait valoir le témoin, en ajoutant que la fille de 12 ans avait même raté sa journée d’école (située sur la Rive-Sud de Montréal), hier, en raison de la présence de sa mère et de Mazhari au palais de justice de Québec.

Le FBI
Nima Mazhari a signalé que leur voyage ne devait durer que «deux ou trois semaines». Plus de deux mois plus tard, le 14 décembre, l’accusée apprenait qu’un mandat d’arrestation avait été émis contre elle, en lisant un article sur Internet. Il a spécifié que le couple envisageait alors depuis quelques jours de revenir au Québec pour préparer les anniversaires de naissance de Myriam Bédard et de sa fille, le 22.

« On pensait que c’était une blague », a affirmé Mazhari. Ils ont alors décidé de se rendre au quartier général du FBI, au centre-ville de Washington, « pour pas qu’ils pensent qu’on se sauvait ». C’est lui qui est allé rencontrer un policier pendant que l’accusée et sa fille restaient dans leur BMW.

« Ils ne comprenaient pas cette histoire-là, ils n’avaient rien reçu. On leur a laissé des copies de nos passeports, le numéro de cellulaire de Myriam et on leur a dit qu’on allait rester dans la région. Ils nous ont dit d’attendre, qu’ils viendraient nous chercher s’il y a quelque chose », a-t-il soutenu. Il a cependant reconnu que le FBI ignorait où ils logeaient, puisqu’ils ont changé d’hôtel à plusieurs reprises.

Quand Me Lemieux lui a suggéré qu’il aurait peut-être été plus utile de téléphoner à l’enquêteur Steve Desroches, chargé du dossier à la police de Québec et dont l’accusée avait le numéro, ou tout simplement de revenir au Canada, Mazhari a répondu qu’« on ne voulait pas bouger tant que la situation ne se placerait pas avec le FBI, on n’avait rien à faire avec le Canada pour l’instant ».

C’est finalement le U.S. Marshall Matthew Burke et ses collègues qui ont appréhendé l’ex-biathlète, le soir du 22 décembre, dans un hôtel de Columbia, au Maryland. Le policier Burke a brièvement témoigné par vidéoconférence, hier, pour expliquer les circonstances de l’arrestation, qui s’est déroulée sans incident.

« Un cauchemar »
Nima Mazhari s’est adressé aux représentants des médias à la suite de son témoignage, notamment pour dire que sa conjointe et lui n’avaient «aucune raison» de croire que leur absence prolongée du Québec posait alors problème à quiconque. « Qui va s’inquiéter ? De toute façon, Myriam et sa famille ne se parlent plus depuis quatre ou cinq ans, ça n’y changeait rien. Et le père était toujours en contact (téléphonique) avec sa fille. »

Il a réitéré que le couple Bédard-Mazhari était « victime de toutes sortes d’injustices imposées dans nos vies » au Canada depuis le scandale des commandites et qu’il « fallait faire quelque chose », d’où le voyage à Washington. « C’est un cauchemar qui dure depuis quatre ans, a-t-il plaidé. C’est incroyable. »


12 septembre 2007

Un père absent, selon la défense

Jean Paquet n’a vu sa fille qu’à 17 reprises, en 2006, et seulement neuf fois depuis le mois de février dernier, négligeant ainsi d’exercer ses droits d’accès à l’enfant, a fait valoir l’avocat de Myriam Bédard.

Éric Thibault

Me John Pepper a longuement contre-interrogé l’ex-conjoint de sa cliente, hier, afin de miner sa crédibilité aux yeux des membres du jury, cherchant à démontrer qu’il est un père absent, en quelque sorte.

Il a énuméré au tribunal les voyages à l’étranger de l’entraîneur de l’équipe nationale de biathlon pour des camps d’entraînement ou des compétitions. L’avocat a aussi confronté le plaignant avec une compilation montrant un faible nombre de journées où il a exercé ses droits d’accès à sa fille, par rapport à ce qu’il lui est accordé en vertu de l’entente de garde légale entre les deux ex-conjoints.

Jean Paquet s’est défendu en affirmant que « ce n’est pas parce que je ne voulais pas la voir ». « Je me suis fait imposer la façon dont ça fonctionnait par madame Bédard. J’appelais pour la voir et ça m’était refusé à chaque fois. Il faudrait que j’argumente, que j’appelle mon avocate, qu’on aille devant un juge. C’est beaucoup de problèmes. »

Il a aussi déclaré que, la plupart du temps, il laissait sa fille décider si elle veut le voir ou si elle en a le temps. « Ma fille est dépendante affective de sa mère. Elle fait ce que sa mère veut. Je pense qu’y a rien à faire, c’est peine perdue. Je vais devoir user de patience », a-t-il plaidé. Myriam Bédard entreprendra sa défense dès aujourd’hui puisqu’il ne reste à la poursuite qu’un témoin à faire entendre pour compléter sa preuve.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive