11 septembre 2007
Bernard Plante
Témoignage choc, mardi, au palais de justice de Québec dans le procès de Myriam Bédard pour l’enlèvement de sa fille. Le conjoint de la médaillée olympique, Nima Mazhari, a affirmé, qu’à la mi-décembre 2006, le couple avait décidé de rentrer au Canada.
Puis, en entrevue à la suite de son témoignage, Mazhari y est allé d’une autre déclaration choc en laissant entendre que le procès actuel traduisait encore « le harcèlement» dont le couple serait victime «depuis le scandale des commandites ».
Il a rappelé que le voyage aux États-Unis devait permettre au couple de dénoncer ce qu’il appelait à l’époque, dans une lettre à l’ambassadeur américain au Canada, «le terrorisme bureaucratique canadien». Et il a ajouté, en faisant allusion au procès en cours : « Nous on voulait y aller – aux États-Unis – pour crier et dire qu’il y avait une injustice dans notre vie. Et voyez, le cauchemar se poursuit encore. »
Retour sur Montréal
Devant le tribunal, Nima Mazhari a expliqué que lui et sa conjointe auraient pris la décision, le 14 décembre 2006, de revenir au Canada: «On était sur notre chemin pour revenir à Montréal.» Ils auraient promis à la fille de Myriam Bédard d’être de retour à la maison pour son anniversaire qui coïncidait avec celui de sa mère, soit le 22 décembre.
Myriam Bédard aurait alors décidé d’arrêter dans une université du Maryland, tout près de Washington, pour que sa fille puisse répéter ses leçons de piano. Et c’est à ce moment que le couple aurait pris connaissance, via Internet, qu’un mandat d’arrestation international avait été lancé contre la mère.
Au lieu de continuer sa route vers Montréal, le couple aurait alors plutôt choisi de contacter la police américaine. À l’université, ils auraient fait faire des photocopies d’une dépêche en anglais qui parlait du mandat d’arrestation et des trois passeports.
Blague et FBI
Ils se seraient ensuite rendus à un poste du FBI au cœur de Washington et Mazhari aurait raconté l’histoire aux policiers pendant que Myriam Bédard et sa fille seraient restées dans la voiture. Il donne aussi le numéro du téléphone portable de Myriam Bédard, l’adresse au Canada et les policiers prennent note de la description du véhicule.
Selon Mazhari, les policiers du FBI lui auraient dit qu’ils n’avaient «rien reçu» et se serait aussi fait dire: «On va vous contacter si on a quelque chose.» Nima Mazhari a dit qu’il aurait été «étonné» que les policiers du FBI ne soient pas au courant de l’affaire et que le couple en serait venu à la conclusion qu’il s’agissait «d’une blague».
Une semaine d’attente
Le lendemain, soit le 15 décembre, Myriam Bédard et Nima Mazhari, toujours en compagnie de l’enfant, seraient retournés au FBI pour obtenir les mêmes réponses et ils auraient alors choisi de demeurer aux États-Unis de peur, a dit Nima Mazhari, d’être intercepté par les policiers américains lors du retour vers le Canada : « On attendait que le FBI nous dise quoi faire. On n’avait rien à faire avec le Canada. Il fallait régler ça sur place avec les autorités ici et ensuite on allait régler ça au Canada ».
Pendant l’interrogatoire, la procureure de la Couronne, Me Josée Lemieux, a fait dire à Mazhari que le couple, pendant ces évènements, n’avait pas cru bon de contacter les autorités policières au Canada. En entrevue, il a aussi affirmé qu’il ne croyait pas que personne n’avait de raisons de s’inquiéter puisque « la famille (de Myriam Bédard), depuis 4 ou 5 ans, n’a plus de contact avec Myriam ».
Myriam Bédard a finalement été arrêtée le 22 décembre, le jour de son anniversaire et de celui de sa fille, par des policiers du service US Marshall. Sa fille est rentrée au pays et la championne olympique a été emprisonnée, puis ramenée à Québec le 5 janvier 2007.
La Couronne a encore un témoin à faire entendre. Ce sera par la suite à la défense de procéder. Myriam Bédard sera entendue. Le procès se poursuit, mercredi, au palais de justice de Québec.
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