27 février 2004

Jean Pelletier s'excuse pour ses propos
à l'endroit de Myriam Bédard

Isabelle Rodrigue

OTTAWA - L'indignation soulevée aux Communes et le désaveu du gouvernement fédéral ont obligé Jean Pelletier, le président du conseil d'administration de Via Rail, à s'excuser pour ses commentaires désobligeants à l'endroit de la médaillée olympique Myriam Bédard.

"Je réalise que ces propos étaient déplacés. Je regrette ces commentaires et je m'excuse sincèrement auprès de Mme Bédard pour l'embarras ou la peine que cela aurait pu lui causer", a déclaré M. Pelletier dans un bref communiqué, en fin de journée vendredi.

Myriam Bédard affirme avoir été mise à la porte de Via Rail en janvier 2002 pour avoir refusé d'être mutée chez Groupaction, l'une des compagnies montrées du doigt dans le scandale des commandites. Elle en a fait part au premier ministre Paul Martin, dans une lettre qu'elle lui a fait parvenir il y a deux semaines. Elle dévoile, du coup, des choses "pas catholiques" qui se déroulaient à la société d'Etat et exige de récupérer son emploi.

Si les révélations sont stupéfiantes, c'est la réaction de Jean Pelletier qui a le plus choqué, vendredi.

"C'est une pauvre petite fille qui fait pitié, une fille qui n'a pas de conjoint (...) Elle a la tension d'une mère monoparentale qui a des responsabilités économiques", déclarait à La Presse le chef de cabinet de l'ex-premier ministre Jean Chrétien. Selon M. Pelletier, les déclarations de la médaillée olympique en biathlon ne sont qu'un tissu de mensonges.

Marc LeFrançois, président-directeur général de Via Rail suspendu par le gouvernement plus tôt cette semaine, n'est pas en reste. Dans le même article de La Presse, a dit que Mme Bédard tente de tirer un profit personnel de l'affaire.

"Je ne comprends pas ces gens-là. Est-ce qu'ils rêvent la nuit? Est-ce qu'ils prennent des pilules?", a déclaré M. LeFrançois.

Vendredi, Mme Bédard se disait renversée par la réaction de ses ex-patrons. "Ca nous prouve un peu comme les gens sont limités intellectuellement (...) Ca me déçoit beaucoup de la part de représentants du gouvernement", a-t-elle déclaré en entrevue.

Les propos de M. Pelletier ont provoqué un tollé aux Communes, où les conservateurs et néodémocrates ont exigé sa démission. Le Bloc québécois, de son côté, demandait des excuses.

Le premier ministre Paul Martin, de passage en Colombie-Britannique, n'a pas pris de temps à se dissocier des commentaires.

"S'il a vraiment dit ça, c'est tout à fait inacceptable. Je m'attends à ce qu'il retire ses commentaires et qu'il s'excuse", déclarait M. Martin, quelques heures avant que le principal intéressé ne s'exécute.

La ministre de l'Industrie Lucienne Robillard avait aussi dénoncé les commentaires, se disant vexée par la teneur sexiste des paroles.

"Je dois vous dire qu'en tant que femme, je n'apprécie nullement les propos qui ont été prononcés. Et je me demande, si ça avait été un gars, qui a deux pensions alimentaires à payer et une troisième femme, je ne sais pas si on aurait dit: pauvre petit gars", a dit la ministre.

Bien qu'il se dissocie des propos, Ottawa ne s'est pas pour autant engagé à démettre le président du conseil d'administration de Via Rail de ses fonctions, ou à tout le moins de spécifier si des sanctions pourraient être appliquées.

Si M. Pelletier retire ses paroles, il n'efface cependant pas le fond de toute l'affaire lancée par Mme Bédard. Cette dernière dit avoir été témoin de factures gonflées par Groupaction et d'autres agissements douteux. Son attitude face à ces agissements aurait poussé la direction de Via Rail à lui montrer la porte.

"A chaque fois que je refusais de faire quelque chose d'illégal, ils me tassaient", a résumé Mme Bédard, sur les ondes de RDI, n'hésitant pas à donner des exemples pour appuyer ses dires.

Le transporteur ferroviaire s'est défendu dans un communiqué, vendredi, affirmant que Mme Bédard avait quitté son emploi volontairement en 2002, demeurant silencieux sur les autres affirmations de l'athlète.

Quant aux allégations que la médaillée olympique détaille dans sa lettre, le bureau du premier ministre a transmis la lettre au ministre des Transports, Tony Valeri, qui lui l'a refilée au président-directeur général par intérim de Via, Paul Côté, qui doit faire rapport à M. Valeri.

"Je m'attends à ce que M. Côté considère très sérieusement le contenu de la lettre et prenne les actions appropriées", a souligné le ministre Valeri.

Si cette avenue ne donne pas de résultats, Myriam Bédard pourra témoigner devant le comité des comptes publics, qui se penche sur le scandale des commandites, où elle a bien l'intention de se faire entendre pour déballer tout ce qu'elle sait.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vé lo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

matériel et techniques mise en forme où faire du ski condition des pistes la course autres sites