28 février 2004

Il doit partir !

Jean-Robert Sansfaçon

La dénonciation publique par l'ex-athlète Myriam Bédard d'actes répréhensibles dont elle aurait été victime et témoin lors de son passage à Via Rail, en 2001-02, a provoqué une réaction de mépris grossière de la part du président du conseil de cette société d'État, Jean Pelletier. C'est la goutte qui fait déborder le vase. M. Pelletier doit partir.

Cette semaine, M. Pelletier a fait preuve d'un mépris invraisemblable en réagissant aux accusations portées par Mme Bédard. Selon l'ex-athlète qui l'a répété à plusieurs reprises sur les ondes de la télévision, la direction de Via l'aurait forcée à remettre sa démission du service de marketing en janvier 2002, sous peine d'être transférée chez Groupaction où elle venait précisément de passer deux mois, payée par Via Rail.

C'est un «mensonge», a affirmé M. Pelletier au journaliste de La Presse avant d'ajouter que Mme Bédard était «une pauvre fille qui fait pitié, une fille qui n'a pas de conjoint, que je sache. Elle a la tension d'une mère monoparentale qui a des responsabilités économiques. Dans le fond, je trouve qu'elle fait pitié».

Le premier ministre Paul Martin a réagi sèchement à ces propos du président de Via en lui demandant de les retirer et de s'excuser, ce qui fut fait en fin de journée, hier. Quant à la ministre Lucienne Robillard, visiblement choquée d'un tel sexisme, elle a dit souhaiter que le conseil de la société examine la question.

Évidemment qu'ils sont inacceptables, ces propos de M. Pelletier. Et dans son cas, le problème prend d'autant plus d'importance que l'homme vient tout juste d'échapper à la vague de mesures disciplinaires qui s'est abattue sur quelques hauts dirigeants de sociétés d'État, dont Via Rail. Or M. Pelletier était déjà président de Via au moment des événements relatés par Mme Bédard qui impliquaient Groupaction, l'une des agences le plus souvent mises en cause dans le scandale des commandites.

Épargné jusqu'ici, M. Pelletier l'a été comme tout le personnel politique parce que l'enquête de la vérificatrice ne s'est pas penchée sur le rôle joué dans le scandale. Mais il l'a aussi été parce que, à titre d'ami de Jean Chrétien, il reste un élément important au sein du Parti libéral. À quelques semaines des élections, M. Martin doit ménager ses arrières. Pourtant, M. Pelletier n'était-il pas nécessairement au courant de tout ce qui se tramait de significatif au sein du gouvernement ?

En effet, s'il est un personnage qui connaît les dessous de toutes les décisions stratégiques prises par les plus influents membres d'un gouvernement, c'est bien le chef de cabinet du premier ministre. M. Pelletier n'était pas un fonctionnaire comme les autres : il était celui par qui tous les ministres et tous les membres de la société civile devaient passer pour avoir accès au premier ministre. Le chef de cabinet, c'est aussi celui qui transmet les ordres du grand patron et voit à leur exécution. Absolument rien ne lui échappe, surtout pas les décisions qui ont une incidence sur l'image du gouvernement. En toute logique, M. Pelletier ne pouvait simplement pas se permettre d'ignorer les tenants et aboutissants des programmes de commandites ou de publicité.

Si M. Pelletier n'a pas encore été emporté par la tempête, c'est qu'il était resté dans l'oeil de la tornade. À cause du faux pas qu'il vient de commettre, le voilà happé par le mouvement. Le poste qu'il occupe était une simple récompense qu'il ne mérite plus.

Paul Martin n'avait pas besoin de cette bourde. À lui maintenant de la tourner à son avantage en convainquant l'ancien proche du premier ministre Chrétien de partir de lui-même, immédiatement. Après tout, il y a des limites à fournir des parachutes dorés à des individus qui ont autant profité du pouvoir.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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