25 mars 2004
Lorsque le premier ministre Paul Martin a décrété l'immunité pour tous ceux qui voudraient dénoncer des actes répréhensibles dont ils auraient été témoins, il n'était pas nécessaire de remettre le choix des témoins et des témoignages à des gens qui les utiliseraient à leurs propres fins sans égard aux atteintes à la réputation qu'ils engendreraient.
Jean Cournoyer
L'immunité des députés
Dans les querelles qu'ils entretiennent entre eux dans leurs piscines parlementaires, les députés nous ont habitués aux excès de langage.
Ils sont des comédiens qui se jouent mutuellement des tours, un peu comme les lutteurs de la World Wrestling Conference. On ne les croit plus depuis belle lurette et leurs éternels cris et tapages nous font utiliser la zapette dès que nous reconnaissons la période de questions.
Ces joutes obéissent cependant à des règles de comportement qui, même si elles sont transgressées continuellement, ont le mérite d'être administrées par des présidents dont l'honnêteté et la rigueur ne peuvent être mises en doute.
L'immunité des témoins
Mais le triste spectacle que l'inexpérience de madame Myriam Bédard nous a donné par son témoignage sous immunité aurait définitivement dû être évité; d'abord pour elle-même, et ensuite pour les personnes dont elle a parlé.
Je n'accuse pas madame Bédard, mais ceux qui, sachant ce qu'elle allait dire, ont décidé, sans vérification de la conformité de ses propos avec la réalité, de l'inviter à faire ce qu'elle n'aurait pas pu faire devant aucun tribunal canadien.
Le ouï-dire est une preuve que notre droit ne reconnaît que dans des circonstances précisées par la jurisprudence canadienne.
Madame Bédard a vu des comptes d'une compagnie de publicité qui ne correspondaient pas à son appréciation du travail exécuté. Elle aurait dû s'arrêter là.
Tout a dérapé lorsqu'elle a parlé de ce que d'autres personnes lui auraient dit.
La plus élémentaire prudence du comité aurait été de fournir à madame Bédard les services d'un avocat qui aurait pu lui dire qu'il était dangereux de rapporter ce que d'autres lui avaient dit si elle n'en avait pas elle-même une connaissance personnelle.
Mais l'immunité dont elle jouissait faisait l'affaire des députés. Ils savaient bien que le témoignage de madame Bédard ferait les choux gras des entreprises de presse. Imaginez ! Acheter un quart de jambe de culotte de Jacques Villeneuve pour 12 millions $ afin qu'il participe au sauvetage du Canada, ça, ça pogne en...
Était-ce vrai ? Madame Bédard ne le sait pas, quelqu'un lui aurait dit que...
Crédibilité temporaire
Mais, dès qu'elle le répète, la vedette olympique ajoute à cet on-dit une crédibilité temporaire qu'il n'aurait pas autrement.
La vérificatrice générale du Canada a trouvé scabreuse la manière dont le programme des commandites a été géré.
Le comité de la Chambre des communes est constitué de députés en campagne électorale qui n'ont qu'une idée en tête qui varie selon le côté de la Chambre qu'ils occupent : à gauche, faire le plus de mal possible, à droite, éviter le plus possible de se faire faire mal; la recherche de la vérité n'est pas leur première préoccupation et encore moins celle de la justice.
Commission d'enquête
L'importance de l'affaire des commandites a incité le gouvernement à constituer une commission d'enquête présidée par un juge réputé. C'est vers cette institution indépendante que les Canadiens devront se tourner pour connaître le fond de cette histoire.
Heureusement pour madame Bédard, le sexe des stars a fait passer son pénible témoignage au second plan de l'actualité.
page mise à jour le 7 mars 2008 par SVP

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