
Bédard fait son dernier tour de piste
Lillehammer. Le biathlon. Tout se bousculait dans la tête de Myriam Bédard alors qu'elle en était à son dernier tour de piste en participant à sa dernière compétition de biathlon, la Coupe du monde disputée au centre baptisé en son honneur, à Valcartier.
C'est la Norvégienne Liv Grete Skjelbreid qui a remporté le sprint de 7,5 km, vendredi, avec un chrono de 22 minutes 11,1 secondes. Elle a devancé l'Allemande Katrin Apel (25:12,8) et la Suédoise Magdalena Forsberg (25:22,3). Les Canadiennes Tuppy Collard, Martine Albert, Nikki Keddie et Inger-Kristin Berg ont respectivement terminé 37e, 53e, 55e et 58e.
C'est en compagnie de sa fille Maude que Bédard de Loretteville a tourné une page d'histoire en traversant, à pied, le fil d'arrivée. "Quand j'ai laissé ma carabine près du champ de tir, puis quand j'ai enlevé mes skis à quelques mètres de l'arrivée, c'était pour marquer définitivement la fin de ma carrière en biathlon. Et j'ai voulu que Maude m'accompagne pour souligner que désormais je pourrai lui consacrer plus de temps."
Pour ajouter à la symbolique de son geste, Bédard a voulu revêtir le costume qu'elle portait à Lillehammer. "Même le temps m'a rappelé les Jeux de 1994. Il y avait un soleil aussi radieux quand j'ai remporté ma deuxième médaille d'or et, au niveau de la température, c'était la même chose." Une dernière course en carrière n'est pas sans laisser des émotions. "C'est certain qu'il y avait de l'émotion et même si je m'attendais à tout ce que j'allais vivre, j'ai été vraiment émue quand j'ai déposé ma carabine. C'est là que j'ai réalisé que ma carrière se terminait."
Pour le biathlon canadien, la perte est énorme. Bédard, par ses performances sur le terrain et par ses interventions pertinentes, a réussi à sauver son sport. Une discipline vouée à la disparition à cause des contraintes d'argent.
Accueil chaleureux
L'accueil des spectateurs a été pour le moins chaleureux. "Je suis bien contente que ma famille et mes amis aient pu me voir dans une compétition de la Coupe du monde. Quand je suis arrivée à l'aéroport, après les Jeux de Lillehammer, j'ai été vite séparée des miens pour aller rencontrer les gens. Alors ici, c'est une bonne façon de terminer une carrière."
La biathlète était soulagée que tout soit fini. "T'as beau prendre ton temps pour la compétition, j'ai souffert. Je trouvais ça difficile mais dans les pistes je rivalisais comme il faut avec les autres filles, sauf que je n'aurais pas été capable de faire la course au complet. D'ailleurs, je ne voulais pas être inscrite sur la feuille des résultats car d'habitude quand je me présente sur la ligne de départ, c'est pour y aller à fond. Je voulais terminer en forme."
Plusieurs personnes se demandent encore pourquoi Bédard n'a pas pris sa retraite à la suite de sa conquête de deux médailles d'or en 1994. "Avant Albertville en 1992, c'était déjà clair dans ma tête que je me rendais jusqu'en 2002. Ce n'est pas parce que j'avais remporté des médailles d'or que j'allais prendre ma retraite. Il faut que tu sois prête pour le faire. Il y a tellement d'athlètes qui se sont retirés et qui ont sombré dans la dépression parce qu'ils n'étaient pas prêts."
Le déclic s'est fait il y a un peu plus d'un an dans sa tête. "Nous étions en camp d'entraînement et de sélection en Norvège et en Finlande, à deux mois des Jeux de Nagano, et là-bas c'est la noirceur presque continuelle à ce moment de l'année et nous n'étions pas supposés être là. Parce qu'il n'y avait pas de neige dans l'Ouest canadien, il a fallu déménager dans les pays scandinaves. J'étais loin de Maude, elle ne pouvait me suivre à cause de tous les changements dans le calendrier, et c'est là que j'ai eu le coup de barre. Mais je n'étais tout de même pas pour arrêter à deux mois des Jeux olympiques, surtout que j'étais en bonne forme."
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