Au risque de paraître rabat-joie...

« On discute peu d’enjeux qui dépassent la pratique sportive individuelle. Je me permets de lancer une réflexion en ce début d’année, au risque de paraître rabat-joie.

J’ai toujours cru que les fondeurs étaient des gens particulièrement sensibles à l’environnement. Or, je constate que nous sommes de plus en plus nombreux à parcourir des distances de plus en plus grandes – dans des véhicules de plus en plus spacieux – à la recherche du plus beau coin de nature, de la meilleure neige pour pratiquer notre sport favori.

Je suis de Sherbrooke. La saison de ski n’est pas vraiment commencée. Elle finira plus tôt qu’ailleurs et les redoux créeront des moments d’interruption. Cette température en yo-yo l’hiver s’accentue malheureusement d’année en année en raison des changements climatiques.

À force de vouloir chercher les meilleurs « spots » pour skier, peu importe les déplacements que ça implique, j’ai bien peur que nous contribuons à faire en sorte que la neige se fera de plus en plus rare, voire à précipiter la fin du ski de fond dans certaines régions.

On gagnerait, il me semble, à réfléchir aux impacts de notre pratique sportive au-delà du bien-être qu’elle nous procure et à privilégier davantage le plein air de proximité. Peut-être pas tout le temps, mais plus souvent.

« Si la situation pour le ski alpin au Québec est moins inquiétante à moyen terme, c'est toute autre chose pour le ski de fond qui doit compter (pour le moment du moins) sur l'enneigement naturel. Ici, pas de neige, pas de ski! Les drapeaux rouges flottent déjà sur cette industrie qui se cherche elle aussi des solutions. »
Jolyane Arsenault

COMMENTAIRES

« J'ai eu cette même réflexion et ça m'avait emmené à démarrer un groupe facebook pour co-voiturer/socialiser avec d'autres skieurs. Résultat: j'ai laissé tomber après 2 saisons car 90 % du temps j'ai roulé et skié seul et peu de gens affichaient des sorties.
Le télé-travail et vivre à proximité de notre centre de ski favori est peut-être une avenue?
Bonne saison de ski et au plaisir de vous saluer en personne sur les pistes plutôt qu'essayer de courser! »

Stephen Bernard

« Bien d'accord. Quand je vois des autobus partir de Montréal pour aller skier au camp Mercier et revenir le soir, je me questionne. Faire 600 km pour 30 km de ski de fond.... »
Benoit L'Heureux

« Est-ce que vous tirez sur la bonne cible?

Vous écrivez à un groupe de fondeurs, pas de motoneige ou de quatre-roues!

L’impression sur laquelle vous vous basez pour votre réflexion, selon laquelle tous cherchent le « meilleur spots » et surtout qu’ils s’y rendent, m’apparaît être qu’une simple et subjective impression. Qui peut réellement se permettre de faire la tournée des centres de ski selon ses envies et selon les conditions sinon qu’occasionnellement, voire rarement, surtout en période de pandémie?

Nous skions tous dans nos environs immédiats parce que c’est la seule et unique façon de pratiquer notre sport préféré régulièrement. Et lorsque qu’il n’y pas suffisamment de neige, comme c’est présentement le cas dans mon coin en Estrie, je rêve à des jours plus blancs et je peste contre le fait qu’il tombera suffisamment de neige que lorsque je serai de retour au travail...

On pratique un sport qui exige très peu d’investissements, qui est accessible à une grande majorité de gens, qui se pratique en famille dans des pistes entretenues ou non, un sport sans moteur, sans gaz à effet de serre, sinon notre propre Co2, on garde nos équipements des années, on se déplace en voiture pour s’y rendre par contre, est-ce de ça dont il est question ici?

Je pense vraiment que vous n’êtes pas au bon endroit pour vous désoler du manque de sensibilité des fondeurs à la cause environnementale. La nature même du ski de fond implique une relation particulière en symbiose avec l’environnement mais qui exige dans un pays vaste comme le nôtre que nous parcourrions un minimum de distance en voiture, idéalement électrique, afin de ne pas trop culpabiliser à la lecture de votre post. »
Louis-Martin Duval

« Ces préoccupations sont légitimes mais je crois, peut-être suis-je trop optimiste ou naïve, mais je l’assume, que chacun fait ses efforts. Tout est question d’équilibre. Je n’ai aucune gêne à parcourir plusieurs dizaines de km dans mon VUS de 12 ans d’âge pour aller faire du ski de fond en pleine nature. Un VUS dont je ne sers que peu par ailleurs faisant tout à pied, en vélo et en métro au quotidien. Alors faire 50 km un samedi pour ma santé physique ou mentale, oui ça pollue... mais le restant de l’année je suis de celles qui font des efforts au quotidien. Bon ski à tous... même avec la distance à parcourir! Et Bonne Année ! »
Sysy Moriou

« Facile de critiquer mais il faut bien les damer ces pistes et ça prend des motoneiges et des dameuses qui fonctionnent à l’essence ou au fuel, et pour se rendre au club on prend nos véhicules ! »
Richard Levesque

« Et même si on roulait tous électrique, ça ne changerait absolument rien en raison de la pollution des pays d'Asie... Malheureusement ! »
Mitch JP

« Pertinente votre publication. Continuel dilemme pour moi, je fais des efforts à tous les jours pour aller travailler en vélo (même l'hiver) et ensuite si la fin de semaine je fais une sortie dans les Laurentides pour faire du plein air, cela fait quand même plus de km parcourus. Par contre, cela fait tellement du bien que j'essaie de garder les sorties plus loin pour les débuts et fin de saison, seulement lorsque les conditions ne sont pas bonnes à Montréal et j'essaie de maximiser mon déplacement en faisant du covoiturage et en dormant au moins une nuit (plus difficile en temps de pandémie, par contre). Ça se ressent déjà à Montréal malheureusement les changements, la période skiable est déjà beaucoup plus courte. Elle n'a même pas encore commencé! On est chanceux au moins qu'il ne faut pas beaucoup de neige pour pratiquer notre sport et que c'est praticable à tellement d'endroits, contrairement au ski alpin. »
Laurence Dupuis


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