29 juillet 2007

Despatie: du bronze en grelottant sous la pluie

RIO DE JANEIRO | Alexandre Despatie était bien content de sa médaille de bronze à la plateforme de 10 mètres des Jeux panaméricains, mais il était surtout très fier d'avoir réussi à bien plonger dans les conditions météorologiques les plus difficiles qu'il ait eu à affronter dans sa carrière.

«C'est drainant mentalement et physiquement, une journée à plonger comme ça dans le froid, le vent et la pluie», relatait Despatie, quelques minutes après avoir pris possession de sa médaille de bronze.

"C'est la première fois que ça m'arrive, une journée de compétition dans des conditions comme ça.

«Mais finalement, j'ai aimé ça, car c'est un bon test. J'ai été capable de faire deux bonnes listes de plongeons (les préliminaires et la finale) dans cette journée épouvantable et j'ai vu que je pouvais me mesurer aux excellents plongeurs que sont Guerra (or, Cuba) et Pacheco (argent, Mexique).»

Le goût de la tour
Il s'agissait de la deuxième compétition d'envergure internationale à la tour, pour Despatie, depuis qu'il est revenu à cette épreuve. Un accident - il a frappé le tremplin avec ses pieds -, puis une blessure au cou devaient le tenir à l'écart du plus haut des tremplins pendant plus d'un an.

«Ma performance d'aujourd'hui me donne le goût de consacrer un peu plus de temps à mon entraînement à la tour», confiait Despatie.

«Mais c'est toujours difficile de partager mon temps, puisque je fais les deux épreuves (10 mètres et 3 mètres). Il faut que je gère ça intelligemment.»

Et le temps que Despatie met sur le tremplin de 3 mètres a rapporté l'or au Canada, jeudi, aux Jeux panaméricains de Rio.

Reste que Despatie a vraiment retrouvé le goût du plongeon de haut vol quand il s'est vu de retour dans les airs avec les meilleurs.

«Les portes sont ouvertes, je peux le faire », disait-il, visiblement survolté par son rendement aux panams.

Despatie reprend sa course pratiquement où il l'avait laissée, lui qui avait aussi gagné le bronze au 10 mètres aux Jeux panaméricains de Santo Domingo, en 2003.

Mieux encore, il a mené les préliminaires et affiché une grande constance tout au long de cette interminable journée de compétition.

Transformés en squeegees devant des fans portant tuques et foulards
Il faisait à peine 15 degrés hier au Parc aquatique Maria Lenk et il a plu à fendre l'âme du matin au soir. Seuls les éclairs arrêtent une compétition aquatique et c'était la seule chose qu'il n'y avait pas. À midi, Despatie est arrivé enroulé dans une grosse couverture de laine. En haut de la tour, les plongeurs devaient pousser l'eau avec de grands squeegees pour avoir une prise sur leur outil de travail.

Dans la foule, les Cariocas portaient tuques et foulards.

«Ce sont de vrais fans», commentait Despatie, admiratif devant la foule grelottante et mouillée, mais... passionnément présente.

Heureusement, on n'est pas tombé dans les huées de bas étage aux compétitions d'hier, comme si le public avait tout à coup trop de respect pour les braves plongeurs, «tout nus» dans le vent glacial et l'eau.

«Au bout du compte, ça nous fait de beaux souvenirs», confiait encore Despatie.

"On se disait ça, dans le bain à remous, où les plongeurs se réchauffaient entre les plongeons.

"Plus tard, on dira : te souviens-tu de Rio 2007 ? Et on aura plein de choses à raconter !

«Aujourd'hui (samedi), plus les conditions empiraient et plus je voulais le faire ! Pour pouvoir dire que j'ai plongé dans ces conditions extrêmes et bien plongé!»

Hier soir, Alex, Jose Antonio Guerra, Rommel Pacheco Marrufo et tous les autres plongeurs qui avaient «fait la guerre» dans la journée, avaient effectivement des tonnes d'histoires à se raconter. Et comme le boulot était terminé, tout ce beau monde se préparait pour la fiesta et la samba, question de se réchauffer !



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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