20 novembre 2007

Les médaillés olympiques passeront à la caisse

Pour la première fois de l'histoire, les athlètes canadiens passeront à la caisse s'ils réussissent à monter sur le podium aux Jeux olympiques.

Dès les Jeux de Pékin, l'été prochain, un chèque de 20000$, 15000$ ou 10000$ sera octroyé à tout athlète qui méritera respectivement une médaille d'or, d'argent ou de bronze, a annoncé le Comité olympique canadien (COC) en conférence de presse, hier matin, à Ottawa.

Le COC répond ainsi à une demande maintes fois répétées par les athlètes au cours des deux dernières décennies. « On jugeait très important de récompenser des athlètes qui, bien souvent, jouent l'ensemble d'une carrière lors d'une seule journée aux quatre ans », a expliqué l'ex-plongeuse Anne Montminy, vice-présidente du conseil des athlètes du COC et double médaillée aux JO de Sydney, en 2000.

Par cette initiative, le Canada imite de nombreux pays qui récompensent leurs médaillés olympiques (voir tableau). Ce programme de primes concorde également avec la nouvelle philosophie du COC, résolument axée sur la performance depuis le demi-échec des JO d'Athènes, en 2004.

Il s'agit en quelque sorte d'un retour du balancier. Ils ne sont pas payés, mais ils sont récompensés pour un travail bien fait, a précisé Michael Chambers, président du COC.

La prime aux médailles se veut une bonification d'un programme déjà existant, qui attribuait une bourse de 5000$ aux athlètes qui réussissaient à se maintenir parmi les cinq meilleurs de leur discipline. Le COC évalue les coûts totaux du nouveau Fonds d'excellence des athlètes à 1,3 million par année. Ce fonds sera financé à même le budget du COC.

Le Comité olympique ne prévoit pas que le nouveau programme contribuera à une récolte plus faste à Pékin, où le Canada visera le 16e rang au tableau des médailles. Il s'agit davantage d'une récompense pour services rendus.

« Je ne pense pas que les athlètes vont commencer à s'entraîner deux heures de plus par jour ou que la motivation va être plus forte, a précisé Sylvie Bernier, chef de mission du Canada à Pékin. La motivation est déjà au maximum. Les athlètes veulent tous gagner. C'est un cadeau, une reconnaissance. S'ils montent sur le podium, ils auront ce petit bonus en revenant à la maison. »

Tout en applaudissant l'initiative, les athlètes ont d'ailleurs largement souligné que l'argent ne représentait pas une source de motivation supplémentaire.

Le kayakiste Adam van Koeverden, double médaillé à Athènes, s'est fait le porte-parole des athlètes, dont près d'une centaine était réunie tout le week-end à Ottawa afin de préparer les prochains Jeux. « Je ne suis pas devenu kayakiste pour être millionnaire, a-t-il souligné. Et je ne continue pas à pagayer pour faire de l'argent. Mais il s'agit d'une très belle reconnaissance de la part de la communauté. Je dirais qu'il s'agit d'un bonus de fin d'année pour un employé du comité olympique qui a fait du très, très bon travail. »

Des athlètes y voient également une façon de remercier des parents qui se sont parfois saignés à blanc pour la progression de leur progéniture dans le sport.

« J'en ai entendu plusieurs qui ont dit que ça irait directement aux parents, a rapporté le plongeur Alexandre Despatie. Ils ont passé tellement de temps et d'énergie pour qu'on réalise nos rêves. Personnellement, mes parents ont eu les moyens de m'appuyer quand j'étais jeune. J'ai eu cette chance, mais il y en a pour qui c'est plus difficile. »

Le nouveau programme profitera de façon égale aux athlètes de sports individuels et d'équipe. Ainsi, chaque membre d'une équipe médaillée recevra une prime. Il était très important que les sports d'équipe soient traités de la même façon, a souligné Anne Montminy.

De plus, un gagnant de plusieurs médailles multipliera d'autant ses primes, ce qui distingue le programme canadien de ce qui se fait ailleurs dans le monde, a fait savoir la vice-présidente du conseil des athlètes.

Directeur technique d'Athlétisme Canada, Martin Goulet croit que le nouveau programme de primes aux médailles est une façon de reconnaître le travail accompli par des athlètes qui se comportent déjà comme des professionnels.

« Ce ne sont pas des enfants qui, d'un coup, vont se mettre à courir après des nananes, a illustré Goulet. Je vois ça comme un signe de maturité pour le sport canadien. C'est une pièce du puzzle dans le cadre du sport du 21e siècle. »


La valeur de l'or olympiques
Italie : 150 000 $ US
République tchèque : 42 000 $ US
Japon : 25 000 $ US
États-Unis : 25 000 $ US
Canada : 20 000$ US
Suisse : 15 500 $ US
Australie : 7 500$ US



caricature : Hervé Philippe, La Tribune, 21 novembre 2007



Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive