20 novembre 2007

Des médailles payantes

De tout temps, remporter une médaille olympique pour le Canada valait un certain prestige ainsi que quelques tapes dans le dos et, pour les plus chanceux, une commandite ou une émission de télé. On peut maintenant ajouter à cela de l'argent sonnant.

Vingt mille dollars, voilà ce que recevra dorénavant un médaillé d'or olympique canadien. Quinze mille pour un médaillé d'argent et 10 000 $ pour un médaillé de bronze. Il s'agit d'une première au pays.

Le Comité olympique canadien (COC) a fait l'annonce de ce nouveau programme à ses athlètes, dimanche, puis aux médias, hier, à l'issue d'une fin de semaine de préparation de l'équipe canadienne en vue des Jeux de Pékin tenue à Ottawa.

« Quand on nous l'a annoncé, tout le monde s'est mis à applaudir et à crier, a raconté, hier, le plongeur Alexandre Despatie, un espoir de podium en Chine. C'est juste un début, mais c'est positif. Il est temps pour nous de rattraper le reste du monde. »

À même le budget global
Le COC estime à 1,3 million le budget de ce programme, qui ne compte sur aucun argent neuf, mais plutôt puisé à même le budget global de l'organisme.

Son président, Michael Chambers, a par ailleurs indiqué que le COC est toujours en attente d'un avis de Revenu Canada quant à savoir si ces récompenses sont imposables ou non.

Le Fonds d'excellence récompensera aussi les athlètes lors des années non olympiques, versant (les deux premières années de chaque cycle) 5 000 $ à ceux qui se classent parmi les cinq premiers, puis le même montant (la troisième année) à ceux qui se classent parmi les quatre premiers lors de la compétition de plus haut calibre à laquelle les athlètes auront participé. Il s'agit là d'une version modifiée d'un programme existant.

Pour l'instant, l'initiative ne récompensera pas les entraîneurs des médaillés. «Peut-être un jour », a avancé Chambers.

Un geste important
Bien que cette question soit un sujet de débat depuis des années, c'est le Conseil des athlètes du COC qui a soulevé plus concrètement l'idée au retour des Jeux de Turin, en 2006.

« Nous pensions qu'il était important de récompenser les athlètes qui offrent une grande performance à un moment précis et aussi important », a expliqué l'explongeuse, médaillée olympique et membre du Conseil, Anne Montminy. Le Conseil, formé de 14 athlètes olympiques, a donc planché sur une ébauche de projet, observant notamment ce qui se faisait ailleurs dans le monde.

« Ça varie beaucoup d'un endroit à un autre », a expliqué Montminy.

Elle a notamment parlé de 25 000 $ pour une médaille d'or aux États-Unis, et de 250 000 $ dans certains autres pays.

Un boni
Un tel programme peut-il affecter les résultats du Canada aux Jeux à long terme ?

« Il n'y a jamais eu d'étude là-dessus; on ne sait pas, peut-être que ce pourrait être le cas, a dit l'ex-plongeuse. Mais ce n'est pas l'idée. »

Un point sur lequel a d'ailleurs insisté le kayakiste Adam van Koeverden, double médaillé aux Jeux d'Athènes.

« On ne peut accoler un prix à une médaille, a-t-il tranché. Je n'ai pas décidé de pratiquer le kayak pour gagner de l'argent. Je ne voudrais pas voir les athlètes se concentrer là-dessus plutôt que sur leur désir profond, sur leur amour du sport et sur l'idéal olympique. Je vois ça davantage comme un boni que n'importe quelle entreprise donne à l'un de ses employés qui lui a offert une bonne performance. »

Le COC a décidé d'offrir la même somme à chacun des membres d'une équipe médaillée plutôt qu'un seul montant qui serait divisé entre eux. Au départ, certains craignaient qu'une telle décision, plus coûteuse, réduise l'enveloppe habituellement consacrée aux athlètes du reste du peloton, ce qui ne sera pas le cas.

« C'est une belle récompense pour des gens qui ont passé 15 ou 20 ans de leur vie à s'entraîner pour représenter le pays, a déclaré l'ex-médaillée et chef de mission pour les Jeux de Pékin, Sylvie Bernier. On a regardé ce qui se faisait ailleurs et on s'est dit qu'on en était rendu là. »

Combien vaut une médaille olympique
Russie : 100 000 à 300 000 $
Turquie : 273 000$
Italie : 180 000$
République tchèque : 48 000$
Japon : 29 000$
États-Unis : 25 000$
Suisse : 18 000$
Australie : 8 600$


20 novembre 2007

Objectif : un top 16 au tableau des médailles

Sylvie Bernier, chef de mission canadienne, reconnaît que cette prévision est ambitieuse

À 262 jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de Pékin, le 8 août, l'objectif du Canada semble ambitieux: se classer parmi les 16 meilleures nations au classement des médailles.

«Je sais que c'est beaucoup et que ce sera difficile à atteindre», a convenu Sylvie Bernier, ex-plongeuse et médaillée d'or au tremplin de trois mètres aux Jeux de Los Angeles, en 1984, qui agira comme chef de mission l'été prochain en Chine.

À Athènes, en 2004, le Canada s'est classé 19e au chapitre du nombre de médailles, avec 12, après s'être classé 17e à Sydney en 2000 (14 médailles), 11e à Atlanta en 1996 (22) et 15e à Barcelone en 1992 (18).

« Chaque médaille sera difficile à aller chercher, a précisé Sylvie Bernier. C'est le message qui a été passé aux athlètes durant cette fin de semaine de préparation : vous allez devoir travailler. »

Il faudra tout le monde
La chef de mission a rappelé tout l'accent mis sur les sports d'hiver à trois ans des Jeux de Vancouver.

« C'est sûr qu'on cherche de l'argent pour les sports d'été, a-t-elle affirmé. En Chine, ils sont quatre entraîneurs pour un athlète olympique. C'est contre ça qu'on se bat. »

Mais elle a aussi rappelé qu'un athlète, par définition, carbure aux défis et vise toujours le podium.

Le plongeur Alexandre Despatie est certes l'un de ceux-là.

« Si l'on se fie aux récoltes de médailles à Athènes, il faudrait quelque chose comme 17 médailles pour finir 16e, a-t-il souligné. C'est sûr que, pour y arriver, il faudra obtenir de bonnes performances de la part de tout le monde. »



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