22 août 1997Les plongeurs québécois brillent au Jeux du Canada
Robert Laflamme
Brandon - Les médaillées olympiques Sylvie Bernier et Annie Pelletier peuvent être rassurées : la relève en plongeon est fort prometteuse au Québec. Et elle a comme noms Alida Diplacido et Alexandre Despatie.
Diplacido, âgée de 16 ans, est déjà double médaillée d'or des Jeux du Canada et elle tentera, ce soir, de compléter le triplé comme Anne-Josée Dionne l'a fait aux Jeux de Kamloops il y a quatre ans, en gagnant l'épreuve au tremplin d'un mètre.
Le jeune Despatie, lui, est tout un phénomène même s'il n'apprécie pas qu'on le qualifie de la sorte. Plus petit (4'8'', 85 livres) et plus jeune (12 ans) athlète québécois aux Jeux, Despatie voit grand et loin. Il veut gagner une médaille d'or olympique et devenir astronaute.
Mercredi soir à Winnipeg, il a décroché sa première médaille à une compétition nationale en terminant deuxième à la plate-forme. Après avoir communiqué l'heureuse nouvelle à ses parents au téléphone, il a signé son premier autographe... «Mais je ne me considère pas comme un phénomène, a-t-il insisté, hier, après s'être entraîné au Sportsplex. Je dois travailler fort pour connaître du succès. Les gens pensent que je suis bon en ne faisant aucun effort.»
Un sur 1000
Despatie, de Laval, a commencé à pratiquer le plongeon à l'âge de six ans et on a tôt fait de remarquer son énorme potentiel. «Un plongeur de la trempe d'Alexandre, on en voit un sur 1000 et nous sommes choyés de l'avoir au Québec, a souligné l'entraîneuse de l'équipe de plongeon Isabelle Cloutier. Physiquement, il possède tous les atouts en plus d'être très talentueux et d'avoir une excellente attitude. Il a connu une progression très rapide.»
Même s'il est en quelque sorte comme un nain évoluant dans un monde de géants, il veut être le meilleur. Il n'était pas satisfait, mardi, d'avoir terminé en quatrième place au tremplin de trois mètres. Et mercredi, il s'est ressaisi en finale après avoir été affecté par l'accident dont avait été victime Étienne Gauthier.
Médaillé d'or au trois mètres, Gauthier s'est retrouvé à l'hôpital après avoir raté un saut au cours de la période de réchauffement. Il crachait le sang à sa sortie de l'eau. «J'étais bouleversé et j'avais peur, a raconté Despatie. Je pensais plus à mon ami qu'au plongeon que je devais faire. Notre entraîneuse nous a rassurés et j'ai pu me concentrer sur la compétition par la suite.»
Gauthier n'a pas été blessé sérieusement et il s'est entraîné avec ses coéquipiers, hier.
Di Placido confiante
Les six plongeurs du Québec - Marie-Ève Brasseur, Martine Laganière et Rafaël Salvucci étant les trois autres - ont remporté au moins une médaille chacun depuis le début des Jeux.
Le Québec est donc en bonne position pour remporter les honneurs des compétitions féminine et masculine de plongeon pour la première fois.
Diplacido, qui en est à sa deuxième participation aux Jeux du Canada, a évidemment été la tête d'affiche avec deux médailles d'or. «J'étais confiante de gagner des médailles, a-t-elle dit. Je savais que j'avais de bonnes chances dans les trois épreuves.»
Quant au triplé qu'elle pourrait réussir ce soir, la plongeuse de Mont-Royal qui veut suivre les traces d'Annie Pelletier n'y attache peu d'importance. «Mon objectif est encore d'être une des trois meilleures».
