Alexandre Despatie

portrait en forme d'ABC édaire

On peut dire qu'Alexandre est le plongeur canadien qui a le plus fait parler de lui au cours de la saison débutant en septembre 98 et qui s'est terminée par les Championnats du monde junior en août 99.

Non seulement a-t-il gagné la médaille d'or des Jeux du Commonwealth en septembre 98 à Kuaka Lumpur et deux médailles d'or aux Championnats du monde junior de Pardubice en août 99, mais plusieurs éléments ont contribué à cette couverture plus abondante qu'un plongeur reçoit habituellement.

D'une part, son âge. À 13 ans, être le meilleur au Commonwealth à plonger d'une hauteur de 33 pieds, ce n'est pas banal.

Et, bien sûr, le fait qu'il soit devenu le plus jeune athlète à gagner une médaille d'or aux Jeux du Commonwealth a été largement souligné.

Puis, cette photo

du plongeur anglais Antonio Ali (médaillé de bronze au tremplin de trois mètres), qui soulève le nouveau champion dans ses bras pour le présenter à la foule, a fait la "une" d'un grand nombre de journaux.

Mais, au delà de ça, il y a le fait qu'Alexandre s'exprime remarquablement bien pour un athlète de son âge. Les journalistes n'ont donc pas hésité à sortir leurs calepins et tendre leurs micros.

Donc, depuis sa victoire aux Jeux du Commonwealth, Alexandre a été l'objet d'un grand nombre d'articles et s'est prêté à une multitude d'entrevues.

Plusieurs de ces articles sont accessibles via ce site www, mais nous vous offrons ici un portait en forme d'ABCédaire, à savoir un collage d'extraits d'articles de François Béliveau, Sylvain Bouchard, Jean-Paul Charbonneau et Ronald King de La Presse, Michelle Coudé-Lord, Martin Smith et Gilles Vachet du Journal de Montréal, de Louis Daignault de Canadian Sport News, ainsi que des renseignements tirées d'articles de la Presse canadienne, du Globe and Mail de Toronto et même du Chomedey News.


On dit parfois d'un politicien qu'il a dû "ramer" au cours d'une entrevue
(se démêler dans ses contradictions).
Alexandre, lui, n'a pas à se démêler, mais il rame pour vrai !
comme il le fait ici en entrevue
au Grand Prix FINA Coupe Canada 99.

Ascendants familiaux
Alexandre est né le 8 juin 1985. Sa mère, Christiane, est professeure de golf à Sabreville et représentante pour une entreprise de vêtements de ski. Son père, Pierre, homme d'affaires, est entraîneur de ski. Il a déjà couru deux marathons de Montréal, dont l'un en 3h14.

Sa grand mère Micheline est un golfeuse. Son grand-père a toujours été un excellent plongeur ; il fait du ski, de la planche à neige, et surtout qu'il pratique toujours son sport favori, le hockey.

Sa soeur aînée de deux ans, Anouk, une excellente skieuse, a plongé avec Alexandre avant de prendre sa retraite du plongeon en 1994.

BBC
Alexandre est le plus jeune médaillé de l'histoire des Jeux du Commonwealth, selon la BBC (British Broadcasting Corporation). L'information est invérifiable auprès de la Fédération des Jeux du Commonwealth, qui ne possède pas de livre de records.

Commencement
"Alors qu'il avait quatre ou cinq ans, Alexandre plongeait dans la piscine familiale à Laval, avant même de savoir nager. Pour l'encourager, ma grand-mère Micheline lui accordait des notes et lui donnait toujours 10.

Constatant sa facilité pour le plongeon, ses parents ont contacté Sylvie Bernier – le père d'Alexandre travaillait avec le conjoint de Sylvie - afin de connaître le meilleur endroit pour suivre des cours. Elle a suggéré le club CAMO à Montréal. Après deux séances, alors qu'il avait 5 ans et demie, l'entraîneur Michel Larouche a dit à ses parents qu'Alexandre avait un potentiel très évident.

Dispositions naturelles
Certains diront qu'Alexandre est ce que l'on appelle un "naturel".

À ce sujet, Mitch Geller, entraîneur de l'équipe nationale, déclarait à James Christie du Globe and Mail de Toronto en septembre 98 que personne n'est un "naturel" en plongeon. Aucun des mouvements en plongeon ne vient naturellement. Le succès d'Alexandre est dû en bonne partie au fait que son entraîneur Michel Larouche l'a développé méthodiquement depuis le premier jour, prenant soin de chaque détail.

Entraînement
Alexandre s'entraîne de 23 à 30 heures par semaine au centre Claude-Robillard.

La plupart des plongeurs chez les hommes n'atteignent leur sommet que vers l'âge de 23 à 25 ans. Au maximum de leur forme, les plongeurs au 10 mètres s'entraînent exclusivement sur la tour. Ils se pratiquent au moins cinq jours par semaine, et habituellement plongent un minimum de 80 fois par séance de pratique.

Mais en raison de son âge, Alexandre ne peut se pratiquer sur la tour que trois jours par semaine, et ne peut plonger plus de 20 fois par session.

« Il ne peut pas s'entraîner à cette intensité, parce que son corps ne pourrait pas supporter l'impact répété des plongeons à partir de la tour de 10 mètres » dit Michel Larouche.

"Normalement, on n'envoit pas quelqu'un sur la plate-forme avant l'âge de 14 ans. Mais j'ai fait débuter Alex sur le 10 mètre à l'âge de 11 ans. Il le maîtrise bien, mais nous devons y aller avec précaution et écouter son corps. On ne sait pas ce que plonger de cette hauteur pourrait lui causer."

Alexandre, qui s'entraîne 4 heures et demie chaque jour, cinq jours semaine, dit que ses genoux et triceps sont douloureux, mais il ajoute que l'entraînement rigoureux ou de plonger de 10 mètre, ne le dérange pas.

"Je sais que mon corps n'est pas aussi résistant que celui des plus vieux contre qui je compétitionne, mais c'est correct".

Fabuleux
Pendant qu'il multipliait les entrevues aux abords de la piscine en septembre 98, les plongeurs et les entraîneurs des autres pays hochaient la tête d'admiration. L'Australien Dean Pullar, double médaillé d'argent aux tremplins, n'en revenait tout simplement pas. "Il est petit, n'est-ce pas ?, a-t-il d'abord dit en riant, avant d'ajouter ensuite : C'est exceptionnel ce qu'il a fait. J'ai été grandement impressionné par la constance qu'il a affichée dans ses plongeons. C'est un champion. Il sera assurément un sérieux aspirant pour le titre olympique à Sydney. Dans deux ans, il pourra atteindre le plateau des 700 points."

Goûts
À la télévision, je regarde les Simpsons.

Pour son voyage à Kuala Lumpur, Alexandre avait emporté deux livres : les deux best-sellers de Bernard Werber, Les Fourmis .

Horaire quotidien
Alexandre est en Secondaire III à 1'école Saint-Exupéry, à Saint-Léonard, qui offre un programme sport-études. En 1998 c'était papa ou maman qui allaient le reconduire trois fois par semaine le matin ; les deux autres jours, il couchait chez sa grand-mère qui habite aussi à Laval, mais dans le quartier Duvernay, pas très loin du centre Claude-Robillard.

Je me lève à 6h30 et je vais à l'école jusqu'à midi. Ensuite je m'entraîne au Centre Claude-Robillard, je reviens à la maison, je fais mes devoirs, je mange et je me couche vers 9h00-9h30.

Idole
Dmitri Sautin, le champion olympique.


Alexandre, en compagnie de Dmitri Sautin et de Huang Qiang,
lors de Coupe Canada le 2 mai 1999
photo : Guy Maguire

Journalistes
Pressé par les journalistes, Alexandre s'excusera gentiment : " Je sais que tout le monde aimerait me parler. Mais il faut comprendre que pour un jeune, c'est pas facile ! " Et en se tournant vers ses camarades de compétition, ceux qui ont fait avec lui les Jeux de Kuala Lumpur, il ajoute : " Il y en a d'autres qui ont participé, et qui ont très bien fait ! Ça fait que si vous avez des questions pour eux, n'hésitez pas ! "

Alexandre est discret en présence des médias mais ses amis et coéquipiers disent qu'il est extraverti et enjoué avec les jeunes de son âge et les autres plongeurs.

Alexandre devient distant quand on lui parle de l'attention médiatique qu'il a eu depuis qu'il a reçu sa médaille d'or en Malaisie. "Les médias c'était amusant au début, mais là c'est allé trop loin", dit-il, détournant ses grands yeux bruns. "Quelques médias ont appelé ma grand-mère pour me rejoindre !"

Kilos
En septembre 98, Alexandre mesurait cinq pieds et pesait 44,5 kilos (98 livres). En mars 99, il mesurait 5 pieds 2 et pèsait 50 kilos (110 livres).

Larouche, Michel (son entraîneur)
En mai 99, Alexandre est devenu le porte-parole de la chaîne de restaurants McDonald. Un journaliste lui a alors demandé s'il entendait se servir de ses nouvelles ressources financières pour se payer un entraîneur personnel.

« Je me suis rendu à ce niveau grâce à Michel Larouche, entraîneur du club CAMO, et je suis pleinement satisfait puisqu'il est l'un des meilleurs du monde, a dit Alexandre. Je veux plutôt me permettre de participer à des compétitions qui ne sont pas couvertes par l'association nationale, comme les Mondiaux juniors.»

Médailles
C'est Michel Larouche qui parle :
Pour nous, au Canada, les médailles c'est de l'extra. Pour être plongeur au Canada, ça doit absolument venir du cœur. Car ici, une médaille d'or en plongeon, au mieux, te vaudra une poignée de mains du premier ministre…"

" …ou l'animation d'une émission de télévision" aurait-il pu ajouter (d'écrire Sylvain Bouchard dans La Presse du 14 décembre 98)

Mère
Lisez Mère de champion

Nouveau défi
Le prochain défi de Despatie, maîtriser le plongeon de quatre sauts périlleux et demi avec rotation avant.

Actuellement, au monde, seul l'Australien Robert Newbery est en mesure de le réussir.

Olympiques de l'an 2000
Pour se rendre aux Jeux de Sydney, Alexandre doit obtenir certains pointages de qualification : 390 points dans les plongeons optionnels (un total de six plongeons) ou 520 dans la pleine liste des plongeons ( un total de 10 plongeons) - à quatre compétitions d'ici la fin de l'année.

En se classant quatrième à la tour au Grand Prix FINA du Mexique le 16 mai, Alexandre a rempli cette condition.

Il ne lui reste plus qu'à réussir les qualifications de l'équipe canadienne, à l'été 2000, pour participer aux Olympiques. Ce qui ne devrait pas être trop difficile car il est présentement le meilleur plongeur canadien à la tour.

Profession
On a écrit dans plusieurs articles qu'Alexandre voulait devenir astronaute. À tous ceux qui lui demandent ce qu'il veut faire plus tard, il dit ne pas le savoir.

" J'en ai plein les bras avec l'école, l'entraînement, les compétitions. J'ai encore bien du temps pour y penser".

Qu'en disent ses camarades de plongeon ?
Julio Abate, 13 ans lui aussi, étudie et plonge avec Alexandre Despatie dans le cadre du Sports-Études de Saint-Ex. Il s'agit d'ailleurs d'un ami proche.

" Alex est un super gars. Il est calme et jamais achalant. C'est le fun de I'avoir comme ami. En compétition, Il encourage tout le monde. "

Son sens de l'humour est apprécié par ses coéquipiers de CAMO. "Il aime vraiment s’amuser", dit Émilie Heymans, 17 ans, qui plonge avec Alexandre depuis quatre ans. "Il fait tout le temps des blagues aux pratiques et nous fait bien rire."

Rencontrer les meilleurs
Dans son article du 28 avril 99 World's Best Gather for Canada Cup Diving Louis Daignault cite l'instructeur en chef de l'équipe canadienne Mitch Geller qui dit que les plongeurs canadiens ont besoin d'affronter les meilleurs au monde pour s'améliorer. Les fédérations canadiennes et américaines ont même défrayé le voyage et le séjour de Dmitri Sautin et de sa compatriote Yulia Pakhalina pour la Coupe Canada et le Grand Prix des Etats-Unis, juste après celui de Montréal.

"La Russie n'a plus de budget pour le plongeon" a dit Geller. "Mais ils sont des athlètes exceptionnels et nous aimons les avoir ici pour que nos athlètes puissent compétitionner contre eux. Pour Alexandre affronter Sautin est quelque chose dont nous ne pouvons pas évaluer la juste valeur maintenant. Mais c'est peut-être quelque chose qui fera une grosse différence dans sa préparation pour les Olympiques."

Stress
Gérer le stress et les humeurs combien changeantes de son prodige de 13 ans Alexandre Despatie, voilà un des grands défis de Michel Larouche, son entraîneur.

"Alex est un "kid" très équilibré, dit-il. On doit surtout travailler à lui faire accepter ses erreurs. Car il peut être d'une humeur massacrante quand il commet un faux pas".

Témoignage
Barbara Ann Thompson, directrice du marketing des Restaurants McDonald du Canada Ltée : « Alexandre a déjà séduit le public par sa simplicité, sa spontanéité et son sens du dépassement. Nous sommes heureux de contribuer à sa progression sur la route de l'excellence. »

Un autre sport, peut-être ?
"J'ai essayé plusieurs sports mais je préfère toujours le plongeon. J'aime vraiment ça plus que toute autre chose. J'ai essayé le ski, le soccer, le hockey, le tennis et plusieurs autres sports".

Vitesse
"Ma grandeur est actuellement un avantage sur la plate-forme. Mon « carpé » est plus petit et plus serré que celui des autres et je tourne plus vite".

Week-end
Que fais-tu pendant la fin de semaine ? Je joue avec mes amis, je regarde la tv, je joue au Nintendo, comme tous les autres jeunes j'imagine !

à suivre
X… Y… Z



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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